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Sujet d'invention et infos diverses

Posté le 07.10.2007 par lireenpremiere
N'oubliez pas de corriger vos transpositions de point de vue sur Vautrin avant que je mette une suggestion en ligne. Le travial de correction est à vivre dans le prolongement du texte de Thao sur le blog: posez-vous des questions d'écrivain .
Comment le lecteur pourra-t-il avec mon texte à la fois construire Vautrin et le personnage nouveau de l'étudiant à la source de la focalisation? Cela rejoint l'improvisation théâtrale en ce qui concerne l'imagination et les commentaires de texte en ce qui concerne la mise en oeuvre technique de vos décisions: discours à la première personne, lettre, discours narrativisé un peu, discours indirect libre après embrayeurs de vision ou de pensées, maîtrise de la langue française: concordance des temps , par exemple, lutte contre les anachronismes...
Ecrire demande de la patience, cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage. Ne rendez rien dont vous -mêmes n'êtes pas satisfaits.

Je suis entrain de lire vos constructions de personnages de Modiano, parfois c'est un peu superficiel et là aussi pas très bien rédigé, mais il y a aussi beaucoup de points très positifs dans le travail, nous verrons mardi. Surfer sur le dictionnaire Modiano , c'est une mine d'éclaircissements sur son projet d'écriture, sa "nécessité".
UN nouveau roman est d'ailleurs sorti ce mois: Dans le café de la jeunesse perdue. Vous pouvez trouver des articles dans le Monde et dans Libération. Le titre est bien dans le rpolongement de l'oeuvre toute entière.



--

La construction du personnage

Posté le 05.10.2007 par Binh
"De si braves garçcons" Modiano
Voici ma construction du personnage. Je trouve que c'est très dur de construire ce personnage parce que son intervention n'est pas souvent très nette dans l'histoire mais sa personnalité est intéressante à étudier puisqu'il existe non seulement un narrateur. J'ai aimé le livre aussi

Nom du personnage : Le personnage principal ici s’appelle Patrick - qui est peut-être Patrick Modiano lui-même. Cette idée est consolidée par 2 passages : « j’attendais avec mes deux petites filles devant l’entrée du cinéma .. »(p30) et « le magazine datait du mois et de l’année de notre naissance à tous les deux : jullet dix-neuf cent quarante-cinq »(p42) => ils ont tous un lien avec la biographie de l’auteur. Patrick est une adaptation anglaise du prénom ancien Patricius, élégant et chevaleresque le côté romantique des années 1950. C'est quelqu'un de généreux, de drôle, de bon vivant, avec un grand coeur et une incroyable faculté à voir ce qui est juste. Un homme qui a de vraies valeurs et qui n'a pas froid aux yeux lorsqu'il s'agit de défendre les plus faibles. Il n’y a sans doute aucune relation entre son étymologie et sa quête tout le long du livre.

Description physique : Aucun élément dans le texte désigne le côté physique du personnage. De plus, il ne parle pas beaucoup et l’histoire n’a pas une structure nette et précise de la vie de Patrick, c’est juste une combinaison désordonnée entre ses mémoires de son enfance (collège ) et le présent (adulte). Tout ce que l’on peut suggérer c’est qu’il a un corps assez ferme et sprotif, puisqu’il aime la natation au collège, et qu’il a un ton grave et profond car il ne prend pas souvent la parole.

Personnalité : Il s’agit ici d’un narrateur « principal » parce que tout au long du livre, on peut voir deux grands passages où il parle à un camarade et c’est celui-ci qui va ensuite prendre la plume (page 19à29 et 172à184) On découvre ensuite dans l’histoire ce 2è narrateur qui s’appelle Edmond Claude, un camarade de classe. La personnalité de Patrick peut être divisée en deux parties, une sur son enfance et l’autre sur son adulte.
Le Patrick « collégien » semble être un élève dissipé comme tous les autres collégiens de la pension Valvert. On trouve sa tentation de fugue et la convocation du directeur à la page 13 et 14. De plus, il fallait attendre très tard que le collège fût endormi pour que son groupe de « braves garçons » fumassent, il donna aussi des surnoms aux professeurs comme « le Mort » « Pedro » et « Kovo ». On peut sentir aussi la curiosité de Patrick des histoires de ses camarades, comme dans le chapitre III, on voit partout le mot « trafic d’influences ». En fait c’est écrit par son ami Michel Karvé sur sa rubrique « professsion des parents ». Il ya avait ensuite une quête sur ces parents. Et on voit à la page 41 un manque de caractère résolu chez les adolescents « elle me tendit le bras. J’aurais dû le baiser la main, mais je la lui serreai »
Le Patrick « adulte » est par contre un homme qui est calme, poli et soupçonneux. Il pose à lui-même beaucoup de questions (ici c’est la narrateur ) et on a l’impression parfois qu’il les pose à quelqu’un qui est sur une chaise, juste à côté de sa table. On peut deviner que c’est en fait son « co-narrateur » et ancien condisciple Edmond Claude. Il y a ici 1 double personnalité (double narrateur). Edmond Claude est alors un homme qui a un complexe d’inferiorité, ça se voit à la page 29 « ma photo était voisine de Sylvestre-Bel, mais petite, si petite... » (Edmond et Sylvestre-Bel sont tous des comédiens), il est aussi passif (même page) : « Nous n’avions pas de parapluie et nous restions côte à côte sans rien dire... ». Contrairement à ce silence, Patrick ne l’adore pas du tout « Je cherchais une phrase pour rompre le silence » (p91) et « Il y eut un instant de silence. J’aurais voulu moi aussi intervenir. Je cherchais des mots pour lui dire... » (p110). Il en existe aussi un détail très intéressant chez Patrick, il a un certain intérêt « particulier » pour les amants de ses camarades : « Une mouche s’était posée sur le pantalon blanc d’Anne-Marie, un peu au-dessus du genou... » (p54) et « cette main, je la voyais caresser doucement les fesses de Gunilla Desoto » (p 97).
Parfois la focalisation interne dans le livre devient trop omniscient que l’on a l’impression que Patrick a encore un autre « co-narrateur » et c’est le côté insolite de l’histoire. Par example, l’histoire de Philippe Yotlande est creusée jusqu’aux ses pensées tandis que le narrateur n’était pas là. Or parfois au milieu du livre, Patrick dit des phrases comme : « Se souviendrait-il encore de Valvert ? Je n’avais pas besoin de lui parler. Je devinais ses états d’âme... » (p77) On peut en conclure que le Patrick « adulte » a aussi une vie intérieure parce que ce type de phrase continue à se répeter après.
« Ce fut après son service militaire qu’il semblait , de manière imperceptible, qu’il avait vieilli » (p83).

Evolution : L’évolution du personnage principal dans ce livre est très floue car on ne voit pas l’odre chronologique et en plus c’est un mélange entre la mémoire, les discussions avec le 2e narrateur, l’âge adulte... A chaque début d’un chapitre, on revient au « Château », le surnom du collège Valvert, à la jeunesse de Patrick, et au milieu d’un chapitre c’est la rencontre entre des ex-condisciples (Patrick et un camarade). Mais en effet, il existe une autre évolution : à la première page, les premiers mots du livres sont : « Un si brave garçon », et les deniers mots du livre sont « ...de si braves garçons. ». S’apparaît donc la quête du personnage principal.

Relations avec d’autres personnages :
• « Pedro » Jeanschmidt : c’était le directeur du collège Valvert. Patrick ne semblait pas avoir peur de « Pedro ». Mais celui-ci avait une certaine préoccupation de Patrick. « Pourquoi vous vous êtes enfui cet après-midi ? Vous êtes malheureux ici ? [...]Je passe l’éponge[...] Si vous avez envie de parler, venez me voir. Je ne veux pas que vous soyez malheureux » (p13-14)
• Edmond Claude : il est à la fois personnage raconté par Patrick et narrateur. Ces deux là doivent probablement toujours avoir une bonne relation jusqu’à présent puisque lui aussi participe à la narration. Il y a une ressemblance dans leurs écritures. Edmond: « J’ouvris. Lafaure » (p20) et Patrick : « Je me retournai. Le docteur Réoyon. » (p96).
• Lafaure : son professeur de chimie, c’est lui qui a cherché Edmond après des années de son propre gré. Ce qui s’oppose à la recherche d’identité de Patrick. C’est lui qui a donnée une information importante : Valvert est ensuite vendu à une société immobilière qui détruit tous les bâtiments.
• Michel Karvé : un de ses meilleurs condisciples. Les deux ont les mêmes mois et année de naissance. C’est avec Patrick que Michel a réussi à s’échapper de sa faimille de « trafic d’influences » et devient un « brave garçcon ».
• Bob McFowles : ils ont habité un an dans la même chambre et noué une grande amitié. Patrick a même assisté à sa lune de miel.

La quête : La quête ici est tout à fait la même dans « Dimanche d’août ». Une recherche de l’identité, les évènements dans le passé, les flashbacks. Mais elle ne ressemble pas à une enquête policière. C’est une mélange entre la nostalgie, l’amitié, la solitude (tristesse) l’emprisonnement... Les souvenirs intenses du collège de Valvert errent toujours dans Patrick. « Des buissons, me parvenait, par bouffées, un parfum de troènes aussi fort que celui du labyrinthe de Valvert » (p99)

Dimension symbolique:Ça renvoie en fait à l'Occupation allemande parce qu'on trouve des personnages qui sont des collaborateur et leurs enfants. Patrick Modiano les répète dans plusieurs récits: Louis Pagnon(Eddy Pagnon) Christian Winegrain ,« le fils du Comptoir d’Escompte ». La peine de prison avec sursis pour les parents de Michel Karvé donne aussi un renseignement

Construction de personnage - Dimanche d'Aout [2]

Posté le 04.10.2007 par Ngoc Anh
Bonsoir tout le monde, voici enfin mon travail sur la construction du personnage dans l'univers de Modiano. C'est peut etre pas encore complet et il manque sans doute des info mais bon a vrai dire jsui assez fatigué avec jsai pas combien d'heure de suite que jai passé devant l'ordi. :p
Construction de personnage
Dimanche d’Août [Modiano]

I / Nom du Personnage :
Le personnage principal de l’histoire, et le narrateur en même temps, s’appelle Jean. C’est le seul renseignement dévoilé sur ce sujet. Son nom de famille n’est pas du tout mentioné à travers le roman. Le lecteur pourrait comprendre cette omission de plusieurs manières : une première hypothèse serait que Jean, comme Modiano, n’aurait pas eu la plus belle des enfances, et voulait, au point même d’omettre son nom de famille, l’une des dernières choses qui pourrait lui relier à ses parents et donc à son passé. Dans les premières pages du roman, le narrateur parlait à Villecourt au sujet de leurs passés :
« -Vous n’êtes plus jamais dans le Val-de-Marne ? demandai-je.
-Non c’est fini.
Il y eut un instant de gêne entre nous.
Et vous ? me demanda-t-il. Vous êtes revenu là-bas ?
-Jamais. »
A traver ce passage nous pouvons deviner un passé et peut être une enfance oubliable pour Jean. Ce qui est encore renforcé par un passage qui suit le dernier :
« -Je ne voudrais pour rien au monde revenir dans cet endroit, lui dis-je. »
Nous pourrions aussi penser que le narrateur aurait changé son nom après avoir commis un crime ou un acte condamné par la loi. En tout les cas cette omission du nom de famille fait parti de la stratégie d’écriture de Modiano, et il voulait sans doute épaissir la brume qui entoure ce personnage.
Le fait que l’auteur ait choisit de nommer son narrateur et personnage principal Jean rajoute aussi une couche de mystère au roman et au personnage lui-même. En effet le prénom en lui-même est très commun et répandu dans la société française. Ceci pourrait nous donner l’impression que le personnage utilise un faux nom et a choisi un nom aussi inoriginal pour mieux pouvoir se meler dans la foule sans se faire remarquer.
La manière dont le lecteur apprend le prénom n’est pas, elle non plus, très anodine. Le prénom a été utilisé pour la première et aussi l’unique fois vers le milieu du roman. Villecourt avait remarqué Jean et Sylvia et voulait les rattraper. Le fait que Villecourt soit le seul personnage à prononcer ce nom et qu’il le fait pendant une « mini-course-poursuite » pourrait indiquer que Villecourt n’a utilisé ce nom à dernier recours.
Dans un passage vers la fin du récit, lorsque le narrateur déjeune chez les Villecourts, « -Frédéric Villecourt…enchanté…je suis le mari de Sylvia.
Sylvia avait ouvert la bouche pour me présenter. Je ne lui ai pas laissé le temps de prononcer mon nom et j’ai simplement :
-Enchanté moi aussi… »
On voit ici l’intention ferme de Jean de cacher son nom, peut être qu’il s’est présenté à Sylvia sous un autre nom, ou il ne voulait simplement pas dévoiler son nom aux inconnus.
Modiano a attendu un moment relativement long avant d’introduire le prénom de son personnage principal pourrait signifiait que l’auteur voulait que le lecteur apprenne à connaître son personnage avant d’en savoir le nom.
Ce qui nous emmène a penser que le nom dans les romans de Modiano n’occupe pas une place importante.

II/ Description physique :
Dans ce roman, la description physique de Jean ne se fait pas de façon vraiment explicite. En effet le seul détail que le lecteur pourrait être certain vis-à-vis le physique de Jean est qu’il est un personnage de grande taille. Lors d’un passage au début du livre, Villecourt voulait offrir à Jean un manteau et Jean l’acceptait à contre-cœur. Le manteau était de grande taille, et Villecourt dit, à propos de ce manteau :
« …Et l’avantage avec moi, c’est que j’ai beaucoup de grandes tailles… »
Mais Jean semble être encore plus grand encore, dans un passage qui suit il voulait se « débarrasser de ce manteau qui me serrait aux épaules et m’empêchait à respirer . »
On pourrait s’imaginer un Jean plus grand que la taille moyenne d’une personne de son époque. Le fait ce manteau lui rend inconfortable nous dit aussi qu’il est assez large et a des épaules carrés. Tant dis que l’auteur laisse échapper certains indices sur le corps, le visage, quant à lui, demande plus d’effort d’imagination et d’interpretation.
Avec une vie plein d’angoisse et de peur, mais aussi du fait qu’il ne sache plus quoi faire de sa vie et de son histoire amoureuse intérompue avec Sylvia, on pourrait imaginer un visage prématurément ridé, que la vieillesse aurait pris le dessus sur lui bien avant qu’il ne le devait.
On pourrait donc dire qu’à contrario avec les descriptions des auteurs des siècles précédents comme V.Hugo, H.Balzac, ou elles sont précises et ou le lecteur pourrait facilement s’imaginer les personnage, la description physique chez Modiano est comme une face demi-voilée qui laisse donc le lecteur libre à s’imaginer ce qui reste dans la voile. Ce qui renforce encore ce flou qui entoure les personnages.

III/ Personnalité :
Au début du livre, lors de la conversation avec Villecourt, les actions de Jean nous dévoile une facette de sa personnalité. En effet, il se décrit comme un « homme réservé », mais peut-être aussi assez impulsif vu qu’il fait un doigt d’honneur à Villecourt lorsqu’ils se quittent. En mettant cet action dans son contexte, c’est-à-dire juste après la conversation des deux hommes ou le sujet principal était Sylvia. Il était sans doute devenu assez défensif ; il voulait affirmer que Sylvia l’aimait de tout son cœur alors que l’autre passait son temps à le contredire, que c’était lui qu’elle aimait. Ceci peut aussi être un signe de jalousie.
A travers le roman, on peut voir un Jean qui a tellement vécu en quelques années qu’il n’arrive plus à distinguer la réalité de l’imagination et de l’iréel. Dans certains passages le doute lui envahissait :
« Je croyais rêver. Pourquoi Sylvia ne m’aurait-elle pas dit la vérité ? Je me souvenais même qu’elle portait un alliance. »
De plus le fait que Sylvia possèdait la Croix du Sud lui donne une certaine angoisse. L’angoisse qu’elle va se faire voler, que la malédiction de ce diamant s’abat encore une fois sur son propriétaire.
« Ce n’étais pas prudent de porter ce bijou d’une façon ostentoire »
Cette angoisse lui hante à travers le roman, mais la présence de Sylvia semble lui réconforté. On pourrait voir que Jean aimait vraiment Sylvia, qu’il ne ferait rien qui risquerait de lui décevoir : « Je craignais qu’elle ne soit déçue ». Son amour se voit aussi avec sa description lors de leur première rencontre : « J’ai été frappé par sa beauté et par ses gestes nonchalants … ». Cette amour était aussi la seule chose de positif dans la vie du narrateur. En effet la premère fois qu’on peut voir de verbe sourire coincide avec l’apparition de Sylvia. Mais il semble aussi qu’il soit un peu inférieur par rapport à elle : « J’ai été très surpris de son ton catégorique. Elle me tirait par le bras, comme si elle voulait m’entraîner ».
Dans ce roman, Jean essaye de résoudre une « énigme » qui semble impossible pour lui d’y porter des éléments de réponses, mais qui possède aussi des solutions évidentes qu’il a du mal a cerner ou à y croire. « Quelle chose étrange de le voir là, assis au bord de la Marne, comme si, dès le début, le ver était dans le fruit ».



IV/ L’évolution du personnage :
Ce roman s’étale pendant environ sept ans. Mais la chronologie n’est pas respectée. En effet la fin de l’histoire marque le début d’une nouvelle vie pour Jean et Sylvia,c’est-à-dire sept ans auparavant, lorsqu’ils vennait de voler la Croix du Sud, une période ou l’angoisse n’existait pas encore et ils le disent eux même : « Jamais nous n’avons été aussi heureux qu’à ces moments là ». Alors que le début du roman se passe au présent, c'est-à-dire sept ans après la fin de l’histoire. Si nous suivions le roman, dans l’ordre de lecture, Jean était comme un corps sans âme, il a perdu sa raison de vivre en perdant Sylvia, mais en même temps il ne sait pas si il pourrait faire totalement confiance à cette femme.
Le récit continu avec le retrouvaille de Sylvia et Jean. Dans ce passage on remarque l’apparition pour la première du sourire sur le visage de Jean, et donc le bonheur de retrouver son âme sœur. Ils habitaient dans un hotel, et avaient des plans pour leur avenir et croyaient dure comme fer que leur future serait meilleur lorsqu’ils quitteront enfin Nice.
La rencontre des Neals va ensuite mené à l’enlèvement de Sylvia. Du début de leur rencontre, Jean avait une certaine méfiance, se mettait plutôt à distance des Neals mais Sylvia, elle, voulait aller dans le sens contraires que lui. Les Neals peuvent être considérés comme des mercenaires loués par Villecourt pour récupérer à la fois la Croix du Sud et Sylvia, celle qu’il affirme aimer plus que tout.
La dernière partie du roman est un retour en arrière qui explique comment Sylvia, Jean et Villecourt se sont rencontré. Le Jean de cette dernière partie est quelqu’un de joyeux et avait des projets de future, il croyait en ses talents de photographe, quelque chose qu’il a perdu dans les années qui suivent.
L’évolution de Jean nous montre que avec les chaînes d’évènements, la société et les hommes, peut faire perdre toutes les qualités d’un homme, peut lui faire perdre espoir jusqu’au point de ne plus savoir quoi faire avec sa vie.

V/ Relations avec les autres personnages :
Les relations qu’entretien Jean dans ce roman ne se compensent pas du tout ; c'est-à-dire que les bonnes relations, celles qui lui donnent le bonheur et le sourire sont vastement dépassé en nombre par les rencontres qui lui a marqué de la mauvaise façon.

La relation avec Sylvia Heuraeux, l’une des seules positives dans l’histoire, est une histoire d’amour presque impossible, vu que Sylvia était ,selon elle, mariée à Villecourt. Mais cette histoire s’est passée sans l’intervention du mari. Jean croyait vraiment en son amour à Sylvia, il était heureux et souriait en sa présence. Sylvia était devenue la seule personne au monde qui comptait pour Jean, elle était sa famille, bref tout ce qui était bien dans sa vie et il était simplement dévasté après son enlèvement. Il ne voulait pas croire non plus que Sylvia lui aurait caché la vérité et que son enlèvement n’était qu’un coup monté contre lui. On pourrait dire qu’il est toujours aveuglé par son amour intense pour Sylvia.

La relation avec Frédéric Villecourt, le principal antagonist de l’histoire. Jean et Sylvia l’ont donné le surnom de « Russe Collant ». Modiano nous explique ce surnom à travers un passage ou Villecourt essaye de rattraper le couple alors qu’il essaye eux de l’ignorer. Aussi, au début du livre lors de la conversation avec Jean, Villecourt insistait sur son amour pour Sylvia ce qui sème le doute dans la tête du narrateur. Il le considère comme quelqu’un avec une « brutalité » et de mauvaise nature. En sept ans lui aussi a changé : « il ne manifestait plus cette confiance en lui-même et cette grossièreté qui me le rendaient odieux. Au contraire il était empreint, maintenant d’une douceur résignée. »
Peut-être que la position de Jean vis-à-vis Villecourt à lui aussi changé en sept ans et qu’il se rend compte qu’ils sont tous les deux sur une même barque : celui de ceux qui ont perdu l’amour de leur vie.

La relation avec les Neals, le couple anglosaxons, qui en fait ont utilisé des faux noms pour se rapprocher de Sylvia et Jean pour récupéré la Croix du Sud peut être sous l’ordre de Villecourt. Ils ont tous fait pour essayer de construire une confiance mais malgrès tous Jean ne baisse pas ses gardes, surtout à cause de l’accent faussement américain de Virgil le mari, et faussement anglais de sa femme. Dans le passage qui précède l’enlèvement de Sylvia, on ressent une excitation de ce couple, surtout de Virgil. Jean était très méfiant mais Sylvia quant à elle ne montre aucun signe de méfiance. Jean découvre vers la fin que Virgil s’appelle en fait Paul Alessandri, et retrouve une photo de lui et Villecourt dans un café.

VI/ La quête :
La quête que mène Jean dans ce roman est à la fois la recherche l’identité de sois même avec le flous qui entoure son nom, sa description physique et sa personnalité. Mais aussi la recherche de l’identité d’autrui, avec l’histoire avec les Neals par exemple. La quête de l’amour est aussi très présente avec le couple de Sylvia et Jean. Il croyait avoir trouver l’amour de sa vie, tout allait bien mais tout à coup tout lui échappe de sa portée d’une façon difficilement explicable. Peut être Jean cherche aussi à comprendre comment quelqu’un pourrait passer d’un sentiment rempli par le bonheur total en un sentiment de vide et de désespoir en un lapse de temps si court.

VII/ Dimension symbolique :
Le flou qui entoure le personnage de Jean est très présent à travers ce récit, que ce soit à travers son nom, sa personnalité ou son évolution… Nous avons aussi vu que Jean cherchais des réponses à une énigme qui le hante même si les évènements sont passés il y a longtemps. Cette quête incessant et le manque de détail vis-à-vis Jean lui-même nous donne l’impression d’une quête intern de son propre identité.
Dans ce roman, pendant leur séjour à Nice, Sylvia et Jean étaient restés dans un hotel alors que les Neals leur auraient voulait leur passer un domicile « fixe ». Le séjour à Nice n’était pas censé durait longtemps d’après eux. Ils pensaient aller autre part peu de temps après. Ce sont en quelque sorte des vagabonds. Si l’hypothèse du faux nom peut être vérifiée, on pourrait assez clairement voir que le thème de la vie des Juifs ( car Modiano lui-même était juif) sous l’Ocupation allemande.

la construction de personnage 3

Posté le 03.10.2007 par lireenpremiere
La construction du personnage

« Voyage de noce »

-P.Modiano-

Nom Du Personnage

L’histoire est écrit au premier personnage. Le narrateur est donc aussi le personnage principal du livre. Le personnage s’appelle Jean (comme l’appelle les autres personnages).Comme dans la construction de « Dimanches d’août » que Huy a mené, « Etymologiquement, le prénom Jean vient de l’hébreu « Yohanân », qui signifie « Dieu a fait grâce » . . Dans la Bible, saint Jean le Baptiste est le baptiseur de Jésus, il a baptisé de nombreux convertis dans l’eau du fleuve Jourdain.»Cela peut-être en rapport avec sa quête tout au long du livre pour un lieu sacrée. Ici, ce lieu sacrée s’agit de l’amour de Rigaud et Ingrid et tous ces aventures.

Il faut aussi remarque que le nom de Jean n’est indiqué que par la parole des autres personnages. Ainsi il est question dans ce livre de trouver l’identité de Jean.


Description physique

Dans ce livre, le narrateur est interne. Jamais dans le livre, la description physique du personnage est présent. Ce qu’on peut déduire c’est qu’il est assez age, il peut en possède donc des rides sur son visage, soit par son age, soit par son expérience de vie

Personnalité

Le personnage de Jean est assez paradoxal. Par exemple, lorsque Ben Smidane arrive et annonce avec Jean que sa femme Annette veut lui voir, Jean ne répond juste qu’il n’en veut pas et qu’elle peut laisser 1 message téléphonique tandis que dans sa pensée, il attend tous les jours qu’Annette l’appelle. D’autre part, Jean est aussi un personnage « dur » et il suit ce qu’il veut faire jusqu'à la fin. Ce ci est le cas de la biographie d’Ingrid que Jean a décidée de faire 10 ans avant et donc il passe dans tous les lieux ou` Rigaud et Ingrid a vécu pour réécrire l’histoire. Il a en quelque sorte une besoin de vécu , d’existence pour écrire l’histoire du passé.

La quête

L’enquête du personnage est posée sur la vie d’Ingrid. Dans l’histoire les actions de Jean sont guidés par l’histoire d’Ingrid. Par exemple a 1 moment, lors de la rencontre d’Ingrid avec son amoureux, ils déménagent a 1 petit appartement sur le boulevard Soult, Jean a décidé de déménager la bas pour continuer son histoire et on retrouve encore des souvenirs d’Ingrid dans l’appartement.

Dimension symbolique

On retrouve ici la recherche de l’identité figure a` travers la composition de la biographie d’Ingrid ainsi que l’occupation de la France pendant la 2de guerre mondiale. Modiano a choisis Rigaud d’origine juif et leur fuite au villa au Cote d’Azur pour échapper des troupes militaires pour renforcer cette idée de la vie pendant le temps d’occupation. Les deux principaux thèmes de Modiano sont ainsi figurées ici .

pour mieux vous enseigner, adressez vous a`http://www.litt-and-co.org/au_temps/autemps_v.htm
j'espere que ce qui ont travaille' sur ce livre puisse completer/ameliorer ce travail ce que je n'ai pu pas faire
par Viet

propositon(s) de lecture

Posté le 02.10.2007 par francesco
j'ai termine hier la lecture de La Perle , et j'etais aussi allé voir l'adaptation cinématographique il y a deux semaines.... j'ai ete d'ailleurs assez étonné du nombre de personnes présentes.... que Thao en fait.... mais je suis tout de même prêt à échanger points de vues et réflexions avec ceux qui auront lu la nouvelle et/ou vu le film..... personnellement je trouve que certaines scènes sont mieux mises en valeur dans le film.... la découverte de la perle par exemple.... mais je n'en dis pas plus pour ceux qui aimeraient comparer d'eux mêmes...!
Je propose aussi aux amants de SF le recueil de nouvelles Le Robot qui rêvait d'Isaac Asimov, ou d'autres livres du même auteur.... que j'ai eu l'occasion de lire cet été. il écrit essentiellement sur les robots dans un monde futur.... je trouve cet auteur intéressant, et là aussi je suis dispo pour discuter!

Petite reflexion rapide

Posté le 02.10.2007 par Thao
J'ai trouve' ce petit article: (Dans un blog nomme' L'autofictif de Eric Chevillard)
http://l-autofictif.over-blog.com/article-12741194.html


Lundi 1 octobre 2007
11


Livres scolaires de la rentrée littéraire. Nous croulons sous ce cartable. Toutes les craies grincent. Eternel ennui de septembre.




Or il est en France de nombreux écrivains qui ne publient pas ou ne publient plus ou publient chez des éditeurs confidentiels parce que les conditions de production des livres, l’inanité de la critique journalistique, l’incuriosité et le grégarisme des lecteurs les condamnent à cette obscurité alors pourtant que leur vie entière s’éprouve par l’écriture, dans l’écriture, et qui, à force, évidemment, en conçoivent de l’affliction, de la colère, de l’amertume, tandis que tant de pénibles pignoufs justifiés par le succès de leur imposture connaissent la joie simple d’exister et le sentiment de l’harmonie en toutes choses.




Les violons sont tenus par des ours. Nous voulons partir, quitter la salle. Impossible : ils assurent aussi le service d’ordre. Les portes resteront fermées.

par Éric Chevillard


Voila qui illustrerait "la condition de l'artiste au sein de la societe" (Cf. Homme qui rit).
Tant de contraintes pour la publication de leurs oeuvres alors ils s'en lassent rapidement. Mais si les artistes eux-memes lachent l'affaire, car ils peuvent vivre seulement par l'ecriture, que fait donc le lecteur?
Le lecteur n'aura donc pas acces a un pan enorme de l'art en general et la litterature en particulier. Il sera confronte' a un seul choix de lecture, qu'on aura selectionne' pour lui auparavant, et qu'on se fera le plaisir de le lui mettre sous la dent. Que faire pour regagner le droit de lecteur, l'acces a toute oeuvre artistique?

Bonne nuit a tous!

construction du personnage 2

Posté le 02.10.2007 par francesco
voici mon étude du personnage de Modiano, j'espère pouvoir l'ameliorer/compléter grâce à vos commentaires!é
Etude du personnage de Guy Roland Rue des Boutiques Obscures (1978)

1 Le titre :

Rue des Boutiques Obscures :
# Adresse où Guy doit aller pour trouver de nouvelles pistes pour son investigation.
# Paris dans les années trente quartier de petits magasins de vêtements, qui appartenaient à des juifs qui s’appelaient « les boutiques obscures des soldeurs des années trente ». Le terme boutiques obscures a des liens avec les juifs. Guy est juif, tout comme Modiano. ( ?)

1ere phrase du livre: « Je ne suis rien. Rien qu’une silhouette claire, ce soir-là, à la terrasse d’un café» => introduction du personnage/narrateur Guy Roland : amnésique.

Guy Roland a des trous de mémoire. Il n’a donc pas une histoire personnelle, il vit dans le présent : « Il n’est qu’une silhouette claire, un reflet de soi- même. ». Il va à la recherche de son passé. Pour cela il va essayer de retrouver ses « amis » d’autrefois, pour pouvoir reconstituer ses souvenirs. Mais ils ne le reconnaissent plus. Il se demande alors si la vie qu’il recherche et s’approprie est bien la sienne: «Est- ce qu’il s’agit bien de la mienne ? », « de celle d’un autre dans laquelle je me suis glissé ? ».

2 Son enquête

L’histoire avance sous la forme de chaîne :
Sonachitzé + Heurteur => lui rappelle ami de Stioppa =>donne à Guy la photo de Gay Orlow => amant de Gay : Waldo Blunt => lui parle d’un ami de Gay : Freddie Howard de Luz => maison paternelle de Freddie : il y rencontre un domestique qui ne le reconnaît pas => parle d’un autre ami : Pedro => Hélène Pilgram => Denise.

L’enquête prend toujours une nouvelle direction sans s’occuper d’aucune logique à cause des personnages. Guy n’avance donc pas, il recommence sur une nouvelle piste à chaque fois, s’identifiant toujours à d’autres personnes avec des noms différents.
Il va enquêter ses amis d’autrefois et ses amis doivent lui redonner un souvenir pour que l’enquête avance. Ce n’est pas nécessairement son propre passé : il entre dans les passés des d’autres et les croise pour créer le sien.

3 Ses voyages

Guy fait plusieurs voyages dans l’histoire pour aller rencontrer des personnes la plupart du temps. Mais il fait aussi un voyage à Megève : endroit ou « il aurait pu » se cacher avec Denise pendant la deuxième guerre mondiale par peur des nazis. Les deux ont voulu traverser la frontière française pour trouver plus de sécurité en Suisse. Pendant ce passage il a perdu Denise. Il se souvient seulement de la blancheur de la neige et il sait qu’il a perdu connaissance. Il ne sait plus rien. Le but du voyage à Megève est d’essayer de retrouver le chalet qu’ils avaient habité, sans succès. A la fin du livre : Rue des boutiques obscures, à Rome, son dernier voyage, lui aussi sans succès. (Le livre se termine sans qu’il ait retrouvé son passé => la quête de l’identité continue dans la suite de l’œuvre ?)

4 Sa personnalité

Définit traits de caractère du personnage Guy en nous basant sur la façon dont il mène l’enquête. Deux caractéristiques sautent aux yeux : L’innocence et la timidité.

# Innocence illustrée par le fait que Guy Roland montre un émerveillement comme un enfant le ferait. Il accumule les documents, photos, chansons, coupures de presse, lettres, vieux papiers moins comme un détective que comme un enfant qui joue à faire une enquête. Ex : la photo de Gay Orlow. Cette photo donne au début une orientation à la quête. Quand Guy Roland regarde de nouveau la photo de Gay Orlow à la fin du livre : « Elle pleure pour rien, parce qu’elle aurait voulu continuer de jouer ». (Dernier paragraphe) Cette photo de la jeune fille Gay Orlow mène le lecteur dans le monde de l’enfant.

# « Aucune importance » refrain fréquent, qui montre que la personne qui interroge ne prend pas ces interlocuteurs au sérieux. « Mais cela n’avait aucune importance, puisque je tenais enfin une piste ». Guy se contente de la seule piste du nom de Stioppa dans un journal.
Nous pourrons constater que ce personnage Guy n’est pas un bon détective.
=> Aveuglé par sa quête ( ?).
L’innocence fait qu’il n’y a pas assez de logique dans ses recherches. La timidité fait qu’il ne vient pas facilement à bout des interrogatoires et investigations.
L’identité => caractère unique à l’individu un nom, des papiers, un passé, (preuve de notre existence), une mémoire =>Guy n’a pas lui-même une mémoire => utilise mémoire de ses amis d’autrefois => reconstituer son passé en cherchant des gens qu’il a fréquentés à cette époque-là => reconstituer ses souvenirs à partir de ceux des gens qu’il fréquentait alors.
Personne ne le reconnaît : Incertitude que les souvenirs qu’il a soient ses propres souvenirs. « Est-ce qu’il s’agit de la mienne ou de celle d’un autre dans laquelle je me suis glissé ».

# L’instabilité du personnage et de la situation, qui change tout le temps.

5 Lien avec biographie ( ?)

1943- 1955 : pour la famille Modiano=> rencontre des parents, l’enfance de Patrick et surtout celle de Rudy, son frère.
Mais Pas de père sauf dans dédicace.

Sources : Qui est Guy Roland ? Une étude de P.J. van der Bent (dictionnaire Modiano)

Construction du personnage

Posté le 30.09.2007 par Huy
Bonjour tout le monde. Voici l'embryon de ma construction sur le personnage principal de Modiano. Je pense qu'il ya a encore des choses qui sont manquantes donc j'espère que vous allez m'aider à compléter le tout. Merci d'avance!

Construction du personnage de Modiano
« Dimanches d’ août »

Nom Du Personnage
Le prénom du personnage principal de ce roman est Jean. Il apparaît d’ailleurs qu’une seule fois dans le roman à la page 72. Il faut noter que le personnage principal est également narrateur. Etymologiquement, le prénom Jean vient de l’hébreu « Yohanân », qui signifie « Dieu a fait grâce ». Dans la Bible, saint Jean le Baptiste est le baptiseur de Jésus, il a baptisé de nombreux convertis dans l’eau du fleuve Jourdain. Cela a peut-être un rapport avec la quête que mène Jean, l’exploration de son passé. Cette exploration semble se rapprocher d’un pèlerinage, à la recherche d’un lieu sacré. Ici, les moments de bonheur de Jean et Sylvia représentent le lieu sacré.
Notons également que le nom de famille du personnage n’est pas du tout indiqué dans le roman, ce qui nous invite à nous interroger sur la question de l’identité de Jean.

Description physique
Le narrateur semble être de grande taille : « l’avantage avec moi, c’est que j’ai beaucoup de grande taille... » (p.19 il s’agit ici de la parole de Villecourt en offrant un manteau à Jean). Il n’y a pas d’autre précision dans le texte. D’après moi, le personnage doit être assez maigre avec un visage empreint de rides. L’impression qui doit se dégager de Jean doit être de la tristesse de quelqu’un qui n’a plus aucune joie de vivre, plus aucun but à viser. En effet, il s’agit des impressions que j’ai eu du personnage en lisant le roman : « je n’étais pas encor un fantôme, comme ce soir » p.38

Personnalité
Jean semble être un personnage assez têtu qui s’énerve facilement. Cela se voit dans ses rapports avec Villecourt au début du livre : « Je n’ai pas envie de parler de Sylvia avec vous »p. 25 et « je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire un bras d’honneur » p.19. Ses impressions contredisent pourtant avec l’impression que le narrateur possède à l’égard de lui même : «un homme réservé comme je suis » p.19. Le narrateur semble d’ailleurs être assez passif, nous pouvons le voir à travers ses relations avec Sylvia, celle-ci prend presque toujours l’initiative : « J’ai été très surpris de son ton catégorique. Elle me tirait par le bras, comme si elle voulait m’entraîner » p.56. De plus, le narrateur semble être assez méfiant et soupçonneux, nous le voyons à la manière dont il éprouve des doutes envers les Neal : « Il parlait sans la moindre hésitation ni le moindre accent anglo-saxon et sa volubilité – si j’ai bonne mémoire- a été la première chose à éveillé mes soupçcons. » p. 92. Enfin, le narrateur semble éprouver une certaine incompréhension des évènements qui se sont déroulés dans son passé. Le roman représente donc en fait une sorte d’enquête pour Jean, dans le but de comprendre sa situation actuelle.

Evolution
Le roman n’étant pas dans l’ordre chronologique, nous allons traiter ici de l’évolution de Jean à travers le roman et non pas dans l’ordre chronologique.
Au début du livre, Jean habite dans une chambre de l’hôtel Majestic à Nice. Il vit seul et est directeur d’un garage qui va bientôt fermer. Ce moment représente en fait le présent de narration du livre. Jean s’affirme comme un « fantôme » de Nice et sa vie semble très monotone, ennuyant.
Puis vient la période où Jean et son amante Sylvia habitent à Nice, dans une chambre de la pension Sainte Anne. Cette période est marquée par une certaine peur et clandestinité. Jean et Sylvia fuient quelque chose. Le couple semble cependant éprouver de l’optimisme par rapport à leur avenir. Cette clandestinité est rompue par leur rencontre avec les Neal dont Jean semble éprouver une méfiance.
Ensuite, vient le moment de la disparition de Sylvia avec les Neal. Cette partie est d’ailleurs décrite par le narrateur de façon assez flou, ce qui montre son incompréhension à l’égard de l’évènement. Cela marque en quelque sorte « la chute de Jean » pour arriver à sa situation présente.
Enfin, la fin du livre concerne la rencontre entre Jean et Sylvia ainsi que leur moment de bonheur après la fuite des bords de la Marne. Nous retrouvons d’ailleurs le titre du livre : « Dimanches d’août à la dernière ligne du roman, ce qui forme une boucle, un cercle en quelque sorte, car le début représente également la fin et réciproquement. Nous pouvons penser que cette partie représente « l’acmé » de la vie de Jean.

Relations avec les autres personnages
- Sylvia : le narrateur entretient une relation amoureuse avec ce personnage. Il semble beaucoup l’aimer et la disparition de Sylvia l’a donc beaucoup marqué. Il se pose cependant des questions car il est possible que Sylvia a tout manigancé depuis le début. Les relations entre Jean et Sylvia peut donc se résumer par la passion et le doute.
- Villecourt : Le narrateur semble ressentir à l’égard de ce personnage de la rivalité à cause de leur amour commun pour Sylvia. Dans les yeux de Jean, Villecourt a été un homme assez arrogant, cependant, ce dernier semble être à la fin (début du livre) dans la même situation que le protagoniste.
- Les Neal : Jean semble éprouver de la méfiance pour ce couple au début. Ils représentent en fait les seuls relations de Sylvia et Jean à Nice. Peu à peu, une relation de confiance s’installe d’ autant plus que les Neal désirent acheter le diamant de Sylvia. Cependant, en réalité, les Neal ne sont pas ce qu’ils prétendent être. Virgil Neal est en fait Paul Allessandri, un ami de Villecourt. Leur approche avec Sylvia et Jean n’est en réalité qu’une machination calculée dans le but de récupérer le diamant : La Croix du Sud. Cela se termine par la disparition de Sylvia avec les Neal. Jean garde donc un très mauvais souvenir du couple et nous pouvons voir qu’ici, la question de l’identité est une nouvelle fois soulevée.

La quête
Le roman est une enquête réalisée par Jean dans le but de comprendre les évènement qui lui sont arrivés dans le passé. Les flashes back sont très souvent utilisés ce qui renforce l’idée d’une recherche par le narrateur de quelque chose enfouie dans son passé. Finalement, c’est des moments de bonheur que Jean retrouve à la fin du roman. Notons que cette enquête ressemble beaucoup à une enquête policière, cela se retrouve d’ailleurs dans la recherche sur l’identité des Neal. Le terme de roman policier est de plus mentionné dans le roman à la page 48.
Dimension symbolique
Ce roman renforce le caractère de la recherche de l’identité très souvent soulevé dans les oeuvres de Modiano. La clandestinité de Sylvia et Jean renvoie également de la période d’Occupation dont Modiano éprouve un grand intérêt. Nous retrouvons donc ici deux des grands thèmes de l’oeuvre de Modiano.

Construction du personnage

Posté le 30.09.2007 par Huy
Bonjour tout le monde. Voici l'embryon de ma construction sur le personnage principal de Modiano. Je pense qu'il ya a encore des choses qui sont manquantes donc j'espère que vous allez m'aider à compléter le tout. Merci d'avance!

Construction du personnage de Modiano
« Dimanches d’ août »

Nom Du Personnage
Le prénom du personnage principal de ce roman est Jean. Il apparaît d’ailleurs qu’une seule fois dans le roman à la page 72. Il faut noter que le personnage principal est également narrateur. Etymologiquement, le prénom Jean vient de l’hébreu « Yohanân », qui signifie « Dieu a fait grâce ». Dans la Bible, saint Jean le Baptiste est le baptiseur de Jésus, il a baptisé de nombreux convertis dans l’eau du fleuve Jourdain. Cela a peut-être un rapport avec la quête que mène Jean, l’exploration de son passé. Cette exploration semble se rapprocher d’un pèlerinage, à la recherche d’un lieu sacré. Ici, les moments de bonheur de Jean et Sylvia représentent le lieu sacré.
Notons également que le nom de famille du personnage n’est pas du tout indiqué dans le roman, ce qui nous invite à nous interroger sur la question de l’identité de Jean.

Description physique
Le narrateur semble être de grande taille : « l’avantage avec moi, c’est que j’ai beaucoup de grande taille... » (p.19 il s’agit ici de la parole de Villecourt en offrant un manteau à Jean). Il n’y a pas d’autre précision dans le texte. D’après moi, le personnage doit être assez maigre avec un visage empreint de rides. L’impression qui doit se dégager de Jean doit être de la tristesse de quelqu’un qui n’a plus aucune joie de vivre, plus aucun but à viser. En effet, il s’agit des impressions que j’ai eu du personnage en lisant le roman : « je n’étais pas encor un fantôme, comme ce soir » p.38

Personnalité
Jean semble être un personnage assez têtu qui s’énerve facilement. Cela se voit dans ses rapports avec Villecourt au début du livre : « Je n’ai pas envie de parler de Sylvia avec vous »p. 25 et « je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire un bras d’honneur » p.19. Ses impressions contredisent pourtant avec l’impression que le narrateur possède à l’égard de lui même : «un homme réservé comme je suis » p.19. Le narrateur semble d’ailleurs être assez passif, nous pouvons le voir à travers ses relations avec Sylvia, celle-ci prend presque toujours l’initiative : « J’ai été très surpris de son ton catégorique. Elle me tirait par le bras, comme si elle voulait m’entraîner » p.56. De plus, le narrateur semble être assez méfiant et soupçonneux, nous le voyons à la manière dont il éprouve des doutes envers les Neal : « Il parlait sans la moindre hésitation ni le moindre accent anglo-saxon et sa volubilité – si j’ai bonne mémoire- a été la première chose à éveillé mes soupçcons. » p. 92. Enfin, le narrateur semble éprouver une certaine incompréhension des évènements qui se sont déroulés dans son passé. Le roman représente donc en fait une sorte d’enquête pour Jean, dans le but de comprendre sa situation actuelle.

Evolution
Le roman n’étant pas dans l’ordre chronologique, nous allons traiter ici de l’évolution de Jean à travers le roman et non pas dans l’ordre chronologique.
Au début du livre, Jean habite dans une chambre de l’hôtel Majestic à Nice. Il vit seul et est directeur d’un garage qui va bientôt fermer. Ce moment représente en fait le présent de narration du livre. Jean s’affirme comme un « fantôme » de Nice et sa vie semble très monotone, ennuyant.
Puis vient la période où Jean et son amante Sylvia habitent à Nice, dans une chambre de la pension Sainte Anne. Cette période est marquée par une certaine peur et clandestinité. Jean et Sylvia fuient quelque chose. Le couple semble cependant éprouver de l’optimisme par rapport à leur avenir. Cette clandestinité est rompue par leur rencontre avec les Neal dont Jean semble éprouver une méfiance.
Ensuite, vient le moment de la disparition de Sylvia avec les Neal. Cette partie est d’ailleurs décrite par le narrateur de façon assez flou, ce qui montre son incompréhension à l’égard de l’évènement. Cela marque en quelque sorte « la chute de Jean » pour arriver à sa situation présente.
Enfin, la fin du livre concerne la rencontre entre Jean et Sylvia ainsi que leur moment de bonheur après la fuite des bords de la Marne. Nous retrouvons d’ailleurs le titre du livre : « Dimanches d’août à la dernière ligne du roman, ce qui forme une boucle, un cercle en quelque sorte, car le début représente également la fin et réciproquement. Nous pouvons penser que cette partie représente « l’acmé » de la vie de Jean.

Relations avec les autres personnages
- Sylvia : le narrateur entretient une relation amoureuse avec ce personnage. Il semble beaucoup l’aimer et la disparition de Sylvia l’a donc beaucoup marqué. Il se pose cependant des questions car il est possible que Sylvia a tout manigancé depuis le début. Les relations entre Jean et Sylvia peut donc se résumer par la passion et le doute.
- Villecourt : Le narrateur semble ressentir à l’égard de ce personnage de la rivalité à cause de leur amour commun pour Sylvia. Dans les yeux de Jean, Villecourt a été un homme assez arrogant, cependant, ce dernier semble être à la fin (début du livre) dans la même situation que le protagoniste.
- Les Neal : Jean semble éprouver de la méfiance pour ce couple au début. Ils représentent en fait les seuls relations de Sylvia et Jean à Nice. Peu à peu, une relation de confiance s’installe d’ autant plus que les Neal désirent acheter le diamant de Sylvia. Cependant, en réalité, les Neal ne sont pas ce qu’ils prétendent être. Virgil Neal est en fait Paul Allessandri, un ami de Villecourt. Leur approche avec Sylvia et Jean n’est en réalité qu’une machination calculée dans le but de récupérer le diamant : La Croix du Sud. Cela se termine par la disparition de Sylvia avec les Neal. Jean garde donc un très mauvais souvenir du couple et nous pouvons voir qu’ici, la question de l’identité est une nouvelle fois soulevée.

La quête
Le roman est une enquête réalisée par Jean dans le but de comprendre les évènement qui lui sont arrivés dans le passé. Les flashes back sont très souvent utilisés ce qui renforce l’idée d’une recherche par le narrateur de quelque chose enfouie dans son passé. Finalement, c’est des moments de bonheur que Jean retrouve à la fin du roman. Notons que cette enquête ressemble beaucoup à une enquête policière, cela se retrouve d’ailleurs dans la recherche sur l’identité des Neal. Le terme de roman policier est de plus mentionné dans le roman à la page 48.
Dimension symbolique
Ce roman renforce le caractère de la recherche de l’identité très souvent soulevé dans les oeuvres de Modiano. La clandestinité de Sylvia et Jean renvoie également de la période d’Occupation dont Modiano éprouve un grand intérêt. Nous retrouvons donc ici deux des grands thèmes de l’oeuvre de Modiano.

Conférence sur les dossiers de Zola

Posté le 26.09.2007 par lireenpremiere
Brouillons, dossiers préparatoires et travail de l’écriture d’Emile Zola
http://www.lettres.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=303
vendredi 28 octobre 2005, par LEDUC-ADINE Jean-Pierre


Conférence de Jean-Pierre Leduc -Adine, le 06 12 2000


Introduction
Les dossiers préparatoires de Zola que l’on trouve à la Bibliothèque Nationale ou à la Bibliothèque Méjanes à Aix concernent la série des romans qui composent Les Rougon-Macquart ainsi que ceux des œuvres postérieures, Les Trois Villes, et Les Evangiles.
L’étude de ces dossiers permet de relativiser très largement la vulgate critique et les préjugés de ceux qui ne voient dans l’œuvre de Zola que simple reproduction de la réalité historique et sociale, alors que, dans son œuvre, les critères esthétiques et littéraires sont au moins aussi importants que la volonté de témoigner sur la période contemporaine, sur " l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. ", sous-titre de l’ensemble de la série romanesque.

Examinons d’abord ces dossiers : ils obéissent à une structure assez immuable ; ils comprennent plusieurs éléments identiques, mais d’inégale importance, selon les romans :
L’ébauche, premier texte écrit par Zola est une sorte de soliloque pour définir le thème, le projet du roman. Elle définit un sujet, une histoire, des rôles, parfois même la fin du roman. Certaines formules manifestent bien le caractère programmatique de ces ébauches, par exemple dans l’ébauche de L’Assommoir : " Le roman doit être ceci... ", ou dans celle de La Bête humaine : " Je voudrais, après Le Rêve, faire un roman tout autre.. "
Les notes rassemblent tout ce qui relève du documentaire dans la construction de l’ouvrage. On y trouve, ce que Zola a appris, ce qu’il a lu (comptes rendus de livres, comptes rendus d’expériences, lettres...), ce qu’il a vu (reportages, croquis dans les quartiers) ; ces observations s’apparentent souvent au travail du peintre sur le motif. Le dossier personnages présente les noms et caractérisations des différents personnages, leur statut. Il existe aussi de véritables fiches, et pour les personnages principaux et pour les personnages secondaires.
On trouve enfin des plans. La plupart des dossiers comportent deux plans plus ou moins successifs : l’un, le premier qui est plus ou moins contemporain de la construction de l’ébauche, l’autre, le second précède souvent la rédaction ; l’un et l’autre évoluent d’une forme plus lâche à une forme plus élaborée mais ne constituent pas vraiment des manuscrits, au sens strict du terme, puisqu’ils sont antérieurs à la rédaction, quelquefois concomitants.
Les " manuscrits " de Zola sont, à cet égard, assez différents de ceux de Flaubert ou de ceux de Proust, par exemple. Alors que Flaubert entreprend un véritable travail d’écriture sur le texte à paraître (ajouts, suppressions, inversions, réécriture, etc.), les manuscrits de Zola, au sens strict du terme, eux, constituent un avant-texte qui ne reçoit que des corrections rares et superficielles, et finalement souvent peu significatives. Il en est de même pour les placards de journaux corrigés par Zola avant publication en librairie, chez l’éditeur des naturalistes, Charpentier.


Ebauche
La genèse des dossiers préparatoires obéit à une certaine chronologie, qu’il n’est pas toujours aisé de rétablir. D’abord l’ébauche dont le point de départ est une " phrase noyau " : " montrer le milieu peuple et expliquer par ce milieu les mœurs peuple ", pour L’Assommoir, par exemple. L’ébauche constitue le développement de cette " hypothèse initiale ", elle établit une stratégie romanesque. On y trouve un véritable langage de programmation, un projet explicite, une prospective dans le roman. Dans la première page de l’ébauche de L’Assommoir, on lit ceci :
" Le roman doit être ceci : illustrer le milieu peuple, et expliquer par ce milieu les mœurs peuple ; comme quoi à Paris, la soûlerie, la débandade de la famille, les coups, l’acceptation de toutes les hontes et de toutes les misères vient des conditions mêmes de l’existence ouvrière, des travaux durs, des promiscuités, du laisser aller..... ".
C’est la volonté de l’écrivain qui est en œuvre ici, on y remarque d’ailleurs une présence massive de la première personne, d’un " je " qui met en scène le texte. Cette présence est d’autant plus remarquable, que ce " je " disparaît totalement dans le texte romanesque. Il en est de même pour toute une série de tournures modalisatrices, " Il faut que... ", " Ma Gervaise doit être l’héroïne, je fais donc la femme du peuple... ". Le roman apparaît alors comme un enchaînement de volontés, de nécessités et d’implications logiques. L’ébauche est écrite comme un plan de bataille, comme un véritable projet de manœuvre.
Même si c’est un témoignage sur une société, le problème de la construction d’une fiction, de la technique narrative reste le point central. Zola dispose en toute autonomie de l’action et de ses personnages. Un autre exemple, toujours dans L’Assommoir : " Je la débarrasse de Claude, dès que celui-ci a 10 ou 12 ans... ". On voit bien ici que Zola " arrange son jeu ", s’éloignant ainsi totalement des déterminismes naturels. Il tient un discours calculateur : " Je veux rester dans la simplicité des faits " commentateur : " Je veux faire d’elle un personnage sympathique ", il recourt à une stratégie des causes et des effets. On trouve dans les ébauches de nombreux substituts à l’expression de cette volonté à la première personne : l’infinitif, un très fréquent " A trouver ", des phrases non verbales : " Des faits les uns au bout des autres... " ou encore le système syntaxique du " si ...alors " : " Si je prends le titre, la simple vie de Gervaise Coupeau, il faudra que le caractère du livre soit précisément la simplicité ". On voit bien ici qu’un choix en conditionne un autre, qu’il y a une construction du texte plus qu’une vision déterministe inspirée de Claude Bernard. Dans l’ébauche, se développe un discours volontariste, planificateur, marqué par la présence massive d’un personnage qui régit. Le roman y est mis en perspective, les épisodes disposés en séries logiques.
Il s’agit donc bien davantage d’un travail sur la fiction, presque d’un délire de la fiction, que d’un témoignage ethnographique. La fidélité du roman à l’ébauche n’est pas toujours complète, dans ce cas, l’intérêt, c’est justement de voir comment Zola construit et déconstruit son roman, comme il le fit par exemple pour la fin de Gervaise dans L’Assommoir.
On trouve dans les ébauches de nombreuses références à des modèles ou à des contre modèles. Ainsi La Bête humaine se réclame de Thérèse Raquin mais s’oppose au Rêve en se donnant Dostoïevski comme contre modèle. Pour L’Assommoir, c’est Eugène Manuel, écrivain ouvrier qui joue cette fonction de texte repoussoir. Les références de Zola sont donc souvent des textes littéraires au moins autant que la réalité historique et sociale.
Les dossiers préparatoires ne sont pas destinés à être lus mais Zola les a quelquefois montrés à un journaliste avec lequel il entretint une correspondance, aux Goncourt dans le but d’attester du caractère scientifique de son travail. Aucune publication de ces notes n’a eu lieu de son vivant, l’ensemble des manuscrits a fait l’objet d’un legs par la femme de l’écrivain, après sa mort. Ce souci du réel n’exclut pas le déterminisme, mais celui-ci est avant tout un problème de romancier, le système d’implication logique à l’œuvre dans les romans de Zola n’est pas lié à la volonté de témoignage.

Notes
Elles sont le signe d’une obsession scientifique, presque scientiste chez Zola. Elles constituent une classe définie d’avant-textes, une genèse dont les objectifs sont déterminés, avec des titres et des sous-titres. Zola engrange un savoir, cherche en quelque sorte à concurrencer les encyclopédies. Il utilise très souvent le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, par exemple l’article " chemins de fer ", pour la préparation de La Bête humaine. Dans cet article, d’une quarantaine de pages, un des plus importants de l’ouvrage, on trouve les accidents de chemin de fer, les meurtres, les viols qui ont eu lieu dans des trains. On pourrait quasi affirmer que la structure de l’article dictionnairique a constitué la structure narrative. On retrouve ici la volonté des naturalistes de concurrencer l’Encyclopédie. Ainsi, le roman Une page d’amour est composé de cinq parties, comprenant chacune cinq chapitres. Le dernier chapitre de chaque partie présente une description de Paris , à des moments, à des saisons, à des heures divers, sur le modèle des séries impressionnistes. Pour Paris vu des hauteurs de Chaillot, Zola s’est sûrement inspiré du Paris-guide qui signalait à cette époque ce panorama, bien connu aussi des peintres, par exemple de Manet et de Berthe Morisot, qui en firent un sujet de tableau. On trouve trois types de notes que Henri Mitterand a classées ainsi : les choses sues, les choses vues, les choses lues.

Les choses sues sont tirées de l’expérience vécue de Zola. Boche, le concierge de L’Assommoir correspond au type de son portier rue La Condamine, les fenêtres de la boutique de Gervaise occultées par des couvertures lors du repas sont inspirées par une anecdote familiale, son oncle Auber mettait une couverture à la fenêtre les jours de gala. Le forgeron Goujet, lui, est certainement inspiré par un séjour avec ses amis peintres, à Bennecourt, dans une pension au-dessus de l’atelier d’un forgeron. Le plus souvent cependant, ces " choses sues " entrent directement dans le roman, sans évidemment passer par les notes.

Les choses vues ont leur importance puisque Zola va, comme les peintres, voir sur le motif ce qui peut intéresser son roman, il prend des notes au crayon qui font ensuite l’objet d’une rédaction. Il établit des croquis, des plans. Ces notes sont très intéressantes, Zola a le coup d’œil pour saisir dans la simultanéité ses impressions et les différents ordres sensoriels. Il s’agit d’une écriture par flashes, utilisant la parataxe, les phrases non verbales. C’est le cas en particulier pour l’enquête topographique sur la grande maison de L’Assommoir. Tout ceci est à relier au goût de Zola pour la photographie : il commence à photographier dès 1890. Zola construit des plans qui renvoient à la Goutte d’or en 1876-1877, il part ainsi de la réalité mais il y a tout un travail de transformation puisque son roman utilise la topographie à des fins idéologiques et mythologiques. Dans ce quartier, il utilise le mur d’enceinte, la barrière d’octroi et le boulevard qui pénètre dans Paris en une sorte de carrefour, de croisement au centre duquel il installe l’Assommoir du père Colombe et oppose par cette organisation l’espace ouvrier et l’espace bourgeois du Paris intra muros. Dans ce roman, l’espace est nettement socialisé, au cours de la visite au Louvre, les personnages se sentent déplacés, l’essentiel du roman se déroule dans le quartier de la Goutte d’or, et lorsque Gervaise se rend à Sainte Anne, elle ne voit rien sur son passage. Le goût de Zola exploite, à d’autres fins que purement informatives, référentielles, les différents espaces dans lesquels il situe ses romans et qui jouent un rôle narratif primordial.

Pour les choses lues, Zola consulte des correspondants : ainsi, l’architecte Frantz Jourdain pour la préparation du Rêve ; celui-ci lui donne de nombreux renseignements sur les cathédrales médiévales, sur les maisons ; il utilise, lors de la préparation de L’Assommoir, parmi de nombreuses autres sources, le Dictionnaire de la langue verte de Delvau qui lui permet de faire " parler " ses personnages, d’assurer au roman une certaine homogénéité ; les manuels Roret qui proposent une initiation encyclopédique aux différents métiers, celui de couvreur, de blanchisseuse, de chaîniste. Mais, c’est la lecture de l’ouvrage du docteur Magnan De l’alcoolisme, des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitement qui va conduire Zola à centrer bien davantage son roman sur les méfaits de l’alcool : la lecture de cet ouvrage technique, en dehors de sa fonction mimétique, a conditionné, et la structure romanesque et la valeur symbolique du texte. On peut s’interroger sur la fonction de ce savoir documentaire dans la dynamique du roman. Il constitue un pré-requis de l’illusion réaliste, il s’agit de donner à voir, à connaître, reconnaître des éléments de la réalité. On retrouve ici la volonté de concurrencer l’encyclopédie, l’émulation avec le savant. Il faut rappeler l’importance de la diffusion des connaissances au XIX° siècle. Mais ce qui importe, c’est la manière dont ces connaissances sont exploitées dans la fiction narrative. Si l’on prend l’exemple de Goujet et du concours de forgerons dans le chapitre VII, Zola s’est bien sûr inspiré d’un savoir encyclopédique sur la forge, mais ce savoir est totalement subverti par la fiction. Goujet est bon forgeron, c’est parce qu’il veut séduire Gervaise : le travail de la forge est alors chargé d’images érotiques, mythologiques qui subvertissent véritablement les éléments encyclopédiques.

Plans
Prenons toujours L’Assommoir à titre d’exemple.
Le premier plan détaillé dégage le profil diégétique du roman, il s’étend sur vingt chapitres (vingt et un étaient originellement prévus).
Le second plan comprend seulement treize chapitres et constitue une refonte étonnante du plan précédent. En effet, il permet au romancier de construire une structure narrative " en chapeau de gendarme ". En effet, ce nombre du malheur, 13, permet de resserrer la structure romanesque dans une construction symbolique et dramatique : les six premiers chapitres marquent l’ascension sociale des Coupeau, les six derniers marquent, eux, la décadence de la famille, jusqu’à la disparition de deux des principaux protagonistes et le chapitre VII , la fête de Gervaise est à la fois apothéose et début de sa chute : le chapitre VII constitue bien sûr le pivot du roman.
Alors que la première version était horizontale, chronologique, la seconde dans sa structure formelle, dans une véritable combinatoire, oeuvre à substituer au déterminisme externe de la réalité un déterminisme interne au roman. Les deux parties de six chapitres sont elles-mêmes subdivisées en deux triades de chapitres ; des symétries organisées à l’intérieur des chapitres montrent bien que la composition de L’Assommoir est ainsi pliée à une règle numérique, qui nous éloigne du témoignage sur la réalité historique et sociale, même si Zola utilise des " carnets d’enquêtes ". Cette distribution des chapitres, binaire, puis ternaire témoigne du goût de Zola pour les combinatoires formelles ; on sait qu’il était obsédé par les chiffres, et quasi arithmomaniaque. Zola retrouve le système de la rhétorique classique et les exigences d’une rationalité dans la composition même du roman. On peut parler d’une sorte de métrique, de rhétorique de la structure romanesque. Zola conçoit des architectures romanesques très élaborées, sur des schémas classiques. ; ce qui est extraordinairement intéressant dans cette transformation, dans ce passage à cette structure en treize chapitres, c’est qu’il permet une construction très savante du roman

Les dossiers préparatoires de Zola donnent beaucoup plus d’informations sur la macrostructure que sur sa microstructure.
Genèse de la fin d’un roman
L’intertexte littéraire est très important, il nous entraîne loin de la reproduction de l’actualité.
La fin de Gervaise est prévue dès l’ébauche : " Mort de Gervaise, Lantier s’en va ", " La fin, le drame et d’abord la chose la plus importante, il faut y employer tous les personnages ". Elle est prévue, car elle a une fonction thématique, esthétique, idéologique. Le protocole de sortie du roman est ici une fin fermée : les deux personnages principaux meurent, doivent mourir. Dans l’ébauche, folio 168, Zola, dans une perspective très dramatique, imagine Gervaise toujours amoureuse de Lantier, qui est aussi l’amant de Virginie et " mange l’épicerie ". Tous les personnages poussent Gervaise au conflit avec sa rivale. Gervaise, " grosse de Lantier ", surprend Virginie et son amant, au lit, en flagrant délit ; furieuse, elle casse sur eux une bouteille de vitriol. Lantier, fou de douleur, la traîne dehors par les cheveux, on assiste alors à un duel féroce entre Lantier et Goujet, venu défendre celle qu’il a aimée. Gervaise finit par mourir d’un coup de pied donné par Lorilleux qui lui crie : "Crève, salope ! ".
Dans le premier plan détaillé, Zola reprend les mêmes éléments, mais Virginie et Lantier ne sont plus atteints que de quelques gouttes de vitriol, et Zola manifeste sa volonté de modifier cette fin : " Il ne faut pas faire mourir Gervaise par la violence. Elle est déjà descendue plus bas. Elle meurt de dégradation et d’éreintement ".
La note " non, pas de drame " manifeste la volonté d’une fin non marquée, et c’est la raison pour laquelle, Zola donne le " dernier mot " à Bazouges. On voit bien ici l’influence du mélodrame, c’est-à-dire de la littérature, comme on peut la trouver dans l’épisode de la vie et de la mort de la petite Lalie Bijard, inspiré d’un fait divers trouvé dans un journal, découpé et conservé dans le dossier préparatoire. Le problème de l’idéologie est subverti par celui de la fiction.
On ne peut absolument pas, on ne doit absolument lire le naturalisme simplement comme une esthétique de simple copie du réel, comme une simple reproduction du monde et des hommes. Rappelons la définition donnée par Zola à l’œuvre d’art : " L’œuvre d’art est un coin de la création vu à travers un tempérament ", et ce qui paraît essentiel, c’est bien le terme " à travers " qui porte la valeur définitoire ; Zola réclamait avant tout en art " l’individualité puissante ".


Bibliographie
Pour consulter de larges extraits des dossiers préparatoires, dossiers en effet encore inédits pour la plupart, les enseignants ont intérêt à consulter l’édition des Rougon-Macquart établie par Henri Mitterand dans l’édition de la Bibliothèque de La Pléiade, ils sont commentés et contribuent à l’étude de la genèse des romans. Les diverses éditions de poche en contiennent aussi des extraits.


Quelques sites essentiels sur Zola :
Exposition virtuelle consacrée à Zola sur le site de la bnf. En particulier sur l’Assommoir et Au Bonheur des dames
le dossier sur le Rêve est disponible sur Gallica
Le site des Cahiers Naturalistes
Un site consacré à Emile Zola
Un travail pédagogique sur Au Bonheur des dames sur Educnet
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