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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
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06.11.2006
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Parnasse

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
http://www.site-magister.com/parnasse.htm

Je vous recommande une fois de plus le site Magister pour approfondir le travail fait en classe, ici une présentation du mouvement parnassien qui éclaire le poème de Théophile Gautier que vous avez étudié et qui montre la position intermédiaire de Baudelaire.

Vous trouverez le même genre de synthèse sur les autres mouvements poétiques: symbolisme, surréalisme par exemple.


Je propose que vous fassiez une anthologie en lignes ds poèmes que vous préférez par courant car votre inculture est grande et il faut pouvoir faire réf♪0rence à des poèmes précis.






--

Art poétique (suite)

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
« L’art poétique » de Verlaine.

A rattacher à l’esthétique symboliste.
Véritable art poétique : conseils donnés en formules courtes, tutoiement du destinataire, usage de l’impératif et de la phrase nominale, autres tournures impératives , «il faut », « nous voulons », subjonctif précédé de que…

1. Les choix de Verlaine : rythme impair, par contraste avec la tradition qui préfère le rythme pair notamment le décasyllabe et l’alexandrin ; le poème accomplit d’ailleurs ce qu’il préconise : 9 strophes de vers de 9 syllabes (ennéasyllabes). Cela dit les vers impairs ont été utilisés avant Verlaine.
L’imprécision dans l’usage des mots : jeu sur le signifié, sur la polysémie des mots et sur le signifiant d’où la musique, mais cette imprécision est calculée : « choisir tes mots ».
Champ lexical du flou, insistance sur la notion de Nuance, termes qui valent aussi bien pour le son que pour la vision. Certaines strophes proposent des illustrations de ces recommandations théoriques.

2. Les refus de Verlaine : la condamnation de l’éloquence : strophe 5 et 6, celle des grands poèmes romantiques. Pas de traits d’esprit, refus de la pointe satirique.
Condamnation également des abus de la rime strophe 7 , pas de virtuosité à la manière de Hugo, mais lui-même pratique dans le texte une rime presque équivoquée :encore/au cor, son cou/jusqu’où, peut-être avec une intention parodique.

3. la musicalité du poème : sonorités, jeu d’allitérations et d’assonances, répétition de certains mots. Rythme :sauf le vers 3 tous les vers sont coupés de façon identique en 4//5, cadence majeure en masses croissantes qui provoque un effet d’entraînement. Cassure de la binarité classique, musique plus heurtée, boitillante.

Cet « art poétique » n’est pas à prendre trop au sérieux, Verlaine lui-même dira qu’il ne s’agit que d’une chanson, mais elle contient tout de même quelques caractéristiques de la poésie symboliste.
Alors que Verlaine critique la po♪0sie satirique, celle de la pointe, il se livre lui-même à des attaques contre d'autres poètes assez polémiques.

Extrait du Manifeste du surréalisme sur l'écriture automatique.

Le texte se présente comme une série d’injonctions à l’attention de toute personne qui voudrait s’adonner à la pratique de l’écriture surréaliste. Certaines phrases peuvent paraître ironiques comme celle présentant la littérature comme une activité triste menant à tout, mais il faut se souvenir que les surréalistes voulaient mettre à bas tout ce qui avait un rapport avec la sacralisation de la littérature traditionnelle.
Le texte décrit avec soin la pratique de l’écriture automatique :
a. Ce qu’elle refuse :
- l’invention, le projet littéraire, il faut écrire sans sujet préconçu. [Ligne 6]
- la notion de génie ou de talent, le sien ou celui des autres, le travail poétique mais aussi toute influence venant d’autrui , refus de la tradition.
- tout ce qui est susceptible d’interrompre « la coulée » [ligne16] de l’écriture :la ponctuation par exemple et toute réflexion après coup sur le mot qui vient d’être noté, dans ce cas , Breton préconise une méthode pour repartir dans le flux inconscient avec le choix d’une lettre au hasard.

b. Les conditions de réalisation de l’écriture automatique :
- un état favorable, permettant la concentration de l’esprit [lignes 1 et 2], des conditions matérielles agréables et des dispositions d’esprit particulières : passivité corrigée en réceptivité au flux de l’inconscient.
- La continuité du « murmure » intérieur qui ne doit pas s’interrompre, il faut éviter que le conscient ne reprenne le contrôle.[l.19 à 22]

c. Le rôle du hasard : Il intervient à l’origine de l’expérience, dans l’accueil qui est donné à tout ce qui peut venir sous la plume du poète ; dans le cours de la séance il est réintroduit sur le principe de l’arbitraire dans l’enchaînement syntagmatique des signes cf. l.22 à 25 « ramenez l’arbitraire »

Le hasard apparaît comme une nécessité absolue et paradoxalement, c’est un hasard encadré par des règles très contraignantes, c’est là que réside l’ironie du Manifeste : la méthode très rationnelle doit donner libre cours au flux de l’inconscient à qui l’on octroie de façon provocante une dignité littéraire. Nous sommes à l’opposé de l’idéal de Boileau, mais un nouveau domaine de la connaissance humaine est exploré par ce biais.
Le surréalisme ne se limite pas bien sûr à la pratique collective de l’écriture automatique qui va bientôt révéler ses limites, mais la puissance de renouvellement des images surréalistes chez Desnos, Aragon, Eluard et Breton doit beaucoup à cette pratique qui a cherché à capter les signes du rêve et de l’inconscient. Mais les surréalistes n’ont jamais touché à la syntaxe et l’on peut se demander si ce n’est pas la langue elle-même qui produit alors du texte comme le montreront les expériences ultérieures des poètes de l’OULIPO tels Queneau dans des exercices comme « la méthode S+7 » qui consiste à prendre un texte et à remplacer chaque nom, verbe, adjectif, adverbe par le septième mot de même classe grammaticale trouvé dans le dictionnaire, avec parfois des effets saisissants.


Art poétique: Boileau et Hugo

Posté le 15.03.2008 par lireenpremiere
Le classicisme et l’éloge du travail poétique

Problématique : Quelle image du travail poétique est-elle donnée par Boileau, théoricien du classicisme ?
Objectifs : Versification, la phrase injonctive (subjonctif et impératif…), figures de style, classicisme, poésie du travail et de la rigueur. Poésie didactique.
Support : Nicolas Boileau, Art Poétique, Chant I, vers155-198.

Introduction : Contrairement à la majorité des mouvements littéraires, le classicisme naît d’abord de façon théorique, dans l’Art Poétique de Nicolas Boileau, en 1674, inspiré par la redécouverte des réflexions du philosophe grec Aristote. Dans le Chant I, le poète donne des conseils de travail aux poètes du XVIIème siècle.
Il s’agit alors d’analyser quelle image du travail poétique est donnée par ce didacticien. Les conseils concernent à la fois la rigueur dans la construction de l’œuvre et dans le travail du poète.

Questions : Quels sont les conseils dispensés par Boileau ? Comment un poète doit-il construire son œuvre ? Ces conseils sont-ils pris en compte par Boileau lui-même ?
I. La rigueur de construction classique est conseillée par Boileau qui l’applique lui-même:
A. La versification est un des points sur lesquels le poète doit concentrer ses efforts : v. 11 « qui court en rimant », avec effet négatif au vers suivant, mot « rimant » à la rime avec « jugement », qui semble dire que l’œuvre est jugée / rimes. On peut alors observer rimes de Boileau : alternance rimes féminines, rimes masculines, rimes suffisantes ou riches, pas pauvre. (Attention à la lecture du [e] final).
En rejet du baroque, le classicisme demande de la rigueur ; l’œuvre doit être construite selon un code strict de versification que Boileau revendique et applique à titre d’exemple.

B. Le langage doit évidemment être précisément recherché et utilisé : langue soutenu, sans barbarisme, sans solécisme, respect de la langue, « sacrée », à la rime. Voir les mots placés en rime, donc mis en évidence. Mise en pratique des conseils. Insistance avec l’adverbe superlatif « surtout » placés en début de vers.
Le classicisme lutte contre le courant précieux qui utilise nombre de mots savants et alambiqués pour le plaisir, sans forcément respecter la sémantique et la syntaxe. Boileau dénonce le pédantisme et s’efforce d’utiliser des termes précis.

C. L’ordre de composition apparaît lui aussi comme essentiel au travail poétique : ordre des éléments les uns par rapport aux autres, formation d’un ensemble harmonieux / la disposition en vers mime ce qui est dit : v. 24 : début, fin // milieu, v. 27-28 « du sujet s’écartant » / « trop loin quelque mot éclatant »
Boileau montre ici aussi l’exemple en organisant les idées selon une forme harmonieuse qui mime le sens des propos, mais aussi de façon plus générale en respectant un plan d’ensemble, qui énumère les conseils de façon ordonnée, en passant d’un sujet avec l’autre avec transition : le respect de la langue, la patience, le recommencement incessant du travail, l’ordre, l’entourage.

Question : quelles sont les qualités que doit posséder le poète pour écrire son œuvre ?
II. L’exigence de travail classique :
A. La patience est la première vertu du poète : impératif affirmatif puis négatif, jugement v. 11, oxymore « hâtez-vous lentement » : pas de paresse mais de la patience, travail continu, acharné et long // Fable du Lièvre et de la Tortue, la Fontaine. Boileau lui aussi prend son temps pour écrire son poème.

B. Il semble qu’il faille alors toujours recommencer : métaphore de l’artisan, v. 18-19. Construction en chiasme du vers 20 : pour montrer la lenteur du travail sans cesse défait, qui avance très lentement. Construction du vers très travaillée : 19 et 20 en parallèle : comme pour mimer la répétition du travail poétique.

C. De plus le poète doit se méfier des louanges et rester humble : L’humilité est une des qualité de l’honnête homme du XVIIe siècle // de l’Antiquité. Il doit savoir critiquer son travail, selon certaines règles, et écouter les critiques, les conseils d’ « amis prompts à vous censurer » = Boileau, par exemple ? Portrait hyperbolique et péjoratif du flatteur, tel qu’il y en avait beaucoup à la Cour de Louis XIV. Présent de vérité générale qui semble énoncer des définitions : v. 44, qui revient à la notion de lenteur associée cette fois à la « vérité » : vérité de la beauté, vérité de l’art…


Conclusion : Le XVIIe siècle redécouvre les auteurs et penseurs de l’Antiquité grecque. Nicolas Boileau lit la Poétique d’Aristote et compose son Art poétique pour prodiguer des conseils aux auteurs de son époque, tout en donnant l’exemple : il théorise ainsi le classicisme. Il donne alors une image du poète patient, acharné, recommençant sans cesse son travail à la façon d’un artisan appliqué, comme pour réconcilier l’étymologie commune d’art et artisanat, comme pour rappeler que poésie veut dire « faire » en grec. Le travail poétique apparaît alors comme le travail de l’ordre et de la beauté du langage.

le poète prophète du Romantisme.

Support : Victor HUGO, Les Rayons et les Ombres, « Fonction du poète »
Objectifs : le poète romantique, déstructuration du vers, définition, registre épidictique, versification.


Quelle image du poète donne le Romantique Victor Hugo ?
Annonce du plan : I. le poète romantique semble une transition indispensable entre un monde divin et le monde humain ; II il fait également le lien entre passé et avenir, dans le présent.

Introduction : Figure illustre du Romantisme, Victor Hugo est le poète français du XIXème siècle qui s’illustre tant dans le roman et le théâtre que la poésie. Le recueil Les Rayons et les Ombres paru en 1840 s’ouvre sur un poème composé de trois strophes de dix octosyllabes intitulé « Fonction du poète » qui semble annoncer avec solennité un texte didactique. Il nous faudra donc nous interroger sur l’image du poète donnée à l’orée du recueil. Victor Hugo nous le montre d’abord comme un intermédiaire entre un univers divin et l’univers humain, puis comme celui qui assure la transition entre le passé et le présent.

Lecture analytique :
Solennité d'un texte didactique sur la fonction du poète
Structure très régulière, avec de nombreuses reprises
Volonté de généralisation et insistance dans les définitions : c'est lui, lui seul…
Nombreuses exclamations laudatives
Impératifs, apostrophe et injonctions aux peuples
Présent de vérité générale et présent de répétition.

Ordonner un plan de commentaire.
1. L'utilité du poète : intermédiaire entre Dieu et les hommes
A. Il est différent des autres :
Opposition avec les faux poètes => inutiles CHANTEURS (retranchement dans l'individualisme)
Condamnation de leur démission dans le premier dizain => 3 verbes : retourne, prend ses sandales, s'en va
3 imprécations (malheur en anaphore + Honte) enchaînées dans une gradation ternaire
=> Image de l'automutilation (l'utilité est donc intrinsèque à sa nature)
Opposition frère / désert, sandales / scandales renforcée par la rime riche et la paronymie

B. C’est un élu :
Début et fin de l'extrait : Dieu le veut / mène à Dieu (origine et fin)
Pareil aux prophètes + opposition voit / végètent
Emploi absolu des verbes : il voit, il pense
Dieu parle à voix basse à son âme
Opposition : inscrit / ce que la foule n'entend pas,
Anaphore : lui seul a le front éclairé, lui seul distingue (cf. caricatures représentant Hugo et son large front)
Rêves toujours pleins d'amour
Constance et courage malgré les obstacles : qu'on l'insulte, on le raille Qu'importe
Il plaint ses contempteurs frivoles

C. le poète agit donc pour tous :
Ville et désert
Ici et ailleurs
Tout haut / tout bas.

II. Ancré dans le présent, il est le pont entre le passé et l'avenir
Force du texte : images mêlant temps, germination, lumière surgissant de l'ombre
A. le poète travaille dans l’ombre du présent.
Un présent de difficultés : présent du discours direct de l’impie, du solitaire. Présent des haines et des scandales, des jours impies, quand les peuples végètent, insulte et loue au présent de répétition. Difficulté constante. « Dans les temps contraires », image d’opposition // « jours impies ».
Le poète a un devoir « en tout temps »

B. Il recueille le passé :
Image du travail « v.2 chacun travaille et chacun sert »
« Temps contraires » : le poète va à contre-courant dans le temps pour retrouver la parole divine.

C. il éclaire l’avenir :
Préparation des « jours meilleurs »
L’homme des utopies, les yeux ailleurs, le rêve (ses rêves toujours pleins d'amour, le rêveur sacré,
Difficulté de la tâche => don de voyance, mais nécessité de scruter :
Les ombres des choses qui seront un jour
Des temps futurs perçant les ombres
 but : faire flamboyer l'avenir, illumination sur un fond d'ombre
 comparaison : comme une torche qu'il secoue
 le front éclairé
 Réussite finale : le faux sage songe tout bas.

Conclusion
Le texte est certes didactique, mais il possède une force intérieure, une puissance évocatrice, par la profusion des images souvent religieuses. Hugo privilégie dans la fonction du poète la communion avec les autres et leurs souffrances, leurs problèmes ; ce qui peut refléter son engagement social et politique. Le poète confie au poète la mission d'orienter l'histoire, de guider vers la lumière, le progrès


Nomer les choses pour qu'elles existent, exister soi en les nommant.

Posté le 09.03.2008 par lireenpremiere
Bonjour.
Pour les phrases de définition sur la poésie, j'ai choisi la 14ème : "Nommer les choses pour qu'elles existent. Exister soi en les nommant."

J'ai trouvé une certaine similitude avec cette phrase et ce que disait Apollinaire dans une de ses lettres à Louise de Coligny, lorsqu'il lui explique la mission du poète et la place importante qu'il occupe dans la société, à savoir celui de créateur, qui permet de mettre un nom sur les choses qui existent pour que nous puissions les faire nôtres. En nommant les choses, il nous faut utiliser le langage, et cette action de créateur permet à tous de pouvoir par la suite exprimer quelque chose.

Apollinaire disait dans sa lettre "rien ne vient donc sur terre, n'apparaît aux yeux des hommes s'il n'a d'abord été imaginé par un poète." Ainsi, le terme de nommer les choses pour qu'elles existent montre bien l'universalité des actions possibles lorsque l'on a nommé une chose, et le fait de les nommer, d'avoir réussi à trouver le terme nécessaire prouve l'existence de celui qui les a imaginées. Dans les maximes que nous avons étudiées sur la mort, ce qui comptait était l'action en elle même et non le résultat car le résultat rappelle que nous allons mourir un jour. Ainsi les termes de "exister soi en les nommant" montre que le fait de nommer des choses et par conséquent à avoir cherché dans son imagination les mots nécessaires prouve que l'on existe, puisqu'il a fallu fournir un effort pour obtenir un résultat.

C'est ce à quoi cette phrase m'a fait penser, que pour prouver son existence et une reconnaissance du soi, il faut avoir fourni un travail.

Nicole

Poezibao

Posté le 09.03.2008 par lireenpremiere
Très bel article aujourd'hui sur ce site pour parler d'un poète qui nous aide à regarder le monde modeste des jardins et de la nature familière.Ce qui est intéressant, c'est la façon dont le critique étudie cette poésie très concise. A retenir pour prouver combien la poésie est vivante aujourd'hui, même si les grands médias n'en parlent que très peu.

Ai reperé aussi sur France Culture jeudi prochain une émission sur Guillevic qui sera donc en ligne et à l'écoute toute une semaine à partir de vendredi.

Site sur Rimbaud d'une classe de premiereL

Posté le 08.03.2008 par lireenpremiere
Voici les coordonnées du site dont j'ai parlé en cours: http://voix-iroise.over-blog.com/

Nous n'en avons pas reparlé mais vous avez cours lundi, sans doute avez-vous demandé à Sophie!

Parler du theatre contemporain et de la danse en France

Posté le 08.03.2008 par lireenpremiere
Voici le site du spectateur amoureux du théâtre et de la danse et qui propose ses réflexiosn et ses images dont j'ai parlé en classe:http: //www.festivalier.net/

La poésie

Posté le 06.03.2008 par lireenpremiere
Bonjour.
J'ai choisi la 22è définition de la poésie.
"On ne fait pas plus la poésie que l'amour. C'est l'amour et la poésie qui nous font."
(celle-ci rejoint un peu la 9è : "La poésie, c'est l'amour" )
Certes, mais ces deux définitions n'ont pas du tout un même sens. La poésie est l'amour dans la seconde définition tandis que dans la première, les deux sont distingués.

Cette phrase m'a intéressé car elle est non seulement une définition ( S'agit-il vraiment d'une définition?) mais aussi un défi: "FAIRE L'AMOUR" ou "FAIRE LA POESIE"?. (Où vois-tu qu'il y a un questionnement sur l'alternative?) En plus, elle crée un grand débat dans moi-même, avec plusieurs interprétations possibles.

Le "on" ici désigne tout le monde, ceux qui font de la poésie, et même ceux qui ne la font jamais. Le "nous" à la fin renforce cette idée. Or pour une personne quelconque (pas forcément un poète), "FAIRE L'AMOUR" et "FAIRE LA POESIE", que fait-il le plus souvent? La réponse est probablement "FAIRE L'AMOUR" pour la plupart des gens. Pour un poète, il y a de fortes chances qu'il réponde ça aussi, ce qui est très "ironique" dans ce cas.
Si on comprend "On ne fait pas plus la poésie que l'amour" comme une vérité (utilisation du présent). Ceci semble être logique car le "on" désigne l'ensemble, comme je l'avais dit.
Or, si on la prend pour un impératif ("il ne faut pas faire plus la poésie que l'amour"). Cette phrase devient alors une ironie: on ne fait jamais plus la poésie que l'amour, bien sûr, pour un lecteur "normal" ! Ce que Robert Mallet veut dire ici devient donc l'inverse : "Il ne faut pas faire plus l'amour que la poésie". Ceci est aussi pour moi, très logique : un appel à la création de la poésie, il ne faut pas être perdu dans le monde moderne pleins de passions, "on" doit s'intéresser à la poésie, à l'art.
Du coup, si on met en valeur cette équivalence: poésie = art, alors amour = vie. Une autre possibilité paraît quand "FAIRE L'AMOUR" désigne un amour normal, sentiment entre les êtres-humains. L'amour symbolise un monde réel, on vit, on s'aime, on s'inspire pour faire la poésie. La poésie(art) symbolise un autre monde, irréel, où on "retranscrit" les faits de la vie réelle. => une mise en abyme?

(Je ne crois pas que le texte porte sur la préséance du "faire l'amour" sur le "faire de la poésie".Toute la première partie de ton analyse me semble oiseuse.)

Enfin ce que voulait dire Robert Mallet se trouve à la fin. "C'est l'amour et la poésie qui nous font". Le "font" ici a une forte caractère, sans l'amour et la poésie, on n'est rien. Ils ne sont pas les mêmes, même si il' se trouvent dans l'un et dans l'autre, l'amour n'est pas la poésie, mais ils nous constituent l' ESSENCE et pourtant, ils se rencontrent parfois. Tout ça me permet penser à une image d'une double-hélice qui forme le chaîne d'ADN de l'homme, on le voit toujours avec une forme spiralisée sur la télé (c'est ridicule... ce que je dis mais les ADNs constituent le corp humain, comme la poésie et l'amour constituent l'essence)

Cette dernière partie est plus intéressante.Mais en quel sens peut-on dire que l'amour et la poésie nous"font"? Tout le texte porte sur ce "faire".Tu donnes en partie une réponse.
Binh

Pour Tuan et la poésie qui traverse tout!

Posté le 06.03.2008 par lireenpremiere
On veut dire ce qui nous traverse,


la jupe délicatement soulevée du marronnier, la semoule jaune du colza en fleurs roulée à la main, ce qui pousse et chante,

surtout, surtout le silence, cette douceur, extrême, mon père mort aperçu hier sur le quai d’une gare, ses cheveux blancs annelés, son clair blouson d’été bon marché, la pointe sur son front des cheveux dégageant deux criques à l’aplomb des tempes, ces petits hommes sans façade qu’on croise dans les quartiers humbles de la vie, ma mère retrouvée en rêve, que je portais dans mes bras, lui disant comme j’allais bien m’occuper d’elle à présent, la poigne douce du chagrin de leur fidèle absence, la main de chagrin qui se pose sur le cœur,

et les choses qu’on dit passées, en nous comme des fruits toujours mûrs, arrêtés pour l’entièreté du temps à leur meilleur point,

la douleur pour laquelle on voudrait un dieu à supplier,

petite Emily s’adressant au Maître, et pour lequel on voudrait à un dieu, et à Emily, rendre grâces,

le livre à venir qui serait la prochaine vivante demeure, bois flotté dérivant sur un fleuve libre, étrave détachée de très juste profil afin de fendre toutes eaux, le livre oublié sous tous les livres, le livre méprisé, le bois lavé par la mort, vif comme la lueur du poisson, le livre dans lequel jamais on ne se baignerait deux fois le même,

le livre de langue débutante, buttante, ânonnante, le livre de taupe progressant sous les coups de pelle de l’émotion par éruption de buttes, djebels et puys,

ce qui nous traverse,

la cruauté des enfants envers les parents rendus à leur merci par l’étreinte rigoureuse de la vieillesse,

la pulsation revenue entre le rêve et l’éveil, diastole systole qui éloigne le rideau de fer derrière lequel on les croyait à jamais interdits de libre circulation,

le cercle de silence que fait au soir de chaque mardi, sur la place d’une ville française, une poignée de moines franciscains pour faire entendre la condition honteuse imposée à des étrangers rabattus par un ministre chien au service du chasseur nouvellement élu,

le cercle de silence que tracent dans le monde ceux qui sont en trop,

le vin bu avec la côte d’agneau au déjeuner d’hiver préparé par l’amour,

le livre comme une bête toujours dont on attend le bond,

l’attente, toute l’attente, tendue vers ce qui nous traverse


et on demeure, immobile, sur la lisière de la page retirée.

Christiane Veschambre, inédit, à paraître dans le n°8 de la revue Le préau des collines

la poésie - définition

Posté le 05.03.2008 par lireenpremiere
“La poésie, c’est mon cousin Anicet. Sa mère disait toujours de lui « c’est un poème !... » en prenant le ciel à témoin. » Jean Anselme

1. Personnification de la poésie, association avec un nom propre : Anicet. Donc attribuer à la poésie les caractères que peut avoir une personne : les sentiments, les émotions qu’on peut sentir manifestés chez une personne se trouvent dans la poésie.

2. Le verbe "dire" met en valeur l’importance de la communication dans la poésie. Lire la poésie c’est aussi se confronter au poète, voir sa manière, sa vision du monde, comme dans le dialogue, la communication.

3. Pas de mention du verbe "écrire" : la poésie n’est pas forcément de l’écriture. Elle n’a pas besoin d’être écrite. Elle peut être sous une autre forme, pas forcément un texte.

4. « sa mère dit de lui… » : importance du regard de l’autre, du lecteur. Ici, si la mère n’avait pas dit d’Anicet qu’il était un poème, il n’y aurait pas la mise en parallèle. Donc pour savoir ce qu’est le poème, il faut la participation du lecteur. Ainsi il est aussi co-créateur de la poésie.

5. « La poésie, c’est mon cousin… » : la poésie est ‘une personne familière’, elle est proche de nous, peut être aussi dans notre sang et non exprimée ?

6. Le point d’exclamation « ! » : marque de soupir ?d’exaltation ? Peut être marque d’un certain lyrisme, ou la poésie permet de libérer les sentiments impossibles à mettre en mot sous une autre forme.

7. « en prenant le ciel à témoin. » : ? le ciel : la nature ? la poésie, le poète projette donc ses sentiments sur la nature ? – je ne sais pas vraiment comment interpréter cela.

Ngoc

Un conseil! Cherche le sens de l'expression "prendre le ciel à témoin" et aussi celui de "être un poème" lors que l'on parle d'une personne.
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