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lireenpremiere
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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
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06.11.2006
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27.06.2008
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Mme Bovary sur France Culture.

Posté le 26.01.2008 par lireenpremiere
Allez sur l'émission Les Nouveaux Chemins de la connaissance de Raphael Enthoven, 5 émissions d'une demi-heure sur Flaubert qui donnent envie de le lire!



--

Remarques(Christine)

Posté le 26.01.2008 par lireenpremiere
Merci à toi Jean-Rémi de te saisir ainsi du blog pour partager ton travail et tenter de faire en sorte que les autres réagissent. Je répondrai à certaines de tes interrogations en classe, mais si tu travailles le sens de la métaphore tu comprendras ce que signifie la notion de "roman-fleuve".
Juste un petit point, mon mari s'appelle M. Huckel, j'ai gardé mon nom de jeune fille pour travailler, mais il n'y a pas de mal!

Oral Blanc : La description du personnage de Vautrin

Posté le 25.01.2008 par lireenpremiere
Bonsoir,
J’ai enfin retrouvé, au hasard de quelques révisions tardives, le brouillon qui constituait le plan de mon oral blanc. J’ai pensé, comme il avait été recommande, qu’il pourrait être utile sur le blog.

Sujet : En quoi la description du personnage de Vautrin correspond-elle à une démarche scientifique ?

Introduction – Vautrin est un personnage du Père Goriot, roman de Balzac appartenant a la Comédie Humaine. Son importance relève du fait qu’il apparaît de façon récurrente dans l’œuvre et que sa description se situe avant celle du personnage principal de l’histoire, Rastignac. Ils se côtoient d’ailleurs dans la pension Vauquer.
La démarche scientifique signifie que le procédé de description suit des étapes ordonnées développées rigoureusement qui rendent claires les aspects abordés.
Le personnage est ici vu sous l’angle des colocataires.

I. Description méticuleuse et organisée du personnage.
- Description physiques : progression des parties du corps du haut vers le bas (épaules, buste, mains, phalanges) et puis la tête qui vient en opposition aux mouvement descendant
- Description de l’expérience : « il connaissait tout. » énumérations. Droit, pays, techniques manuelle (réparer serrure), marine…
- Description de ses habitudes : « ses mœurs » horaire précis, ses occupations sont toujours les mêmes.
- Description de son caractère : serviable, obligeant, rieur, imperturbable, résolu, « profond » comme son regard

II. Une description en concordance avec la personnalité du psg.
- Personnage fort, qui impose le respect par sa stature physique.
- Homme savant
- Chp lexical du caractère stoïque : sévère, jet de salive, sang froid, imperturbable, ne devait reculer devant rien , dureté, position équivoqe
- Tenu en haute estime par ceux qui le voient : la focalisation dénote une certaine crainte, malgré le jugement de valeur apporté par celui qui voit « ne déplaisait point », « passepartout confié par madame Vauquer »
La façon dont Balzac entreprend son esquisse du personnage correspond à sa personnalité. Comme pour la démarche scientifique, le psg est sûr de lui (possède la connaissance), il peut difficilement être déstabilisé (stature)

III. Un texte qui répond au projet réaliste de Balzac
- Le texte donne à voir la société de l’époque (une infime facette du moins)
- Certains mœurs y sont décrits à travers le personnage de Vautrin
- La démarche scientifique est le moyen d’analyse en général pour la Comédie Humaine, pour dépeindre au mieux la société
- Vautrin par sa particularité de « connaître tout » se rapproche fort de Balzac lui-même qui prétend apporter un maximum de connaissance sur son temps. (argument a manié modérément…)

Conclusion : Cette description du personnage de Vautrin bien que très cartésienne qui a abordé tout les aspects extérieurs du personnage donne l’impression d’une description achevée. Or d’après la suite de l’histoire, le fond du personnage est encor inconnu a ce stade ci. Ce que sous entend « les prisons », puis la couleur rousse a connotation diabolique comme nous l’avions évoqué en cours.

Critique : J’avoue avoir approfondi l’analyse qui n’était pas si développée lors de l’oral. Surtout sur la partie II et III qui était assez creuse comme me l’a fait remarquer le correcteur. Une ouverture un peu fade aussi.

Conseil : être au point sur la définition de la description (balzacienne) et l’évolution de celle-ci dans la littérature et les alternatives que les romanciers préfèrent actuellement et pourquoi- ca déménage en entretien !!

Vous connaissez le jeu ; c’est d’autres propositions qui sont nécessaires pour saigner et soumettre ce texte afin de le connaître en détail pour le jour J… :) Alec.

Les Bienveillantes

Posté le 25.01.2008 par lireenpremiere
Petite synthèse sur la table ronde du 25/01 à l’Espace sur Les Bienveillantes de Jonathan Littell :

Tout d’abord, se trouve dans la table ronde un critique littéraire vietnamien, un écrivain vietnamien, un autre critique vietnamien qui mène le débat, le traducteur Cao Viet Dung, Me Ottenwelter et Glenn Pian.

Après une prise de parole de la part du président de l’Espace, la conférence commence.
Il est rappelé que la publication de l’ouvrage traduit est faite dans le cadre du Programme d’aide à la publication « Nguyen Van Vinh » par la compagnie d’édition Nha Nam et les Editions de l’Union des Ecrivains.
Les Bienveillantes de Littell a reçu les deux grands prix français en littérature : le prix Goncourt 2006 et le Grand prix de l’Académie française 2006.

Tout ce qui va suivre ce sont mes propres notes, ce que j’ai retenu de la conférence. Je n’ai pas lu le livre et de temps en temps la traduction en simultanée m’a empêché de comprendre certaines choses mais je ne pense pas avoir pris en note de bêtises.
Mais je pense que les autres personnes qui ont assisté à la conférence et qui ont pris des notes pourront compléter les miennes.

La première intervention sur le livre est celle de l’écrivain vietnamien. J’ai bien aimé ce qu’il a dit, il a apporté pas mal de choses mais ça vient aussi sûrement du fait que c’était le premier à parler.
Littell est un écrivain américain qui a écrit directement en Français. Il a continué par une phrase que je ne suis pas arrivé à prendre en note et si quelqu’un a la suite je suis preneur car sur le coup je l’ai trouvée bien formulée mais je n’étais pas encore dans le rythme de la prise de note donc je n’ai que le début : « jamais un écrivain aussi jeune […] »
Littell a abordé un sujet difficile mais l’a fait avec une certaine sérénité morale. Il n’a pas connu la guerre de 39-45 mais en a vécu certaines (Rwanda, Afghanistan, Tchétchénie) à travers sa participation dans des organisations humanitaires.
Dans l’écriture de son roman, il a dû faire face à plusieurs défis :
- la longueur du roman (900 pages) qu’il faut arriver à écrire mais ce défi auquel il a fait face l’amène à en poser un au lecteur : avoir le courage de lire ce long roman. C’est un point qui sera abordé par la suite
- le sujet du roman : horreur de ce qu’ont accompli les nazis, un sujet déjà traité d’où une certaine difficulté de ne pas tomber dans une sorte de « banalité », de « déjà vu ».
- un travail de documentation. En effet, comme on a vu en cours, Littell a fait un réel effort pour trouver le maximum d’informations. La documentation est détaillée et bien traitée.
Et donc, selon cette personne, Littell a réussi à relever les défis. Il dit d’ailleurs qu’il a lu le livre en seulement 3 nuits tellement il était passionné. Il reviendra là-dessus dans la deuxième partie de la conférence.

Pour en venir à l’histoire du livre et sur le personnage, Aue est un mélomane, il parle plusieurs langues (on l’a vu avec l’extrait étudié). C’est quelqu’un de peu ordinaire.
C’est aussi un bourreau mais un bourreau homme, pas une bête sauvage. Il sort : « l’inhumain, c’est humain ».
Il présume qu’Aue est un personnage qui a très probablement fait de hautes études mais en s’engageant dans une fausse idéologie, il a commis des crimes. C’est très important et plusieurs personnes vont aborder ce point.
Il s’est ensuite caché pendant 60 ans et atteint d’une maladie, il parle alors qu’il avait tenu toute son histoire secrète à sa famille. C’est d’ailleurs peut-être un signe de remords, avant de mourir, se confesser en quelque sorte. Il a, durant sa vie, eu des nausées et a vomi son passé.

Le traducteur vient ensuite à prendre la parole.
Il a parlé d’analyse sous plusieurs angles dont celui de roman fleuve. Je n’ai pas très bien compris ce qu’il voulait dire par là, qu’après coup seulement, en relisant mes notes. J’aimerais bien être éclairci sur ce point.
Un point qui était intéressant, c’est la longueur du texte à traduire. Il a travaillé en collaboration avec 5 personnes qui l’ont aidé dans les différentes étapes « à vivre ».
Il a fait appel à un autre traducteur pour essayer de comprendre la notion philosophique du « camp ». Mais là je ne suis pas du tout sûr de ce que j’ai noté, c’était traduit dans le casque que j’avais sur les oreilles et j’ai peut-être mal compris.
Il est à noter que la couverture du livre en vietnamien est une œuvre d’une artiste vietnamienne dont on a parlé aujourd’hui en Français.
C’était voulu pour marier plusieurs cultures dans cette aventure que fut la traduction du roman.

La personne suivante à prendre la parole fut Me Ottenwelter. Je ne vais pas reprendre ce qu’elle a dit puisque cela rejoint tout ce qui a été dit en cours hier et aujourd’hui. De plus, il nous était distribué une feuille avec les notes de ce qu’elle allait dire.
Je vais quand même réagir sur un petit point, juste mon opinion personnelle sur ce que vous avez dit au départ à propos des films sur l’extermination des juifs. Il est vrai que j’ai pas trop apprécié le style de La Vie est belle mais par contre j’ai vraiment été touché par le film La Liste de Schindler. C’est un excellent film de Spielberg, les interprétations de Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes sont vraiment spectaculaires. Surtout Liam Neeson qui m’a fait couler une larme lors de la scène de « j’aurais pu en sauver un de plus et je ne l’ai pas fait » et Stern (joué par Kingsley) qui lui donne la bague avec gravé en Hébreu « Qui sauve une vie sauve le monde entier ».
Enfin voilà, pure digression de ma part mais vraiment, à tous, si vous n’avez pas vu le film il est à voir !

La conférence continue avec l’intervention d’un critique littéraire vietnamien.
Selon lui, la première caractéristique du livre réside dans le style (l’écriture) de Jonathan Littell.
Il y a dans le roman, un langage descriptif assez froid, calme. Il pense que c’est un choix délibéré de l’auteur.
Aue a une foi profonde dans le nazisme. Ce langage utilisé par le narrateur peut-être vu comme une tentative de justification de leur idéologie. Une fois embarqué dans cette idéologie, il n’y a pas moyen de faire marche arrière et donc on la soutient.
Le thème du roman est un sujet qui selon lui nous intéresse toujours, ça reste d’actualité car même aujourd’hui on ne peut oublier ce qui s’est passé.
Le lien implicite de comment l’auteur a essayé d’éliminer, de refouler les sentiments peut-être une perspective, un regard pour nous guider dans la lecture.

Le maître de conférence comme je l’ai appelé prend à son tour la parole pour donner son opinion.
Beaucoup de personnes n’étaient pas au courant du roman au Vietnam. C’était donc une perspective intéressante qu’un livre sur la Shoah.
Il rappelle lui aussi que Littell a connu de près ce qui s’est passé au Rwanda et rapproche cela avec ce qui s’est passé au Cambodge. Il a parlé aussi du fait que Littell a beaucoup été marqué, durant son enfance, par la guerre au Vietnam. Il me semble aussi qu’il a été traduit qu’il avait peur d’être appelé à se battre au Vietnam mais il n’avait pas l’âge à l’époque je crois. Ca vient peut-être du fait qu’ils ne savaient pas à l’époque quand la guerre allait se terminer.
Aue, ça a été dit, est un intellectuel. Et il s’est posé et a posé la question « Qui serais-je devenu si j’étais né Allemand en 1913 ? ». Ca m’a fait penser à une chanson française, à vous de me dire laquelle.
C’est cette question qui l’a poussé à lire le livre. Il s’est aussi demandé pourquoi choisir ce personnage qualifié d’intellectuel pour faire passer son message ?
Il a fait un lien avec la littérature vietnamienne d’aujourd’hui que je n’ai pas retenu.

L’écrivain reprend alors la parole. La question qu’il s’est posé et il n’est sûrement par le seul mais c’est ce qui l’a fait lire le roman en trois nuits. Cette question donc c’est pourquoi l’histoire s’est passée comme ça ? mais il a vu que l’auteur ne donnait pas de réponses à la fin du livre, la question reste toujours posée. L’auteur ne peut y répondre. C’était amusant parce qu’on sentait vraiment qu’il a dévoré le livre dans l’espoir de trouver une réponse à cette question mais en sachant finalement au fond de lui qu’on ne pouvait en apporter une.
Le personnage de Aue, en quelque sorte, de part ses toutes connaissances mérite le respect mais pourquoi quelqu’un d’aussi brillant a choisi cette voie ?
Il a fait un lien avec le Cambodge et Pol Pot, là aussi pourquoi les choses se sont passées de cette façon ? Pol Pot était une personne possédant une certaine culture.
Il a terminé en disant que ce genre d’atrocités risque de revenir un jour et que les savants et les intellectuels ne sont pas capables de nous en protéger malheureusement.

Glenn est intervenu après Me Ottenwelter mais j’avais pris des notes sur une autre feuille donc les voici :
Tout d’abord, j’ai senti qu’il était un peu ému, il a d’ailleurs un peu dit, qu’après tout le monde c’était difficile de ne pas se répéter. Mais au final il a apporté des éléments que j’ai trouvés particulièrement intéressants et que personne n’avait abordé.
Il n’a pas tout de suite apprécié la lecture du livre (ce n’est pas le seul à l’avoir dit) à cause des trop nombreux détails sur l’administration nazi ce qui l’a freiné dans sa lecture.
C’est seulement au bout de 200 que ça a commencé vraiment. La dimension du personnage principal est quelque chose qui l’a intéressé. L’histoire est quand même celle d’un nazi qui raconte son vécu avec tout ce qu’il a en lui. C’est donc assez dur à lire, il le précise bien.
Selon lui, ce n’est pas roman historique, il va y revenir. Les chiffres sur le nombre de morts ne veulent rien dire tant qu’on ne le voit pas à travers un personnage qu’il soit d’un côté ou de l’autre. C’est ce qui l’a ému.
Il a parlé aussi de l’évolution du personnage : d’abord son arrivée dans l’administration (processus assez industriel = une horreur), il doit gérer ce qui se passe. Importance de la psychologie du personnage et revient sur l’idée de Me Ottenwelter de faire appel à un psychanalyste pour étudier l’œuvre sous cet aspect.
À partir d’un moment, confusion et vérité se mêlent, le moment où il reçoit une balle.
En conclusion, c’est un livre qu’il faut prendre la peine de lire, ne pas partir en se disant que c’est un livre historique. Le personnage a une sorte de dimension œdipienne pour reprendre ses propres termes dans le fait qu’il est totalement torturé. Il voudrait être l’Autre et cet Autre c’est sa sœur jumelle, Una. D’où une importance du rapport Aue/Una. C’est très cru et donc difficile à lire mais intéressant.
Il aborde enfin le côté musical du livre, d’ailleurs Aue voulait être un pianiste. Le rythme de l’écriture est associé avec la musique et il a donné comme exemple deux parties du livre qui portent le nom de Toccata (http://fr.wikipedia.org/wiki/Toccata) et Sarabande (La sarabande est une danse lente et noble, de coupe binaire avec reprise, à trois temps sans levée, se terminant fréquemment sur le 2e temps).

La deuxième partie de la conférence arrive avec les questions, l’interaction entre le public et la table ronde.
La première question est posée par Me Ottenwelter sur justement comment le Vietnam a-t-il obtenu aussi rapidement ses droits difficiles à obtenir ? Quelles connaissances a le Vietnam sur la Shoah ? et quel intérêt les a poussé à vouloir traduire le livre ?
Bon j’ai trouvé que le traducteur n’a pas vraiment répondu à la question enfin voilà ce que j’ai retenu : c’est un ouvrage qui choque, qui émeut dès le début. Une qualité qui a attiré le traducteur.
Il y a eu aussi cette histoire de mail collectif que différents traducteurs ont reçu de Littell dans lequel il imposait certaines règles et demandait une sorte de lettre de motivation pour savoir s’ils étaient capables de faire cette traduction. C’est une chose qui lui a semblé absurde.
Littell a rejeté des traducteurs pour la version anglaise du livre.
Il faut dire aussi que Littell avait envie d’être publié au Vietnam. Il a parlé aussi du complexe soldat. Je crois que ça a rapport avec le fait qu’il n’aurait pas voulu être appelé à servir au Vietnam durant sa jeunesse.
Apparemment, Littell aurait été heureux d’être avec nous, il serait venu s’il avait pu.

La seconde réaction vient d’une femme (vietnamienne) dans l’assemblée.
Elle pense que le Vietnam s’intéresse aux tragédies du passé parce que le Vietnam a justement connu la guerre.
C’est le premier roman fleuve (encore ce terme) qui pourrait répondre aux attentes des vietnamiens selon elle.
Elle voit Littell comme une source d’inspiration pour la jeune génération d’écrivains vietnamiens, en voyant comment un jeune a raconté une histoire du passé qui lui appartient (pas totalement vrai vu qu’il n’était pas né mais elle a généralisé et ne parlait pas que de Littell).
La troisième réaction sur le livre vient d’une autre femme vietnamienne mais je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire dans le tissage de différents procédés avec un médecin militaire et un linguiste. Ca doit être dans le livre et vu que je ne l’ai pas lu je ne peux pas vraiment comprendre.
Il y a eu aussi, je ne sais plus si c’est elle, un lien avec Flaubert. J’aimerais bien connaître et comprendre ce lien car je n’en voie pas.

Autre intervention de la part de Mr Huckel qui a d’abord posé une question au traducteur sur le temps de travail et l’autre à Me Ottenwelter sur le titre en fait.
Ca a donc pris au traducteur 13 mois pour l’approche linguistique, la lecture et la traduction. Il a y toujours une distance entre le texte et lui, c’est ce qui l’a attiré et fait aller jusqu’au bout.
Il a essayé de respecter ce qu’il ressentait en lisant le livre et le faire à son tour ressentir au lecteur.
Pour la question sur le titre, je vous renvoie à un article de wikipedia qui est d’ailleurs sur toute l’œuvre et qui peut s’avérer enrichissant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bienveillantes
Et pour comprendre le titre, il faudra lire le livre et en entier puisque la signification de sera donnée qu’à la toute fin qui a d’ailleurs été lue durant la conférence.

Voilà, c’est tout ce que j’ai pris en note. J’attends des réactions et peut-être aussi un complément pour ceux qui voudraient ajouter des choses.

Jean-Rémi

Oral Blanc (2)

Posté le 24.01.2008 par lireenpremiere
Pour répondre à la question sur Zola, un écrivain engagé :

déjà le terme d'écrivain "engagé" devient commun à partir du XXe siècle et principalement de JP Sartre :

"L'écrivain "engagé" sait que la parole est action; il sait que dévoiler c'est changer et qu'on ne peut dévoiler qu'en projetant de changer." dit-il.

L'exemple le plus pertinent que l'on puisse choisir dans la biographie de Zola est celui de son engagement dans l'affaire Dreyfus avec le fameux "J'accuse !", lettre ouverte au président de la République dans le journal L'Aurore.
La déclaration au jury prouve son engagement total :

" Dreyfus est innocent, je le jure. J’y engage ma vie, j’y engage mon honneur. A cette heure solennelle, devant ce tribunal qui représente la justice humaine, devant vous, messieurs les jurés, qui êtes l’émanation même de la nation, devant toute la France, devant le monde entier, je jure que Dreyfus est innocent. Et, par les 40 années de travail, par l’autorité que ce labeur a pu me donner, je jure que Dreyfus est innocent. Que tout cela croule que mes oeuvres périssent si Dreyfus n’est pas innocent ! Il est innocent."

Il sera condamné pour ses propos, s'exilera au Royaume-Uni jusqu'à la révision du procès de Dreyfus et de retour en France continuera à se battre pour sa réhabilitation. Pour plus de détails faire une recherche.

Ensuite pour revenir à la Curée : la critique sociale et politique (contre l'Empire, Zola est un fervent républicain) montre un certain engagement.
Pour élargir à la série des Rougon-Macquart tu peux parler de La Fortune des Rougons et de Germinal avec les personnages de Silvère et de Maheu qui se font tuer pour leur cause.

Ca montre que Zola fait de ses personnages des personnages engagés et qui reflètent certaines de ses idées.

Je suis pas sûr que la partie sur les personnages soit la plus pertinente mais il est clair que l'affaire Dreyfus ça l'est et c'est je pense ce dont il faut parler en premier.

Une recherche plus approfondie que la mienne peut sûrement apporter plus d'éléments mais je pense que déjà ça lance la piste principale.

Pour l'autre question, j'ai pas d'éléments très pertinents qui me viennent à la tête mais je vais chercher et j'éditerai par la suite.

Jean-Rémi

Oral Blanc

Posté le 21.01.2008 par lireenpremiere
Bonjour tout le monde, c'est Nguyen Huy. J'ai eu l'extrait du chapitre 2 de "La Curée" sur la rêverie de Saccard et voici ma question: En quoi ce texte illustre-t-il le titre du roman de Zola?
J'ai construit ma lecture analitique en trois parties:
I/ L'épopée de Saccard (sa grandeur, dimension épique du texte)
II/ Paris vu comme une proie (destruction de Paris, douleur...)
III/ La note de l'or à travers ce texte

J'ai été trop court au niveau de la 3ème partie et je pense qu'elle n'est pas très pertinente non plus.
Par ailleurs, certaines questions d'entretien m'ont mis en difficulté également:
- Pourquoi est-ce que aujourd'hui les auteurs n'écrivent plus que des romans?
- Zola est-il un écrivain engagé?

Voilà, j'espère que vous pouvez m'apporter d'autres idées pour améliorer mon travail. Merci d'avance.

Le Romancier et ses personnages, Mauriac

Posté le 14.01.2008 par lireenpremiere
Voici un texte à méditer. Plusieurs phrases pourraient fournir d'excellents sujets de dissertations.Le texte a le mérite de nous livrer les réflexions d'un praticien de l'art romanesque.

MAURIAC, Le Romancier et ses personnages, Le livre de poche, 1972 (édition R-A. Corrêa, 1933), p. 81 sq.

L’HUMILITÉ n'est pas la Vertu dominante des romanciers. Ils ne craignent pas de prétendre au titre de créateurs. Des créateurs ! les émules de Dieu !
A la vérité, ils en sont les singes.

Les personnages qu'ils inventent ne sont nullement créés, si la création consiste à faire quelque chose de rien. Nos prétendues créatures sont formées d'éléments pris au réel; nous combinons, avec plus ou moins d'adresse, ce que nous fournissent l'observation des autres hommes et la connaissance que nous avons de nous-mêmes. Les héros de romans naissent du mariage que le romancier contracte avec la réalité.

Dans les fruits de cette union, il est périlleux de prétendre délimiter ce qui appartient en propre à l'écrivain, ce qu'il y retrouve de lui-même et ce que l'extérieur lui a fourni.
*
Je souhaiterais que ces lignes inspirassent à l'égard du roman et des romanciers un sentiment complexe, - complexe comme la vie même que c'est notre métier de peindre. Ces pauvres gens dont je suis méritent quelque pitié et peut-être un peu d'admiration, pour oser poursuivre une tâche aussi folle que de fixer, d'immobiliser dans leurs livres le mouvement et la durée, que de cerner d'un contour précis nos sentiments et nos passions, alors qu'en réalité nos sentiments sont incertains et que nos passions évoluent sans cesse. C'est aussi qu'en dépit de la leçon de Proust nous nous obstinons à parler de l'amour comme d'un absolu, alors qu'en réalité les personnes que nous aimons le plus nous sont, à chaque instant, profondément indifférentes et qu'en revanche, et malgré les lois inéluctables de l'oubli, aucun amour ne finit jamais tout à fait en nous.

De l'homme ondoyant et divers de Montaigne, nous faisons une créature bien construite, que nous démontons pièce par pièce. Nos personnages raisonnent, ont des idées claires et distinctes, font exactement ce qu'ils veulent faire et agissent selon la logique, alors qu'en réalité l'inconscient est la part essentielle de notre être et que la plupart de nos actes ont des motifs qui nous échappent à nous-mêmes. Chaque fois que dans un livre nous décrivons un événement tel que nous l'avons observé dans la vie, c'est presque toujours ce que la critique et le public jugent invraisemblable et impossible. Ce qui prouve que la logique humaine qui règle la destinée des héros de roman n'a presque rien à voir avec les lois obscures de la vie véritable.

Mais cette contradiction inhérente au roman, cette impuissance où il est de rendre l'immense complexité de la vie qu'il a mission de peindre, cet obstacle formidable, s'il n'y a pas moyen de le franchir, n'y aurait-il pas, en revanche, moyen de le tourner ? Ce serait, à mon avis, de reconnaître franchement que les romanciers modernes ont été trop ambitieux. Il s'agirait de se résigner à ne plus faire concurrence à la vie.
Il s'agirait de reconnaître que l'art est, par définition, arbitraire et que, même en n'atteignant pas le réel dans toute sa complexité, il est tout de même possible d'atteindre des aspects de la vérité humaine, comme l'ont fait au théâtre les grands classiques, en usant pourtant de la forme la plus conventionnelle qui soit : la tragédie en cinq actes et en vers. Il faudrait reconnaître que l'art du roman est, avant tout, une transposition du réel et non une reproduction du réel.

Il est frappant que plus un écrivain s'efforce de ne rien sacrifier de la complexité vivante, et plus il donne l'impression de l'artifice. Qu'y a-t-il de moins naturel et de plus arbitraire que les associations d'idées dans le monologue intérieur tel que Joyce l'utilise ? Ce qui se passe au théâtre pourrait nous servir d'exemple. Depuis que le cinéma parlant nous montre des êtres réels en pleine nature, le réalisme du théâtre contemporain, son imitation servile de la vie, apparaissent, par comparaison, le comble du factice et du faux; et l'on commence à pressentir que le théâtre n'échappera à la mort que lorsqu'il aura retrouvé son véritable plan, qui est la poésie. La vérité humaine, mais par la poésie.
*
De même le roman, en tant que genre, est pour l'instant dans une impasse. Et bien que j'éprouve personnellement pour Marcel Proust une admiration qui n'a cessé de grandir d'année en année, je suis persuadé qu'il est, à la lettre, inimitable et qu'il serait vain de chercher une issue dans la direction où il s'est aventuré.
Après tout, la vérité humaine qui se dégage de La Princesse de Clèves, de Manon Lescaut, d'Adolphe, de Dominique ou de La Porte étroite, est-elle si négligeable ? Dans cette classique Porte étroite de Gide, l'apport psychologique est-il moindre que ce que nous trouvons dans ses Faux Monnayeurs, écrits selon l'esthétique la plus récente? Acceptons humblement que les personnages romanesques forment une humanité qui n'est pas une humanité de chair et d'os, mais qui en est une image transposée et stylisée. Acceptons de n'y atteindre le vrai que par réfraction. Il faut se résigner aux conventions et aux mensonges de notre art.

On ne pense pas assez que le roman qui serre la réalité du plus près possible est déjà tout de même menteur par cela seulement que les héros s'expliquent et se racontent. Car, dans les vies les plus tourmentées, les paroles comptent peu. Le drame d'un être vivant se poursuit presque toujours et se dénoue dans le silence.

L'essentiel, dans la vie, n'est jamais exprimé.

Dans la vie, Tristan et Yseult parlent du temps qu'il fait, de la dame qu'ils ont rencontrée le matin, et Yseult s'inquiète de savoir si Tristan trouve le café assez fort. Un roman tout à fait pareil à la vie ne serait finalement composé que de points de suspension. Car, de toutes les passions, l'amour, qui est le fond de presque tous nos livres, nous paraît être celle qui s'exprime le moins. Le monde des héros de roman vit, si j'ose dire, dans une autre étoile, l'étoile où les êtres humains s'expliquent, se confient, s'analysent la plume à la main, recherchent les scènes au lieu de les éviter, cernent leurs sentiments confus et indistincts d'un trait appuyé, les isolent de l'immense contexte vivant et les observent au microscope.

Et cependant, grâce à tout ce trucage, de grandes vérités partielles ont été atteintes. Ces personnages fictifs et irréels nous aident à nous mieux connaître et à prendre conscience de nous-mêmes. Ce ne sont pas les héros de roman qui doivent servilement être comme dans la vie, ce sont, au contraire, les êtres vivants qui doivent peu à peu se conformer aux leçons que dégagent les analyses des grands romanciers.
Les grands romanciers nous fournissent ce que Paul Bourget, dans la préface d'un de ses premiers livres, appelait des planches d'anatomie morale. Aussi vivante que nous apparaisse une créature romanesque, il y a toujours en elle un sentiment, une passion que l'art du romancier hypertrophie pour que nous soyons mieux à même de l'étudier; aussi vivants que ces héros nous apparaissent, ils ont toujours une signification, leur destinée comporte une leçon, une morale s'en dégage qui ne se trouve jamais dans une destinée réelle toujours contradictoire et confuse.

Les héros des grands romanciers, même quand l'auteur, ne prétend rien prouver ni rien démontrer, détiennent une vérité qui peut n'être pas la même pour chacun de nous, mais qu'il appartient à chacun de nous de découvrir et de s'appliquer. Et c'est sans doute notre raison d'être, c'est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette création d'un monde idéal grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur propre coeur et peuvent se témoigner les uns aux autres plus de compréhension et plus de pitié.

Il faut beaucoup pardonner au romancier, pour les périls auxquels il s'expose. Car écrire des romans n'est pas de tout repos. Je me souviens de ce titre d'un livre : L'Homme qui a perdu son Moi. Eh bien, c'est la personnalité même du romancier, c'est son « moi » qui, à chaque instant, est en jeu. De même que le radiologue est menacé dans sa chair, le romancier l'est dans l'unité même de sa personne. Il joue tous les personnages; il se transforme en démon ou en ange. Il va loin, en imagination, dans la sainteté et dans l'infamie. Mais que reste-t-il de lui, après ses multiples et contradictoires incarnations ? Le dieu Protée, qui, à volonté, change de forme, n'est, en réalité, personne, puisqu'il peut être tout le monde. Et c'est pourquoi, plus qu'à aucun autre homme, une certitude est nécessaire au romancier. A cette force de désagrégation qui agit sur lui sans répit, - nous disons : sans répit, car un romancier ne s'interrompt jamais de travailler, même et surtout quand on le voit au repos, - à cette force de désagrégation, il faut qu'il oppose une force plus puissante, il faut qu'il reconstruise son unité, qu'il ordonne ses multiples contradictions autour d'un roc immuable; il faut que les puissances opposées de son être cristallisent autour de Celui qui ne change pas. Divisé contre lui-même, et par là condamné à périr, le romancier ne se sauve que dans l'Unité, il ne se retrouve que quand il retrouve Dieu.

Tartuffe à la radio

Posté le 14.01.2008 par lireenpremiere
Le hasard fait qu'en ce moment et jusqu'à dimanche prochain vous pouvez entendre sur France Culture une version radiophonique de Tartuffe.
Allez dans le programme ,sur la rubrique du dimanche 13 janvier ,emission Fiction de 20h à 22h et écoutez, ne serait-ce que pour la beaut♪0 de la diction des vers.
Si vous n'avez pas de quoi écouter, venez chez moi samedi après midi.
Dimanche prochain il y aura le malade Imaginaire et ensuite le Misnthrope.

Bonnes fêtes de fin d'année

Posté le 24.12.2007 par lireenpremiere
Parce que même si je suis sûr que tout le monde travaille dur pendant ces vacances un peu de repos en ce jour de fête ne fait pas de mal !

Je vous souhaite à tous de passer un joyeux Noël !

À bientôt pour la nouvelle année ... j'espère que tout le monde profite bien de ses vacances en France, au Vietnam ou ailleurs !

Jean-Rémi

Emission sur Modiano

Posté le 21.12.2007 par lireenpremiere
Allez sur France Culture le jeudi 20 décembre dans le menu, émission intitulée Les affinités électives à 21h sur Modiano, en lignes toute la semaine jsuqu'à jeudi prochain. Si quelqu'un peut me la podcaster c'est super car je n'ai pas le temps de l'écouter.
Bonnes vacances festives et studieuses à la fois!
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