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lireenpremiere
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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
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06.11.2006
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Insérer un lien hypertexte

Posté le 18.03.2008 par lireenpremiere
Donc pour insérer le lien, il faut tout d'abord sélectionner l'adresse en entier puis cliquer sur le petit logo (le 4ème en partant de la gauche, juste après celui pour écrire en souligné) et les balises html apparaitront toutes seules, il n'y aura rien d'autre à faire.
Le logo dont il est question, si vous passez la souris dessus, un bulle informative apparaît disant "insérer un lien"
Voilà une capture de mon écran (cliquez sur le lien) avec le logo entouré en bleu :

http://img397.imageshack.us/my.php?image=cranvx4.jpg



--

du nouveau sur bérénice

Posté le 17.03.2008 par lireenpremiere
http://agon.ens-lsh.fr/index.php?id=188


Sur ce site, un article sur une mise en scène de Bérénice où un seul acteur joue tous les rôles:Jean_marc Avocat.L'ensemble du site est intéressant mais un peu pointu, plutôt destiné à des professeurs, en fait il s'agit d'une revue en ligne faite par de jeunes chercheurs.Cela donne aussi une idée de la rcherche en littérature. Dans la rubrique Entretien et documents, il ya aussi une conférence de Michel Vinaver qui balaie l'évolution du théâtre français au XXème siècle. Pour les curieux de se cultiver toujours plus.

Sur le

Posté le 16.03.2008 par lireenpremiere
Trouvé sur le blog de Maulpoix. A mettre en parallèle avec Cortège d'Apollinaire.

L’écriture poétique est dramatisée par la quête d’identité en laquelle s’engage le sujet lyrique, en vérité mal assuré de son existence et s’efforçant tant bien que mal de se constituer une figure « lisible » à partir de morceaux épars (quand il ne s’implante pas fictivement comme Rimbaud des verrues sur le visage, à l’instar des « comprachicos », en vue de son auto-défiguration….)


Dès lors que l’altérité est posée comme inhérente au sujet lyrique (selon le fameux « Je est un autre » rimbaldien, par exemple), la poésie en vient à substituer à la diction d’un émoi central une parole autrement questionneuse, chercheuse, dramatisée par ses divisions….


Chez Hugo déjà, les instances lyriques sont complexes, multiples, mais elles se rassemblent en quelque sorte sous une autorité fondatrice qui surplombe et régit ces voix. Qu’on l’appelle inspiration ou valeur, elle donne l’orientation morale voire métaphysique du poème. Il y a une étoile, une stella matutina, qui dirige cette poésie.


C’est plutôt à partir de la charnière baudelairienne que se dramatise singulièrement et plus cruellement l’expression lyrique; les « je suis » commencent à proliférer follement dans Les Fleurs du mal : « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux/ Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux », (…) « Je suis un cimetière abhorré de la lune », (…) « Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées / Où gît tout un fouillis de modes surannées » (…) « Je suis la plaie et le couteau ! / Je suis le soufflet et la joue ! » (…) « Je suis de mon cœur le vampire »…
Le poète assure lui-même la distribution de sa pièce : il en est à la fois l’auteur, le héros protéiforme, le metteur en scène, le régisseur, l’éclairagiste spécialisé dans les ciels plombés et les couchants hémorragiques, l’accessoiriste fou… et parfois la victime. Quand il ne fait pas par surcroit office d’histrion, à l’instar du pitre châtié de Mallarmé qui rabat les badauds vers son univers de toile et de tréteaux. Portrait de l’artiste en saltimbanque, comme l’écrivait Jean Starobinski… Il surenchérit, il charge, il aggrave le propos. L’énonciation lyrique devient un cumul de fictions ou de « fictionnalisations » de je, à la fois individuantes et généralisantes, qui toutes insistent sur la dépossession et l’impersonnalisation du sujet. Le sujet donne en spectacle, offre en partage son angoisse.


Le sujet lyrique est le lieu d’un débat. On entend bien cela chez Verlaine dans les « Ariettes oubliées » des Romances sans paroles : « Mon âme dit à mon cœur ». Il assiste au dialogue intérieur qui manifeste sa division et sa désorientation. Il n’est plus celui qui recueille dans la solitude son sentiment pour l’exprimer en première personne (comme un bien, fût-il douloureux, autour duquel se recentrer, un « senti-moi). Il le dit plutôt en troisième personne : « Mon âme dit… », voire sur le mode impersonnel : « Il pleure dans mon cœur »… Il fait l’épreuve d’une étrangeté et la questionne : « sais-je moi-même que nous veut ce piège » ?


Le sujet lyrique joue une intime comédie devant un silencieux témoin inconnu : le lecteur. Ne pas négliger, au fond, à l’arrière plan de la lyrique, l’antique tradition des poèmes chantés accompagnés de la lyre en présence d’un public. S’il n’en va plus de même dans la poésie moderne, le lecteur y fait toutefois figure de témoin d’une parole adressée à un autre. Il joue en quelque manière le rôle du chœur. Mais il est surtout celui qui entend ce qui normalement devrait demeurer inaudible ou secret : la voix d’une méditation intérieure, une adresse à une femme aimée, à un dieu, à la nature. Il est constitué en témoin exceptionnel.


excellent cours de l'université de genève sur le texte de theatre

Posté le 16.03.2008 par lireenpremiere

Roman synthèse

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Intéressante synthèse sur l'histoire du roman à cette adresse:
http://akilic.free.fr/concours/throman.pdf

(Vous avez remarqué que je ne sais pas rendre les liens " vivants" quelqu'un pourrait peut-être m'apprendre!)

Pensez à mettre en ligne un résumé des grands romans, il y en a déjà une liste sur le blog.Par exemple Tuan, fais-le pour Mme Bovary!

Très beau site effectué par une classe de Terminale sur Nadja:

http://site.voila.fr/inspirohides/terminale/breton.htm

EDIT :

pour créer un lien hypertexte, rien de plus facile, il vous suffit de taper les balises html [url] [/url] avec entre les deux l'adresse comme si vous voulez écrire en gras ou en italique. Mais encore moins compliqué : vous sélectionnez l'adresse et vous cliquez sur le dessin juste après celui pour écrire en souligné, qui est en fait un globe avec un lien devant et les balises s'afficheront sans avoir besoin de les taper.

Et merci pour les adresses ainsi que le complément sur Breton.

Jean-Rémi

En complément des suggestions de Jean-Rémi pour le remercier

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Extrait du Manifeste du surréalisme.

Comprendre le fonctionnement de l’argumentation :

Analyse de l’énonciation : émetteur présent explicitement dans le texte dans les pronoms sujet et compléments de premiere personne, plus déterminants possessifs.Ce « je » cherche à convaincre le lecteur du bienfondé de sa thèse en s’adressant directement à lui à la 2eme personne du pluriel. Formes verbales impératives, situées à la fin de l’argumentation obligent le lecteur à se rendre aux raisons de l’émetteur et à se rallier fianlement à lui.
L’émetteur affirme nettement ses positions : verbes à forte connotation assertive : je veux, je dis.Le ton est catégorique et renforcé par des formulations sans nuances : rien n’est comparable, ce n’est que...
Mais la thèse se construit sur réfutation de la thèse de ses adversaires : ils sont désignés par « l’auteur », par un « on » qui représente un groupe dont s’exlut l’émetteur.. La these rejetée est signalée par des verbes négatifs : je ne suis pas d’humeur, je n’entre pas, je ne fais pas etat.Rejet de la position ds autres.

Marques de jugements portés par Breton sur les descriptions et sur leurs auteurs :
Véritable réquisitoire : procédés qui visent à dévaloriser. Lexique dépréciatif : néant, images de catalogue, cartes postales, lieux communs, dessin d’école, momenst nuls
Termes péjoratifs, polémiques qui nient l’originalité et al créativité, l’utilité des passages descriptifs.
Breton accuse les auteurs de céder à la paresse, à la fatigue, à des minutes de dépression, à la faiblesse quand ils introduisent des séquences descriptives dans leurs oeuvres.
Traits de caractère très négatif du manque d’originalité, marque ses distances avec ces auteusr et leur pratique en utilisant l’italique sur motifs, aussi des démontratifs à valeur péjorative, des intensifs à connotation méprisante : de tels motifs, des tournures restrictibes : cen’est que...

Entreprise de dénigrement : dénonce l’effet produit sur le lecteur des descriptions en parlant de son expérience personnelle.Le lecteur qu’ile st reste à l’extérieur.
Il arecousr à des expressions familières :enprende de plus en plsu à son aise, me glisser des cartes postales, il cherche à mefaire tomber d’accord avec lui.
Il incrimine le manque de rigueur en utilisant lui-même un niveau de langue peu soutenu., accusation de manipulation : ils cherchent à.
Ces marqies de subjectivité constituent ce texte en véritable charge contre les auteurs dont Breton fait le procès. La violence du propos, l’agressivité de l’écriture sans nuances donnent une tonalité polémique au passage bien conforme au genre du manifeste qui appelle à rompre avec les anciennes formes.

Analyse de l’exemple de Breton : extrait de Crime et Châtiment : longue citation du roman de Dostoievski.Description d’une chambre qui sert à étayer la thèse de Breton.Il dénie toute qualité littéraire à cetexte qu’il assimile à « une superposition d’images de catalogue ».L’énumération par D. des différents objets qui meublent la pièce peut effectivement s’apparenter à un inventaire de catalogue de vente. Il dénonce la banalité et les clichés qui trouveraient selon lui dans les descriptions un lieu privilégié d’expression. L’exemple peut paraitre bien choisi : néant d’une chambre qui ne rnferme rien de particulier, mais D. Cherche à insister précisément sur cette banalité et simplicité pour produir un effet , pas signe d’une paresse d’imagination,elle présente probablement ceux qui y vivent, annonce des elemenst de la fiction conformes à cetted escription ou aucontrauire en rupture avec ce que le lieu suggère.
Mais Breton en détachant du contexte empêche de voir l’effet et instrumentalise la description à ses proprs fins, d’autant plus provocateur que D. Est considéré comme un très garnd romancier.

A replacer dans le contexte du refus de la Littérature traditionnelle par les Surréalistes et en aprticulier du roman, à mettre en parallèle avec ce que Breton veut faire dans Nadja.

Breton, Manifeste du surréalisme

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Donc ma question était, comment se construit l'argumentation dans cet extrait ?
je vous donne ce que j'ai marqué sur mon brouillon (y a pas tout mais suffisamment pour pouvoir le travailler) sous forme de notes pour le développement.

Intro :

André Breton : chef de file du mouvement littéraire du surréalisme qui prend naissance après la 1ère Guerre Mondiale dans le prolongement d'Apollinaire et de Dada.
Les principes de ce mouvement sont exposés dans le Manifeste du surréalisme publié en 1924 (déf d'un manifeste : exposé théorique par lequel des artistes, des écrivains lancent un mouvement artistique, littéraire)
Breton se base notamment sur l'importance de l'inconscient et de l'écriture automatique.
Dans l'extrait du manifeste, Breton annonce ses prises de position sur la place et la fonction des descriptions dans le roman.
Nous allons donc chercher à savoir comment l'argumentation de Breton est construite dans le texte.

[lecture du texte]

Une étude linéaire m'a paru justifiée pour pouvoir ainsi suivre le déroulement de cette argumentation.

1ère partie (l1 à 5)

énoncé des principes généraux selon Breton
phrase exclamative -> implication forte
compare les descriptions à un magazine de photos (l2-3)
carte postale (l4) = terme péjoratif
Breton refuse de se voir forcer la main par l'auteur (l4-5)
donc à travers ses principes : attaque envers les auteurs de descriptions (on retrouve le mot "auteur" à la ligne 3)

2ème partie (l6 à 14)

exemple de description.
après avoir énoncé des principes, il les illustre avec un exemple extrait de Crime et Châtiment de Dostoïevski qui décrit un intérieur de chambre
...

3ème partie (l15 à 34)

à partir de cet exmple, Breton argumente
"esprit" (l15) = présence du conscient puisqu'on cherche dans notre esprit.
or selon Breton : pas de réflexion, pas de conscient -> cela répond au principe de l'écriture automatique.
"je" -> implicationpersonnelle de l'ateur càd Breton (l16-19-20 par ex)
"humeur" -> appel aux sentiments (l16)

"on" -> pronom de 3ème personne qui est un procédé pour impliquer tout le monde, Breton fait adhérer le lecteur à sa thèse.

selon lui : longue description = lecteur accablé (l18)
-> ennui, fatigue (l20) dû à la lenteur des passages.

utilise la concession (l16 puis 18), procédé stylistique courant à genre argumentatif.

l22 : "je veux" -> ordre, exigeance, impose ce qu'il pense.

la description ne fait rien ressentir = inutilité de la description.

l23 : "comprenez bien que"
-> explication et tentaive pour faire adhérer le lecteur.
il ne critique pas le manque d'originalité des descriptions (même s'il pense qu'il y en a) mais le fait qu'il n'y voit pas d'intérêt puisque rien n'arrive.
Breton prévoit les contre-arguments, les critiques qu'on pourrait lui faire et anticipe.

Fin du texte : (l34 à 37)

généralisation de son point de vue, étend tout ce qu'il vient de dire aux autres descriptions.

Conclusion :

Dans cet extrait du manifeste du surréalisme où Breton énonce les principes de son mouvement, nous avons vu que pour justifier son point de vue sur les descriptions, Breton part du principe défendu pour ensuite amener un exemple et argumenter dessus pour enfin généraliser.
ouverture -> le roman de Breton intitulé Nadja



Voilà si vous avez des choses à rajouter libre à vous de le faire ! il me semble avoir tenu les 10 minutes.
Mr Lebadezet n'est pas revenu sur un point de mon commentaire durant l'entretien.
Mais pour l'entretien il faut être au point sur la description et surtout sur le surréalisme !
http://www.site-magister.com/surrealis.htm
et si c'est déjà le cas ba y a pas de soucis à avoir, bien penser à apporter un exemple à chaque argument avancé ! pour cela les textes qu'on a étudié ou eu en devoir m'ont bien aidé plus obligatoirement des connaissances personnelles.

Jean-Rémi

Questions de lecture analytique du bac blanc

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Je pense que ça serait bien si tout le monde mettait sa question en ligne pour que chacun puisse avoir une idée des questions possibles sur les textes de la liste.
Ca permettrait de pouvoir travailler les textes par nous même et aussi si on veut faire des entrainements entre nous d'avoir différentes questions pour pouvoir les poser.

Après ça serait encore mieux si tout le monde pouvait proposer le plan qu'il a adopté histoire qu'on puisse le commenter et le compléter si besoin il y a. Mais au minimum que chacun mette sa question de lecture analytique en éditant ce billet pour qu'elles soient toutes ensemble et en en créant un nouveau si vous voulez suggérer votre plan.
On a tous joué le jeu pour les définitions de la poésie alors ça prouve que c'est faisable et on sera les premiers à y gagner en plus.

Phèdre, réçit de Théramène :
- Quels conseils donneriez-vous à l'acteur qui doit jouer Théramène pour qu'il rende la subtilité des émotions qui agitent le personnage ?
- Quelles sont les fonctions du réçit de Théramène dans la représentation théâtrale ?


Manifeste du surréalisme de Breton :
- Comment se construit l'argumentation dans cet extrait ?
- En quoi ce texte est-il manifestement polémique ?

Monologue de Figaro, Beaumarchais :
- En quoi ce texte illustre t-il le caractère double du théâtre ?
-

Acte I, scène 1 de Tartuffe, Molière :
- En quoi cette scène est une scène d'exposition ?

Portrait de Gwynplaine dans l'Homme qui rit de Victor Hugo :
- À la lumière de cet extrait, dites quelles sont les fonctions de la description ?

Retour du bois de boulogne, scène de la calèche dans la Curée de Zola :
- En quoi cet extrait permet de construire le personnage de Renée au début du roman ?

Nuit Rhénane, dans Alcools de Apollinaire :
- Comment se traduit la modernité d'Apollinaire dans ce poème ?

La loreley, dans Alcools de Apollinaire :
-
-

Mai, dans Alcools de Apollinaire :
-
-

extrait du Roman expérimental de Zola :
-





Voilà les deux questions que j'ai, cette fois et celle de la dernière fois. À vous de continuer !

Jean-Rémi

Guillevic (suite)

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Pourquoi a-t-il abandonné le catholicisme? Guerre d'Espagne, Franco donc raisons politiques mais foi qui se réincarne dans l'idéal communiste.Solitude revendiquée mais adhésion au PC , pourrait apparaitre comme un paradoxe.pas incompatible cependant: issu d'un milieu très pauvre en 1907, révolution porteuse d'espoir, résistance pendant la guerre sous un pseudonyme, solidaire.
Quitte le PC en 1980 au moment de l'invasion de l'Afghanistan, donc relativement tard, a écrit un poème élogieux sur Staline, a dit qu'il ne savait pas, peut-être ne voulait pas savoir, est resté compagnon de route par fidélité à son enfance , aux prolétaires.Engagement idéologique a eu peu d'influence sur sa poésie, poésie sauvée de l'idéologie..En 1949 très beau texte sur les mineurs.

Comment travaillait-il? comment vivait-il? toujours en contact avec ce qu'il appelait ses "labyrinthes", ses profondeurs cf titre d'un recueil: creusements.
Energie, force, très bon vivant ,en société il sortait son périscope mais s'isolait quand il voulait pour noter sur un carnet ce qui remontait.
Homme qui respirait la poésie.
"La poésie c'est autre chose": jamais là où l'attend, un rayonnement, une présence, quelque chose d'autre que ce qui est sous nos yeux.

Poésie concrète: objets quotidiens:clous, chaise, assiettes, objets de la nature: donne à voir les choses simples mais se méfie de l'abstraction. ami de Jean Grosjean, pas de rhétorique insistante au niveau des figures: très loin du surréalisme, n'a pas été tout de suiste apprécié, écriture nouvelle pour l'époque de l'après-guerre , autre qu'Aragon par exemple: démesure, pathétique, figures.
Il n'était pas perceptible immédiatement.
Qu'est-ce qui surprenait? concision, manière atténuée de parler de l'intensité, pudeur dans l'approche des êtres et des choses: peu de mots, plus d'interrogations que d'assertions. Il dit peu, il faut entendre beaucoup dans ce peu.

"danger d'avoir trop de métier et de ne plus trembler devant le choix du moindre mot" pas être maître, "dire avec précision des choses imprécises"
Poésie ramassée, très compacte, qui a parfois été jugée sèche.
attention aux petis sujets: escargots, coquelicots...
Très humble au sens de proche de la terre ( Humus), je fais avec ce que j'ai: clous, assiettes, fleurs, toiles d'araignées...
Avec un petit texte, il crée un rapport aux choses qui nous parle de l'humain. L'autre: la pierre, la feuille...
"précipité de destinée humaine" dans chaque poème.
Beaucoup de peintres ont trouvé en lui un regard, collaboration créative. Pas poésie figurative qui décrit mais dehors/dedans qui donne à voir sans figuration.

Guillevic hanté par les chiffres qu'il voyait parfois défiler devant lui, voulait faire des études de physique et de chimie: travail sur la matière, maximum d'énergie dans le minimum de mots.
cf parlant d la femme aimée: "En toi, le monde se résume sans se réduire."
Quête à la fois scientifique et métaphysique.
Poème: "mariage du silence et de la parole" le poème sort du silence, la part du blanc est importante.
Pour Pascal, Hugo, Mallarmé, le silence est effrayant, évoque la tombe, l'infini dans lequel l'homme se perd, mais pour Guillevic le silence est joie.
perçu comme vertical, au-dessus du reste, poème qui pratique une ascension.
Peut-être le plus oriental des poètes occidentaux, boudhisme, instant vécu dans de multiples dimensions.
Parole avant de mourir: "Le temps s'étrangle, le temps se bloque. Mourons."
Vivre ce moment-là aussi, une action.
Cendres inhumées au milieux de 5 mégalithes à Carnac sur une lande jamais cultivée car trop peu d'humus, très vite le granit.
" Je veux être à Carnac" Ultime voeux.

Guillevic:émission sur France Culture, magnifique!

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
par Françoise Estèbe
Réalisation Nathalie Triandafyllidès

Pour le centenaire de la naissance de Guillevic, la ville de Carnac où il vit le jour en août 1907 a inauguré un site de mémoire au cœur d’une lande néolithique où ont été inhumées les cendres du poète. Il y a là cinq pierres, comme des pierres de méditation. Un tombeau dans l’esprit des sépultures mégalithiques pour celui qui se ressentait « homme de la préhistoire ». Guillevic avait appris à marcher au milieu des menhirs, et les paysages sauvages de sa Bretagne natale ont modelé à vie son imaginaire. Il y avait déjà un élan animiste chez l’enfant solitaire et mal-aimé qui se réfugiait au cœur des rocs et des landes pour d’improbables dialogues avec les pierres, de tendres rencontres avec les cailloux, tous « différents comme les jeunes filles », et une communion de silence avec la Nature. Guillevic abandonna la foi catholique si prégnante dans sa jeunesse et se proclama matérialiste. Il s’oppose au Surréalisme, prône la raison, la maîtrise, le concret et rêve de concilier science et poésie. Pour gagner sa vie, il devient haut fonctionnaire mais toujours s’adonne à « la rage d’écrire ». Il adhère au parti communiste pendant la Résistance et ne quitte le Parti qu’au moment de l’invasion de l’Afghanistan. Curieux matérialiste pour qui tout est sacré et dont la quête poétique révèle une étrange expérience proche des mystiques orientales, au cœur du « réel merveilleux ".


Notes prises sur l'émission mais il faut l'écouter car beaucoup de textes sont dits et cela peut vous donner une idée du travail de montage et de prise de son de ce genre d'émission documentaire: cela pourrait susciter des vocations journalistiques particulières!

Titre de l'émission: Guillevic, le sourire des pierres (1907-1997)

Voix de Guillevic elle-même rocailleuse: "mais saluant les pierres
qu'est-ce que tu salues?"
Autant de différences entre deux caillous qu'entre deux jeunes filles.
Poésie: procès verbal d'une expérience, d'un contact.
saisir la communion avec tout ce qui vit.
une part de conscience dans la pierre, pas seulement matière morte, pas seulement métaphore du "sourire des pierres".
une parole vraie ne s'épuise pas.

Chez l'enfant déjà élan animiste qui cherchait dans la nature la douceur qu'il ne trouvait pas chez sa mère, abandonne la catholicisme si présent en Bretagne, religion de la mère méchante, exclut tout dieu personnel mais matérialiste. très différent du surréalisme dont une partie du travail se fait à la même époque que Guillevic,
Pour vivre sera haut fonctionnaire mais essentielement poète: en attente du jaillissement du poème.Rêve de graver des textes sur les écorces des arbres, souhaite 'atteindre le coeur de la matière". Art, science et poésie conçus comme proches.

Lionel Ray, autre poète ami, parle de Guillevic ainsi que sa veuve Lucie et d'autres personnes qui ont étudié l'oeuvre.
Poésie: alliance entre la transparence au niveau de l'énoncé ( phrases courtes, pas d'images rhétoriques) et le mystère, la suggestion d'un secret cf l'image de l'armoire au début de Terraqué qui contient aussi bien du pain que des morts, terrible et délicieux)

Dire Guillevic avec deux l et pas comme dans fille: nom celte
Pour sa veuve: poète caché, toujours à découvrir.
Influence du lieu d'origine: Carnac, menhirs, mégalithes: premier monument érigé, a appris à marcher au milieu de ces pierres levées, proximité de la mer, ciels couchants parfois empourprés comme sanglants: influence indéniable sur l'imaginaire.

Etre né dans un pays sacré"J'ai retrouvé mon sacré " extrait de Carnac, oeuvre de 1961: mystère du silence des pierres, des origines.cf 'N'importe quel caillou crie sa nostalgie de la préhistoire." "Comment chantaient-ils ceux des menhirs?"
"porter le squelette du premier homme et c'est lourd"

Père de son père: tisserand de village, très pauvre en Bretagne, père d'abors mousse dans la marine, très dur à 12 ans, pusi deviendra gendarme, de la nature à la caserne, enfant Eugène très sensible avec une mère cruelle: se replie sur lui même et l'environnement naturel.
Mère qui l'enfermait attaché dans le grenier, qui le forçait à écrire des lettres à l'assistance publique pour s'auto accuser de ses méfaits, sans doute haine contre le père toujours absent reportée sur le fils.
mère qui lui disait qu'il était laid: complexe de laideur. terrible! mère qui le vouait à la guillotine: cf ' Je sens encore la marque du couperet fictif sur mon cou"
A longtemps douté du fait qu'une mère puisse être bonne. aurait pu mal tourné, devenir misogyne.
possédé par la religion: toute révolte était péché pour cette mère bigote donc aussi complexe de culpabilité. Mort de la mère ressentie comme une délivrance, joie.
Pourtant signification du prénom Eugène = le bien né.
Lutte contre la mère en refusant le prénom, se fait appeler comme poète simplement Guillevic.
A 75 ans quand on lui parle du paradis il dit "oui, pourvu que ma mère n'y soit pas!"
Refus du prénom de baptème donné par la mère, de la religion catholique, du lien avec elle: la poésie l'a libéré, lui a permis de se construire.

Bretagne: entend parle Breton autour de lui, nom Guillevic signifie petit diable, malin qui sait éviter les coups.

dès avant 10 ans : rage d'écrire, il savait qu'il s'en sortirait, s'éleverait par l'écriture, grandirait en humanité grâce aux mots. Après le breton, dans le Nord de la France: chtimi, puis séjour en Alsace: dialecte germanique en 1919 l'Alsace retourne à la France. Guillevic trilingue: breton, allemand, français.
Rapport avec le mot: mots surchargés d'histoire, derrière la racine etymologique, chercher la source commune.Comprend que cela prend du temps, qu'il faut mûrir.
a beaucoup écrit et constamment épuré.
Pas d'autre mode d'être pour lui que d'écrire. Photo à 20 ans le montrant fermé, ramassé sur lui même, rage intérieure d'y arriver.

Terraqué: premier livre: folie maîtrisée qui couve mais qui est maîtrisée, connaissait bien sa propre folie et l'a travaillée.
Toujours le hors limite guette, sorte de fantastique, de présence du sacré, influence de la Bretagne
Premiers sentimenst: colère, souffrance, rage mais épuration progressive et centrement.
Terraqué écrit pendant la guerre, expressionniste ( terreur et traqué), violence écartelé rage d'écriture.Poésie proche du cri, à rapprocher du tableau expressionniste de Munch, le cri, mais qui ne fait pas de bruit.
Images violentes pour calmer sa propre violence... ( à suivre)

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