Publié le 14/06/2009 à 15:54 par lireenpremiere
Comme JMG Le Clezio a été primé par le prix Nobel, vous auriez intérêt à vous souvenir de son existence.Souvent les correcteurs utilisent l'actualité pour bâtir des sujets.
Vous retouverez aussi la jeune femme amie d'André Velter Sophie Nauleau qui présente l'émission.
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/journal-de/
De larges extraits du roman
Désert lu par Charles Berling
L'africain lu par Lou Doillon
[url]Le Chercheur d'or[/url] par Lambert Wilson
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Publié le 14/06/2009 à 15:04 par lireenpremiere
Ecrit:
Revoyez l'orthographe grammaticale de base, les conjugaisons, en particulier avec vos anciennes copies et les erreurs que vous avez l'habitude de commettre.
Faites avec soin les questions sur les textes (1 heure): Nommez les textes ( pas texte A, texte B) en donnant leur titre et leur auteur, travaillez les questions comme des mini-dissertations en reformulant la question et en montrant que vous la comprenez, citez les textes à l'appui de vos dires et utilisez un vocabulaire de l'analyse littéraire précis pour éviter la paraphrase.
Choisissez avec soin le sujet et n'en changez plus en cours de route. Le commentaire est un choix judicieux mais ne plaquez pas le cours sur le texte: analysez avec soin sa particularité à l'aide des 7 questions, avant de vous précipiter sur un plan, pensez que vous développez votre interprétation du texte donc des thèses que vous formulez sur les sens possibles du texte. Appuyez-vous sur les citations mais en les commentant et en les insérant dans le fil de votre discours à l'aide d vocabulaire de l'analyse littéraire.
Ne négligez pas le sujet d'invention si vous avez une bonne orthographe et des qualités de style mais analysez le bien , imaginez les critères de réussite au niveau bac et pas du brevet! Appuyez-vous sur des connaissances pour le traiter en montrant que vous en avez compris les enjeux, n'oubiez pas d'utiliser le corpus.
Oral
Venez avec une tenue sérieuse qui ne puisse pas s'interpréter comme de la désinvolture. Ayez la convocation, la pièce d'identité, le fascicule de textes et vos oeuvres intégrales: Bérénice, La Curée, Alcools + les oeuvres cursives: Le Spleen de Paris et L'Ingénu
Faites reformuler la question sur le texte s'il ya un problème avant la préparation.
Gérer votre temps avec une montre ou un petit réveil
Posez les mains sur la table , évitez les gestes parasites.
Travaillez la lecture et offrez-la au correcteur. Pensez qu'il faut lui faire passer un bon moment!
Pendant la LA, pour eviter la paraphrase: dix mots minimum du champ lexical de l'analyse littéraire
Pendant l'entretien, montrez que vous connaissez vos textes et oeuvres en les citant, en renvoyant à des passages, cherchez à aigullier l'entretien vers ce que vous connaissez, faites des rapprochements entre les textes.
Mettez en valeur votre culture personnelle et votre connaissance du cours.
Publié le 14/06/2009 à 12:14 par lireenpremiere
Plan détaillé d'un commentaire composé de cet extrait que j'ai trouvé sur internet. Il me semble qu'il reprend assez bien l'ensemble des éléments que nous avions trouvés.
Problématique : comment l'évocation du couronnement de Titus révèle à la fois la passion de Bérénice et son inquiétude quant à leur amour ?
Dans Bérénice de Jean Racine, l'héroïne, reine de Palestine, est passionnément éprise de l'empereur romain Titus au couronnement duquel elle vient d'assister. Dans la dernière scène de l'acte I, Phénice, sa confidente, lui a laissé entendre que la raison d'état pouvait s'opposer au mariage qu'une passion partagée semblait lui promettre. Bérénice, loin de considérer les doutes émis par Phénice, évoque alors avec exaltation la nuit du couronnement. Mais cette exaltation, qui témoigne de la passion de la reine, ne signifie-t-elle pas aussi l'inquiétude de Bérénice ? Notre étude s'arrêtera dans un premier temps à la dimension picturale de ce tableau nocturne, puis à la représentation de la gloire de Titus, transfiguré par l'amour de la reine. Enfin, nous examinerons les signes de l'inquiétude de Bérénice qui transparaissent dans ses propos.
I - Un tableau exalté
A - Un tableau
L'évocation du couronnement de Titus comporte un aspect pictural qui rend la scène vivante.
Bérénice parle d'un "souvenir charmant" au vers 317, c'est-à-dire d'un souvenir envoûtant selon le sens de l'adjectif au 17ème.
Elle donne alors à voir cette scène, d'où la récurrence de termes dénotant la vision : "De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur ? Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur ?".
La description acquiert une présence et une vivacité grâce à des notations concrètes : "Ces flambeaux, ce bûcher (...), ces aigles, ces faisceaux, ..." Phénice, les spectateurs et Bérénice se trouvent ainsi transportés sur les lieux mêmes du couronnement par le pouvoir suggestif de ces termes.
B - Lumières et couleurs
ce tableau prend une consistance particulièrement nette grâce à l'abondance d'expressions dénotant couleurs et lumières : la "pourpre", "l'or" amènent une luminosité et un éclat qu'augmente le lexique de la lumière.
Celui-ci prend une ampleur étonnante, notamment dans la gradation du vers 303 : "Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée".
Les antithèses opposant l'obscurité et la lumière donnent à voir un tableau en clair-obscur où Titus apparaît tel un rayonnement : Bérénice parle de "la splendeur" de "cette nuit", de la "nuit enflammée".
Le ton exalté de la reine qui reconstitue ce spectacle exprime en fait la passion qui l'habite : la présence des flammes et de la lumière y a une valeur métaphorique et témoigne autant de l'embrasement du cœur de l'héroïne que de la beauté du spectacle nocturne.
C - L'expression de la passion.
la passion est manifeste dans la structure accumulative de la phrase qui s'étend du vers 303 au vers 311 ; la récurrence des démonstratifs exprime l'exaltation de Bérénice en même temps qu'elle rend présente la scène passée. Tout se passe comme si la reine ne parvenait pas à s'arracher à ce spectacle grandiose, fascinée par l'éclat de son amant.
La syntaxe contribue à cet effet car elle est chargée d'une vive émotion : les tournures exclamatives des vers 312, 313,en témoignent, ainsi que l'abondance des tours nominaux du vers 303 au vers 311.
Ce tableau en clair-obscur exprime ainsi moins la réalité de cette nuit que la passion de Bérénice qui idéalise Titus.
II - L'idéalisation de Titus
A - Les symboles de la puissance
Dans l'Antiquité, les empereurs après leur mort connaissent une cérémonie d'apothéose qui les déifiait. La scène évoquée par Bérénice décrit en fait l'apothéose de Vespasien, père de Titus et ancien empereur.
Mais par un retournement significatif de la passion, c'est Titus lui-même qui semble comparé à un dieu.
Sa puissance est suggérée par de nombreux symboles: les "faisceaux" représentent la puissance publique, la "pourpre" désigne la couleur impériale, les "lauriers" symbolisent la victoire, et les "aigles" rappellent la puissance de l'empire.
Dès le début, Bérénice lui prête l'omnipotence divine : "il peut tout ".
B - Titus au centre des regards
il est selon le regard de Bérénice, auréolé de lumière , et lui-même source de lumière : par une inversion singulière, la "pourpre" et l'or" dont la fonction est de conférer l'éclat reçoivent, au contraire, de Titus une lumière qui les rehausse (vers 307) ;ainsi, la foule d'assistants "empruntent leur éclat" à l'empereur.
Il est comme une lumière fascinante qui attire les regards de tous, au centre de la scène. Cette focalisation est nette : l'énumération de l'assistance, "cette foule de rois, ces consuls, ce sénat", met en valeur par contraste l'unicité de Titus, dont le nom est accentué à l'hémistiche : "confondre sur lui seul leurs avides regards".
Titus est présenté comme un pôle d'attraction universelle pour une foule dont la seule action est de voir comme en témoigne la métonymie du vers 309 " tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts".
C - La fierté d'une amoureuse
La personne de Titus est ainsi sans cesse mise en valeur par une tonalité hyperbolique, révélatrice de l'amour de Bérénice. La "splendeur" de la nuit comme l'indique la rime des vers 301 et 302 n'est due qu'à "sa grandeur".
De même sa puissance est mise en relief par la rime entre "gloire" et "victoire" aux vers 307 et 308. Bérénice se plaît à énumérer les hommages qu'on rend à son "amant" : les fleurs dont on couronnera ses images (vers 300), la venue de la foule, les vœux de "Rome entière" et les "sacrifices".
Sa fierté d'amante est manifeste lorsque à l'hémistiche du vers 306 elle le désigne par "mon amant", tout comme au vers 311 elle évoque sa "douce présence".
L'allitération continue en s confère à toute cette scène une poésie qui témoigne aussi de l'envoûtement de Bérénice.
III - L'inquiétude de Bérénice
A - Une tentative de persuasion
Cependant l'exaltation excessive de la reine n'est-elle pas également le signe d'une inquiétude sourde ?
En effet, Phénice vient d'insinuer le doute chez Bérénice en lui rappelant que la raison d'état pourrait bien s'opposer au mariage. Sa tirade comporte ainsi un aspect argumentatif voilé par lequel elle tente de persuader Phénice de son erreur.
Son discours, tout en exprimant son amour, tend à représenter la toute puissance de Titus : "Titus m'aime, il peut tout, il n'a plus qu'à parler". Ce tétramètre est significatif de la situation du couple : Titus détient désormais tous les pouvoirs, il est adoré de tous, donc même s'il ne respecte pas une loi , personne ne lui en tiendra rigueur. Bérénice n'attend plus qu'une déclaration officielle. Pourquoi renoncerait-il à son amour maintenant qu'il peut tout ?
La persuasion repose sur une implication de l'auditoire : elle appelle Phénice à considérer la puissance de Titus pour l'amener à oublier ses doutes. Son désir de la convaincre passe par de multiples interrogations aux vers 301, 302, 316, 317. Celles-ci n'ont qu'une valeur rhétorique : le fait qu'elle continue à parler, malgré ses propres questions laisse entendre sa crainte d'une réfutation qu'elle sait au fond d'elle possible.
B - Une inquiétude sourde
Son exaltation exprime en filigrane son inquiétude.
La syntaxe accumulative peut se lire comme le signe de la hâte que met Bérénice à prodiguer des preuves. C'est elle-même aussi qu'il s'agit de convaincre.
Les démonstratifs qui actualisent les éléments de la scène, "ces flambeaux, ce bûcher,..." sont des réalités que brandit la reine sous les yeux de Phénice afin de modifier son point de vue.
plutôt que d'examiner rationnellement le bien-fondé des réserves émises par la suivante, elle préfère revivre cette nuit grandiose et fuir la réalité de la politique romaine qui interdit à un empereur d'épouser une reine étrangère.
Ces paroles de Bérénice sont riches de sens : l'évocation du couronnement de son amant illustre la façon dont un cœur passionné transfigure la réalité. Titus se trouve ici au centre d'un tableau clair-obscur, objet de tous les regards et source de lumière ; mais cette reconstitution est aussi une tentative émouvante de convaincre celle qui parle comme celle qui écoute que Titus ne saurait abandonner Bérénice. L'illusion de l'héroïne constitue toute l'ironie tragique de cette scène : elle ignore qu'au même moment, Titus a renoncé à leur amour, ce que le spectateur apprendra dès la scène suivante.
Publié le 14/06/2009 à 10:51 par lireenpremiere
Voila ma dissertation, un peu en retard.
Que peut selon vous la poésie ?
Certains ont associé la poésie à « notre pain quotidien » ou encore, on dit que celle-ci était « l'eau de notre seconde soif" (A. Chedid). La poésie est donc vue ici comme quelque chose d’essentiel, de presque vital. Comme le corps du christ, elle nous nourrit, nous régénère et nous sauve. Pourtant durant sa longue existence, celle-ci a vu des « temps de détresse », les guerres mondiales, les camps d’extermination, des génocides, des moments où il semblait que l’humanité avait disparu. La poésie qui faisant partie de la littérature est un Art, qui concerne donc les hommes, l’humanité. Elle a parfois dénoncé ou même aidé durant ces périodes.
Cependant la question se pose toujours. Comment peut-on écrire un poème après cela, après Auschwitz ? Que peut la poésie ?
Nous verrons dans un premier temps que, grâce à son lyrisme, à sa beauté, aux sensations qu’elle engendre chez ses lecteurs, la poésie « nous donne à vivre » (Yves Bonnefoy), ensuite nous montrerons que la poésie est également un lieu de questionnement sur le monde, dans des temps de détresse mais aussi dans le quotidien. Pour finir nous défendrons la place essentielle qu’elle occupe aujourd’hui, à savoir celle d’un lien entre les hommes, peut-être un des derniers…
Il est souvent dit que rien ne vaut un roman ou un film pour, durant un instant, vivre une autre vie, voyager, ressentir tout en restant pourtant immobile. Il faudrait donc que l’on nous raconte des histoires pour ressentir cela ? Un élément perturbateur, des péripéties, une résolution… c’est précisément ce que le plus souvent, la poésie ne nous donne pas et pourtant il paraitrait qu’elle nous « donne à vivre ». On comprend dans cette citation d’Yves Bonnefoy que ce que nous donne la poésie c’est de la vie et non de la vie par procuration. En effet un homme est caractérisé par sa capacité à ressentir des choses, à éprouver. Pouvoir rester des heures devant un tableau qui ne représente rien de concret parce que cela nous fait ressentir quelque chose, c’est précisément ce caractère propre à l’être humain qui est mis en relief dans cette citation. Par son lyrisme, par sa beauté, la poésie nous fait ressentir donc nous fait vivre.
Le genre lyrique se définit comme « l’expression d’un sujet singulier qui tend à métamorphoser, voire à sublimer le contenu de son expérience et de sa vie affective, dans une parole mélodieuse et rythmée ayant la musique pour modèle. » Le lyrisme couvre tous les registres, par exemple l’élégie avec des thèmes tragiques comme la méditation et la déploration, le passage du temps, la finitude humaine, les tourments de la passion et de la mélancolie. On imagine le poète lyrique comme un être solitaire. Dans Les Chimères, Nerval reprend l’histoire d’Orphée en lui faisant chanter sa solitude et sa douleur « Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé”. On remarque l’utilisation du « je », le « je » lyrique qui parfois se transforme en « tu », comme dans « Zone » d’Apollinaire “A la fin tu es las de ce monde ancien”. C’est entre autre cette énonciation, puisqu’il y a adresse, qui rapproche le lecteur du poème et du poète. Il y a donc une intimité qui se crée et qui rend possible les sensations et les émotions ressenties.
Dans un second lieu, il me semble qu’à la question « que peut la poésie ? » je répondrais simplement « faire du beau ». En effet la poésie c’est de l’Art, et, comme je l’ai montré ci-dessus, la poésie nous fait vivre car elle nous fait ressentir, par le lyrisme par exemple mais aussi par sa beauté tout simplement. Devrait-elle avoir un quelconque pouvoir, une quelconque utilité si ce n’est de donner de la beauté à ceux qui la lisent. On ne peut aborder cette question sans penser aux parnassiens, fervent défenseurs de « l’Art pour l’Art » qui se sont prononcés, contre les Romantiques, pour l'absolue gratuité de l'art. Baudelaire note d’ailleurs « L'art est-il utile ? Oui. Pourquoi ? Parce qu'il est l'art » ? Quant à Théophile Gautier il écrit dans la Préface de Mademoiselle de Maupin (1835)
« A quoi bon la musique ? À quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l'inventeur de la moutarde blanche ? Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ».
Pour moi, la poésie c’est avant tout de la beauté, des sensations. Lire une poésie est un moment de plaisir, se poser, prendre du temps ou peut-être même échapper au temps pour quelque chose que l’on dit inutile. Sortir d’un mode de consommation, oui, ne plus consommer, apprécier. Et si un recueil a finalement peu de valeur marchande, la valeur du contenu est infinie puisqu’il a le pouvoir de nous rendre plus humain : créer ou prendre du temps pour apprécier, se questionner ressentir devant de l’Art, devant l’inutile et le beau.
La poésie concerne les hommes, l’humanité. Elle est donc un lieu de questionnement sur la condition humaine et, dans les temps de détresse elle redonne de l’humanité ou déplore l’inhumanité.
En effet la poésie est un rapport au monde, elle donne également une vision du monde et de l’homme. Elle s’étonne, s’inquiète, rien n’est jamais acquis. Elle pose souvent la question de la temporalité, de la finitude à laquelle nous sommes tous, en tant qu’homme confronté. « Je m’en tiens à mon transitoire » disait Michaut Je vais, j’espère, je souffre donc je suis mortel, la poésie questionne et répond par parabole, allégorie et métaphore. Par exemple Baudelaire, dans Les Fleurs du Mal montre la tragédie de l'homme double, un homme soumis à deux tentations, le Bien et l'autre vers le Mal. Le point de départ de sa réflexion était donc la condition humaine, le déchirement de l'homme, cette lutte perpétuelle entre ses aspirations vers l'Idéal et ses tentations ou ses rechutes vers le Mal. En outre on trouve dans Les fleurs du mal et encore d’avantage dans Le spleen de Paris, un véritable témoignage des misères humaines et des inégalités que l’on trouve dans le milieu urbain. Par exemple, dans les yeux des pauvres (Spleen de Paris), il raconte une scène de vie urbaine, dans laquelle il dénonce en quelques sortes le dédain des bourgeois pour ces « pauvres » qui les regardent à travers les vitres des cafés.
« Non-seulement j’étais attendri par cette famille d’yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites : Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d’ici ?». On retrouve dans beaucoup de poèmes du spleen de Paris ces constats, on y parle des vieux, des pauvres, des prostitués…Baudelaire montre réellement cette misère, il nous offre sa vision de la ville, du monde et de ces misères humaine
" Un esprit incapable de révolte et d'indignation est un esprit sans valeur" dit André Gide. La poésie apparaît donc comme un moyen de dénonciation, et en période de guerre et de conflit, elle devient parfois véritablement engagée jusqu’à devenir un moyen de résistance. Déjà, Agrippa D'Aubigné, à cheval sur le XVI et XVIIème siècle faisait de la poésie engagée en proposant dans « Je veux peindre la France », une allégorie qui met en scène un conflit politique et religieux : les guerres fratricides. Il dénonce les ravages de la guerre et son absurdité.
« Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble »
La poésie engagée semble une nécessité pour le poète. N’est-il pas du devoir de l’artiste de dénoncer en utilisant son œuvre comme vecteur ? De nombreux poètes ont fait de l’écriture une arme ! Sartres va même jusqu’à dire " Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pour l'empêcher ", plus qu’un choix, s’engager est parfois perçu comme une obligation. Ainsi lors de la seconde guerre mondiale de nombreux poètes dénonce la barbarie nazie et ses crimes "J'écris dans cette nuit profonde et criminelle » (Aragon).
Ainsi, Jean Tardieu consacre un poème dénonçant le massacre d’Oradour ; Char compose durant la guerre, des poèmes de l'immédiateté et du danger, de l'espoir et du courage, qui célèbrent le choix du combat parallèlement à celui de l'écriture : "Résistance n'est qu'espérance". L'écriture devient signe de ralliement, Eluard, Desnos, Aragon, tous font de même.
« Pourquoi des poètes en ces temps de détresse ? » disait Hölderlin. Il me semble que la question ne se pose même pas. Les poètes, les écrivains, les artistes sont ce dont on a absolument besoin dans des temps de malheur, capable de toucher, de faire passer des messages mais aussi de montrer qu’il reste un peu de beauté et d’humanité quand on en voit plus.
« Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté… » (P .Eluard)
La Poésie, c’est la beauté, la révolte et l’engagement. Lorsque je pense à la poésie, je la vois surtout comme un lien, un lien entre les hommes, avec le poète.
Un poème est toujours adressé. Il y a une certaine oralité qui nous pousse à toujours lui conférer une musicalité et une intention quand on le lit à voix haute. On se rend compte qu’il est fait pour être dit. Sa brièveté nous pousse à l’apprendre, le réciter, le garder en permanence avec nous, il devient un objet que l’on porte et transmet. Il est issu du plus intime et, est destiné à tous, à qui le trouve, le lit et le fait sien. Celan disait qu’un poème était comme une bouteille à la mer. Il est destiné à un « Tu », un « Tu » inconnu, multiple. Maulpoix, quant à lui, dit qu’il « porte sur lui l’espérance d’être lu ». Les poètes n’écrivent pas pour eux, on en a l’exemple avec le poème « Au lecteur » de Baudelaire qui « ouvre » Les fleurs du mal. Il le dit lui-même : « Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère! ». Un poète n’existe pas sans son lecteur, il s’adresse à celui d’aujourd’hui et de demain, il s’adresse au futur. Ils nous permettent d’inscrire le passé dans l’avenir. « Homme de l’avenir souvenez-vous de moi » disait Apollinaire. Un poème est donc véritablement un lien entre passé, présent et futur, entre auteurs et lecteurs, mais pas seulement, il est également un lien entre les hommes en général.
En effet, la poésie nous lie tous, entre nous lecteurs, car elle nous permet comme l’Art en général, de conserver notre statut d’Homme. Nous sommes des Hommes car nous pensons, nous éprouvons, nous lisons, nous apprenons, nous observons ! Dans un contexte de culture de masse comme aujourd’hui, la poésie semble devenir un genre mineur car à contre courant du règne de la marchandise et de la consommation. Lorsque l’on perd toute humanité, que l’on se retrouve un parmi tous, que l’on est totalement déshumanisé, écrire de la poésie ou en lire nous fait exister d’une façon différente de celle que la société souhaiterai. Un exemple, peut-être le plus révélateur, Dans « L’écriture ou la vie », Jorge Semprun raconte qu’il récitait des poèmes de Baudelaire à son ami Maurice Halbwachs qui était alors au bord de la mort : « Je venais de lui réciter le poème de Baudelaire, comme on récite la prière des agonisants. Il n’avait plus la force de parler Halbwachs. Il s’était avancé dans la mort encore plus loin que ce Juif inconnu sur lequel je me penchais maintenant. Il était au-delà, sans doute, dans l’éternité pestilentielle de son corps en décomposition. ».
Elle nous offre de la beauté, des sensations, du plaisir, elle peut être un moyen de révolte quand l’Art se révèle le meilleur moyen de dénoncer les atrocités, elle nous fait réfléchir sur notre condition, elle nous fait exister en tant qu’Homme. Alors à quoi bon la poésie, à quoi bon des poètes ? « Jusqu’à quand les êtres humains honoreront-ils les morts/ Et oublieront-ils les vivants, qui passent leurs vies/ Dans la misère, et qui se consument/ Comme des chandelles qui brûlent afin d’illuminer la voie/ Pour les ignorants et les conduire sur le chemin de la lumière ? Poète, tu es la vie de cette vie, et tu as/ Triomphé des générations malgré leur sévérité. Poète, regarde bien ta couronne d’épines : tu y/ Trouveras dissimulée une guirlande de lauriers qui bourgeonne.” (Khalil Gibran, « Le sable et l’écume et autres poèmes »). Si la poésie est nécessaire, elle l’est de plus en plus. Plus on avance, plus l’homme est individualiste et plus on en a besoin. La poésie comme pain quotidien, l’art comme pain quotidien !!
Publié le 13/06/2009 à 17:37 par lireenpremiere
L'écrivain a écrit une lettre pour remercier les lycéens qui l'ont élu au prix Segalen des lycéens d'Asie:
http://www.lfkl.edu.my/web/images/documents/pdf/2008-2009/cdi/lettre-yasmina-khadra.pdf
Publié le 13/06/2009 à 17:04 par lireenpremiere
A la suite d'un mail de Phong:
Voici quelques questions:
En quoi ce passage qui figure encore dans l'incipit permet-il de construire le personnage de Renée?
Quelle image du personnage de Renée se fait-il d'après ce passage?
En quoi cette rêverie montre-t-elle que Renée est un personnage très sensuel qui est en manque?
Quel rôle joue l'atmosphère du bois de Boulogne dans l'état de rêverie de Renée?
A quoi Renée est-elle sensible lors de cette sortie au Bois de Boulogne?
Quelle est le point de vue dominant dans ce passage et que révèle-t-il?TRois autres questions: en quoi la rêverie de Renée informe-t-elle le lecteur sur la personnalité de la jeune femme?
En quoi la rêverie de Renée a-t-elle encore sa place dans l'incipit de la Curée?
On a parlé à propos de ce texte d'une écriture du désir. en quoi la rêverie de Renée peut-elle être dite érotique?
En quoi peut-on parler dans ce texte d'une description subjective du Bois de Boulogne?
Publié le 13/06/2009 à 16:01 par lireenpremiere
L’Amant
L’Amant est le titre d’un roman autobiographique de Marguerite Duras publié en 1984. L’autobiographie est un récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier l’histoire de sa personnalité. Cet extrait situé au début du roman est un texte où la narratrice parle d’elle-même à la troisième personne, ce qui est peu commun donc pour une autobiographie. L’auteur évoque dans ce roman, sa jeunesse passé en Indochine et sa rencontre sur le bac, qui lui fait traverser le Mékong, avec l’amant chinois qu’il la séduisit alors qu’elle avait quinze ans et demi. La description du fleuve y occupe une place forte importante. L’eau semble être un élément privilégié dans les œuvres de Duras.
I- Une personnification du fleuve
- La métaphore : « le fleuve coule sourdement, il ne fait aucun bruit, le sang dans le corps. Rapprochement à faire avec le fait qu’elle traverse un bras du Mékong.
- Verbes d’action désignant les effets du fleuve : « Il a ramassé » « Il emmène ».
- Le fleuve est omniprésent = » 6 fois le mot fleuve dans le passage + un fort champ lexical : « les rives » « au dehors de l’eau » « jacinthes » « courant ». Il affecte les sens : la vue « le fleuve paraît rejoindre l’horizon », l’ouïe « il ne fait aucun bruit »
II- Un fleuve paradoxal
- Il est décrit au début du texte comme silencieux « sourdement » « aucun bruit » puis comme destructeur dans le deuxième paragraphe « Il emmène tout ce qui vient », présence du champ lexical de la mort : « oiseaux, chiens morts » « des hommes noyés » . En décrivant la force sourde mais terrible du fleuve, la narratrice nous montre un élément effrayant, investi de pouvoir destructeur.
- Paradoxe entre la surface et le courant intérieur du fleuve : « tout reste en suspens à la surface de la force du fleuve » « tempête profonde et vertigineuse du courant intérieur ».
- La personnification du fleuve, le courant étant comparé à la circulation sanguine, on peut penser que le fleuve représente les sentiments de la jeune fille. Le fleuve est alors une allégorie d’un sentiment : l’amour. (Cet extrait se situe juste avant sa rencontre avec son amant chinois). Allégorie de l’amour prochain ?
III- Une description subjective
« Dans le soleil brumeux du fleuve », on sent le point de vue de la « petite ».On le déduit notamment par la description de la position du personnage sur le pont Le fait qu’elle soit dans la lumière du fleuve nous indique déjà qu’elle doit ressentir des sensations en relation avec cette lumière, et son environnement. « Dans le soleil brumeux du fleuve », « le soleil de la chaleur ». Une description du soleil est faite à partir des sensations. La brume évoque le sens de la vision. Le soleil de la chaleur, évoque implicitement, que celui qui raconte a chaud. Ce n’est sûrement pas la narratrice, qui ressent les sensations : c’est le personnage. Il s’agit donc d’une focalisation interne. A partir de la ligne 3, c’est le point de vue du personnage. Cette idée est renforcée par la présence d’un modalisateur à la ligne 4 : « le fleuve paraît rejoindre l’horizon ». De la position où se situe celui qui raconte, le fleuve paraît rejoindre l’horizon. Ici, c’est la petite, dans la lumière du soleil, qui a l’impression que le fleuve rejoint l’horizon.
Le fait d’utiliser, la 3ème personne pour un texte autobiographique est très intéressant. Elle permet de créer une distance entre la Marguerite Duras, l’enfant, la petite, et la Marguerite Duras au moment de l’écriture de son roman, de créer deux points de vue dans le texte. Il y a une alternance de ces points de vue, au fil du texte qui permet une description externe de la narratrice et une description subjective avec la petite fille. La description subjective permet de construire la vision du monde de la petite fille, qui l’appréhende avec ses sens et son jugement, et de faire un parallèle avec celle de la narratrice, ces deux points de vue qui correspondent au même personnage mais à des époques différentes de sa vie. L’allégorie de l’amour peut elle être vue comme un signe prémonitoire de la part de la narratrice ?
IV- Univers poétique
Les deux points vues, permettent notamment, un regard esthétique proche de la poésie, des émotions en rapport avec la nature et au long du texte, on peut remarquer que un rythme est construit :
-A la ligne 1, présence d’un hiatus : «lumière limoneuse ».
-La narratrice utilise aussi à des moments des juxtapositions de phrases simples, de la parataxe :
L6 : « Le moteur du bac, le seul bruit de la scène, celui d’un vieux moteur déglingué » avec un rythme tertiaire qui amplifie la cadence mais aussi d’autre où la cadence ralentit :
L5 « Le fleuve coule sourdement, il ne fait aucun bruit, le sang dans le corps »
-Des phrases nominales : L6 : « Pas de vent au dehors de l’eau. » qui donne une impression de raccourci, d'accélération.
Le texte est aussi marqué par une richesse en figure de styles ; les champs lexicaux de la lumière :
L1 « lumière limoneuse » « colore » « soleil brumeux » ; de l’ouïe « bruit » « aboiements » ; du toucher « accoudée au bastingage ». Les sens sont présents dans le texte, et les émotions sont en concert avec la nature
(Allégorie de l’amour)Dans cet extrait, il y a une concentration des effets sonores qui donnent au texte une certaine fluidité.De plus, le jeu sur le signifié (métaphore, allégorie), les champs lexicaux en rapport, avec les sens, les émotions en concert avec la nature, en font une scène poétique. L6 « le seul bruit de la scène » De plus, le temps, au présent de l’indicatif, renforce cette idée d’univers poétique.
Le fait que Marguerite Duras ait choisi d’écrire cet extrait à la 3ème personne du singulier constitue un élément intéressant. On remarque une description subjective marquée par le point de vue de la narratrice qui exprime un désir de ne pas s’exposer, utilise l’autofiction et laisse place à un univers poétique, qu’elle construit avec le rythme particulier des phrases et les différentes sensations en accord avec la nature, avec comme élément principal, le fleuve du Mékong. Le sentiment du personnage ne se fait pas à travers l’énonciation classique de l’autobiographie, avec la première personne du singulier, mais avec les sensations du personnage, et le point de vue externe de la narratrice qui portent un regard plus esthétique, externe et prémonitoire, car elle a déjà vécu ces instants, notamment aussi grâce à la nature comme le fleuve qui jouent un rôle primordial dans cet extrait. Ce fleuve paradoxal, allégorique, personnifié, terrible et silencieux à la fois impose son présage, et avec le passeur amène la petite fille vers l’amour, terrible mais inévitable. Ici la description subjective du fleuve peut révéler l’inconscient de la petite.
Publié le 13/06/2009 à 15:56 par lireenpremiere
Jacques le Fataliste
Jacques le fataliste et son maître est un roman de Denis Diderot, dont l’écriture s’étend de 1765 à 1780 jusqu’à la mort de l’auteur. Ce roman complexe, déconcertant et déroutant par ses digressions, multiplie les rebondissements invraisemblables, tout comme les interruptions oiseuses d’un narrateur exaspérant et omniprésent, quitte à irriter son lecteur dont les attentes semblent sans cesse déçues, de sorte que Jacques le Fataliste est un véritable roman sur le roman et un réquisitoire contre le roman du XVIIIème. Dans cet extrait, il s’agit de la première séparation entre Jacques et son maître. Jacques doit revenir sur ses pas pour récupérer la bourse et la montre de son maitre, oubliées sur les lieux de la dernière halte. Cette séparation permet au narrateur (extra diégétique) de faire un portrait corrosif du maître, complètement à l’opposé de son valet. Alors que Jacques est actif, efficace et courageux, le maître lui est ennuyeux, passif et lâche.
I- Un maître ridicule et inutile
- Le narrateur commence par mettre en garde le lecteur : le maître est qualifié d’ennuyeux. Le narrateur ne le désigne pas par son prénom mais par un nom commun, et le qualifie même d’espèce. On pourra d’ailleurs souligner que le titre même de l’œuvre met Jacques dans la position de personnage principal et rejette dans l’anonymat un maître qui devrait avoir tout pouvoir sur lui.)
- Toute la description du maître peut se faire avec la proposition « sans ».Maître sans initiatives, sans intérêt. Le texte souligne de manière caustique (satirique et mordant) son manque d’intelligence : « peu d’idées dans la tête » modalisateur peu de qui insiste sur l’absence. Il parle sans trop savoir. Le maître donc ne maîtrise rien.
- Le maître est réduit à un était quasi végétatif. Utilisation de « simple fonction ». L’accumulation de verbes à l’imparfait souligne la répétition et l’inutilité. Tous ses gestes se font sans réflexion de manière mécanique : le narrateur le nomme d’ailleurs l’automate, terme péjoratif et méprisant ( beaucoup de verbes de mouvement qui souligne son automatisme ). Chaque action semble annoncer la précédente (descendait/ remontait ; marchait/ s’asseyait ; cherchait Jacques/ cherchait sa montre). Le maître est par ailleurs complètement dépendant de Jacques, il ne peut rien faire sans lui, il profère des menaces à l’attention d’un personnage absent.
II- La critique sociale
- A travers le portrait du maître, c’est tout la noblesse du 18ème siècle qui est critiquée. Le narrateur le souligne au début, le maître appartient à cette espèce là, qui ne sait que s’appuyer sur les autres.
- Pied d’égalité au début de l’extrait : choix fictif. Le maître impuissant devient un stéréotype de la comédie et de la farce. Le voilà réduit aux insultes et aux bastonnades. Diderot s’inspire de couples célèbres : Dom Juan et Sganarelle (référence implicite avec la tabatière), Dom Quichotte et Sancho Panca, Scapin et Géronte, .... Il inverse même la donne sociale, le maitre devenant le confident des amours du valet.
- La vie du maître s’appuie sur trois grandes ressources, la tabatière, la montre et Jacques = » réalité bien plate et monotone. Jacques est mis sur le même plan que les deux objets, ce qui souligne la vision du maître : Jacques n’a qu’une utilité, qui est de distraire son maître Valeur symbolique, la montre permet de mesurer le temps, se distraire avec Jacques ou la tabatière sont des manières de passer le temps. Ainsi le principal ennemi de la noblesse est l’ennui car il ne travaille pas.
III- Eloge du paradoxe
- Après avoir fait un portrait dévalorisant du maître, de son oisiveté, de son inutilité, il se compare à lui par la tabatière : « comme je fais moi lorsque je m’ennuie » C’est l’art de la pirouette de Diderot, l’autodérision.
- L’œuvre est placé sous le signe du paradoxe : fatalisme devrait pousser Jacques à l’inactivité mais c’est lui qui prend des initiatives. Le maître qui se dit libre penseur et croit à son libre arbitre est un automate.
- Plutôt un texte narratif que descriptif (peu d’adjectif). Un peu argumentatif avec des questions rhétoriques au lecteur.
Diderot, tout en nous amusant, cherche à nous instruire, à tenir notre esprit en éveil. En quoi ce texte présente une satire de l’aristocratie, de l’ordre social ? En quoi ce texte est typique des Lumières ? En quoi ce texte peut être considéré comme moderne ?
Remarque :
-Pas de cadre spatio-temporel précis
-Narrateur omniscient très présent
- Autre aspect de la tabatière qui permet de mesurer le temps : le narrateur se présente comme du côté des calculs, de la géométrie, un rationaliste.
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Publié le 13/06/2009 à 15:54 par lireenpremiere
La Princesse de Clèves
La Princesse de Clèves est un roman publié par Madame de la Fayette en 1678. Cette œuvre est considérée comme un des premiers romans d’analyse de la littérature française. En effet dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, on voit apparaître un nouveau type de roman qui s’oppose radicalement à l’esthétique dur roman baroque. Il s’agit de « petits romans » très courts (par opposition aux milliers de pages du roman baroque) et d’un style résolument réaliste. Le roman de La Fayette s’ouvre sur un tableau de la cour de France. Sur cette brillante toile de fond, se détache les portraits des grands du Royaume, tous plus remarquables les uns que les autres. C’est dans ce cortège d’êtres d’exception, que paraît tout à coup l’héroïne, Mlle de Chartres, future princesse de Clèves, encore plus extraordinaire. Cependant si ce portrait est comme les autres placé sous le signe de l’excellence, il s’en distingue par un point : la place essentielle faite à l’éducation qu’a reçue la jeune fille etq ui est originale.
I- Mlle de Chartres, l’incarnation d’un idéal de perfection
- Surprise à son arrivée : rupture des temps avec la tournure : « il parut alors » avec l’utilisation du passé composé qui s’oppose à l’imparfait utilisé dans les descriptions précédentes.
- Utilisation de l’hyperbole « beauté parfaite » ainsi que des superlatifs flatteurs qui renforce l’idée de sa perfection = perfection physique.
- Elle provoque de l’admiration dans l’élite de la société de l’époque, la cour.
- Perfection physique mais aussi morale : mérite (ensemble des qualités intellectuelles ou morales), vertus, grâce (se mouvoir de façon plaisante)
II- Une personne sous les regards d’autrui
- Plusieurs points de vue pour faire le portrait de Mlle de Chartres : le narrateur, celui de la cour et celui de la mère qui par l’éducation projette sa vision (elle n’existe que par le nom de sa mère.)
- Point de vue interne, point de vue omniscient du narrateur.
- Portrait de la jeune femme qui se fait par le regard des autres = portrait ambigu. Faut-il parler d'un portrait physique quand les seuls éléments auxquels on peut s’accrocher sont la blancheur de son teint et ses cheveux blonds ? Madame de la Fayette se plaît à accumuler les termes abstraits pour la description du portrait de son héroïne. Elle préfère suggérer ce qui émane de la jeune fille : « l’éclat », « la grâce », « les charmes ». Ces concepts malaisés à définir crée un halo de connotations qui font rêver le lecteur. = l’art de la litote chère aux écrivains classiques.
- Utilisation répétitive du verbe voir, ainsi que des verbes liés à la vision.
III- Un personnage sous influence
- La mère est une veuve ce qui lui confère une certaine autonomie, elle se consacre entièrement à l’éducation de sa fille, le portrait morale et intellectuelle de cette dernière n’existant que par sa mère.
- Importance de l’imparfait : répétition, durée des actions : « elle lui montrait » imprégnation de la jeune fille.
- Education à contre courant = antithèse comme « opinion opposée » « agréable/ dangereux »
- Mme de Chartres veut persuader, convaincre, et non contraindre : elle s’adresse à l’intelligence et a la raison de sa fille. Culte de la vérité et de la franchise.
- Antithèse entre l’amour et la vertu.
- En lui montrant une éducation opposée, on peut voir une critique de la société où la jeune fille va pénétrer. Elle cherche peut être plus à la distinguer qu’à l’adapter à la société.
Ainsi cet extrait ne présente pas seulement l’héroïne mais un autre personnage essentiel : sa mère Mme de Chartres. Mme de La Fayette a mis beaucoup d’elle-même dans ce personnage qui refuse l’amour passion, qui fait confiance à la raison et à la volonté dans la conduite de la vie morale, qui croit à la vertu et ne cherche pas alors les secours de la religion. La fin du roman, consacre la victoire à Mme Chartres : la princesse de Clèves a parfaitement intériorisé sa leçon et reste fidèle à son mari malgré l’amour qu’elle porte au duc de Nemours.
En quoi peut on dire que dans ce texte, Mlle de Chartes n’existe qu’à travers les regards d’autrui ?
Publié le 13/06/2009 à 15:51 par lireenpremiere
Zone
Le poème « Zone » a été écrit par Apollinaire 1911. Le poème au départ devait s’appeler cri, désignant le cri du cœur, le jaillissement émotionnel. C’est le premier poème, liminaire, de son recueil mais dernier au plan chronologique. Guillaume Apollinaire accorde donc une grande importance à ce poème, présage d’une nouvelle écriture, sous le signe de la modernité et d’une esthétique nouvelle, tel un art poétique. Le mot « Zone » en lui-même désigne les quartiers périphériques de Paris, les habitations précaires en dehors des fortifications. Mais Zone, du grec Zonê, signifie ceinture, en latin un cercle sur une pierre précieuse protectrice.
I- Le rejet des valeurs passées
a) Un état de fermentation
- Le poème commence par un vers qui est une véritable provocation. En effet, il discrédite le monde ancien et même temps compose le vers de la façon la plus traditionnelle : c’est un alexandrin avec diérèse + assonance en [E] et allitération en [s] : « A / la/ fin/ tu/ es/ las// de/ce/ monde/ an/ci/en ». Utiliser « A la fin » au début du recueil, crée un effet de surprise, qui renforce l’idée d’un monde nouveau (+ matin qui évoque le renouveau du jour). Paradoxe entre les sonorités, la forme et le contenu, le sens. Ce paradoxe se justifie dans la mesure où il marque un désir qui n’est pas encore réalisé (la volonté de voir apparaître un monde nouveau qui n’existe pas encore) = » Désir de voir changer le monde à mettre en relation avec le titre Alcools qui évoque la fermentation, la transformation en autre chose (thème du phœnix).
- « Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine » = le poème est une remise en cause des valeurs passées à une époque où le « néoclassicisme » est encore en vogue.
- Dans le premier vers, Apollinaire utilise « tu es las de ce monde ancien », formulation classique, alors que dans le troisième, il utilise « tu en as assez » formulation plus moderne. « antiquité grecque et romaine » Apollinaire a souvent reproché à l’art de son époque de n’être qu’une imitation, où l’on préfère les modèles anciens plutôt que d’innover. Il accuse même les automobiles d’être ancienne (les premières voitures ressemblent à des calèches). Ou que pour le poète, le renouvellement se fait dans ce qui n’existe pas encore.
b) Le poids des souvenirs
- Si cette modernité à laquelle le poète aspire ne peut encore se réaliser, c’est peut être parce qu’elle est gênée par le poids des souvenirs. En effet, dans les vers 9 et 10, le poète fait part de ses remords, le poète fait allusion à un passé trop lourd, qu’il n’arrive pas à oublier. Les deux vers renvoient à l’idée de péché « honte » « église » « retient ».
- On note le champ lexical du regard, personnification des fenêtres ou même métonymie (Référence aux fenêtres du Spleen de Paris). On remarque que dans certains vers, il parle de lui à la seconde personne (l 1-3-9-10) alors qu’au vers 15, le « je » réapparais. Il semble qu’il réapparaisse lorsque le poète n’essaie plus de parler de ses sentiments mais se contente d’observer le monde.
II- Un appel à la modernité
a) Dans la forme
- pas de forme fixe, ni de structure strophique : 3 vers isolés + 1 tercet + strophe de 8 vers+ strophe de 10 vers.
- Absence de ponctuation : ôte au poème, une certaine logique formelle, force le lecteur à trouver son propre rythme et donc lui donne un plus grand rôle à jouer dans la lecture du poème. L’absence de ponctuation favorise aussi le libre jeu des associations.
- Les vers : Vers libres : longueurs variées : la longueur inhabituelle de certains vers rapproche la poésie de la prose + liberté de rimes : le plus souvent associations en distiques, rimes pauvres, suffisantes = » impression de liberté et de modernité formelle. Sa présentation formelle tout d’abord, affiche la modernité du vers libre. Les vers sont répartis en vers d’inégale longueur, ménageant des blancs, zones de silences, ou détachant certaines phrases. L’irrégularité du mètre comme des rimes donne à beaucoup de vers le rythme d’une prose poétique. Certes on repère ça et là des séries de distiques en alexandrins réguliers, mais le plus souvent c’est pour exploiter le contraste entre des segments court et des allongements du vers ou bien jouer sur l’ambiguïté métrique. Ainsi le premier vers peut se lire comme un alexandrin si l’on fait la diérèse sur l’adjectif « ancien ».
b) Une religion toujours jeune
- La religion a un statut paradoxal dans ce poème. Elle est à la fois signe du passé comme nous l’avons vu mais elle est aussi ce qu’il y a de plus moderne, la religion est jeune car elle appartient au domaine de l’enfance du poète.
- Vers 5 : la religion est immuable= vers symétrique avec l’encadrement du mot religion + sonorité neuve / seule+ pivot central du vers « est restée ». (immuablement neuve) La référence au Pape Pie X surprend car il est un des papes les plus conservateurs de l’histoire.
- Au V6, comparaison de la religion avec les hangars de Port-Aviation= architecture simple / bâtiments de la ville qui sont antiques.
- elle est aussi l’objet d’une nostalgie du poète : il a honte d’entrer dans uen église : tentation de la foi de l’enafnce, de la religion comme refuge face à une crise existentielle personnelle.
c) Un hommage à la ville moderne
- Par son titre, « Zone » évoque un contexte urbain. En général, le terme possède une connotation négative mais ici il est positif avec l’évocation de la jolie rue. Cette rue se situe dans les nouveaux quartiers industriels (l’avenue de Ternes est à l’ouest de Paris)
- Métaphore la tour Eiffel, tour controversé pour son esthétique douteuse, objet industriel, gloire de l’acier moderne, comparé à une bergère, la ville à la campagne. Métonymie avec les ponts car ce sont les voitures qui klaxonnent et non les ponts. Célébration lyrique de la tour Eiffel comme une muse nouvelle.Humour de l’image
- Enfin la ville devient moderne avec son activité industrielle : son charme est dans le va et viens régulier d’une population active = énumération des heures et des jours exacts de passage avec une régularité des vers.
- Modernité des lieux, modernité des objets.
- Nouveaux supports textuels : Apollinaire transfigure ces nouveaux supports du langage quotidien en supports d’un nouveau langage poétique, célébration de la variété de cette littérature nouvelle, avec une redondance « mille titres divers ».
- Modernité du langage : intègre le poème des termes n’appartenant pas à des registres soutenus, peu usuels en prosaïques (25 centimes, l’argent qui est considéré comme extrêmement prosaïque). = » Poème sous le signe de la nouveauté.
III- Des éléments de continuité avec une certaine tradition lyrique
a) Les thèmes
- Celui de la religion, préoccupations d’ordre spirituel qui s’inscrivent dans une éternité
- L’image de la sirène qui gémit qui se rattache aux légendes antiques.
b) Le lyrisme :
- Présent dans le texte mais détourné. Le « tu » met à distance le « moi » du poète. Le « tu » est ambigu : le poète s’adresse à lui-même et au christianisme.
- L’expression des sentiments est discrète, présente dans le besoin de confession, épanchement intime détourné sur le mode ironique.
c) l’écriture
- Rimes
- Alexandrins
- Utilisation classique de l’harmonie des sonorités
IV- La transfiguration poétique de la réalité quotidienne
- Les images de transformation de l’inanimé en animé (comparaison animale = ville doté de sentiments)
- Les associations de termes (automobiles/ anciennes)
- Un nouveau regard sur le monde : la réalité devient un lieu insolite, nouveau, qui prend une dimension magique, féérique. La poésie est partout.
Le poète fait part dans ce premier poème de ses désillusions. L’art est vieux, la vie errante est difficile à supporter, l’amour est décevant, et l’enfance perdue à jamais. C’est pourquoi le poète cherche un renouvellement, une transformation, un alcool qui provoquera une ivresse nouvelle et redonnera l’émerveillement de la vie. C’est à la poésie d’explorer ces nouveautés. Le recueil Alcools apparaît comme l’objet de cette quête.
L’écriture renouvelée aussi est fondée sur une association de burlesque, de saugrenu, les images mêlant impressions auditives et visuelles. Apollinaire était lié au mouvement pictural cubiste et comme celui-ci cherchait à montrer la réalité sous plusieurs aspects.