Bonjour tout le monde. Voici l'embryon de ma construction sur le personnage principal de Modiano. Je pense qu'il ya a encore des choses qui sont manquantes donc j'espère que vous allez m'aider à compléter le tout. Merci d'avance!
Construction du personnage de Modiano
« Dimanches d’ août »
Nom Du Personnage
Le prénom du personnage principal de ce roman est Jean. Il apparaît d’ailleurs qu’une seule fois dans le roman à la page 72. Il faut noter que le personnage principal est également narrateur. Etymologiquement, le prénom Jean vient de l’hébreu « Yohanân », qui signifie « Dieu a fait grâce ». Dans la Bible, saint Jean le Baptiste est le baptiseur de Jésus, il a baptisé de nombreux convertis dans l’eau du fleuve Jourdain. Cela a peut-être un rapport avec la quête que mène Jean, l’exploration de son passé. Cette exploration semble se rapprocher d’un pèlerinage, à la recherche d’un lieu sacré. Ici, les moments de bonheur de Jean et Sylvia représentent le lieu sacré.
Notons également que le nom de famille du personnage n’est pas du tout indiqué dans le roman, ce qui nous invite à nous interroger sur la question de l’identité de Jean.
Description physique
Le narrateur semble être de grande taille : « l’avantage avec moi, c’est que j’ai beaucoup de grande taille... » (p.19 il s’agit ici de la parole de Villecourt en offrant un manteau à Jean). Il n’y a pas d’autre précision dans le texte. D’après moi, le personnage doit être assez maigre avec un visage empreint de rides. L’impression qui doit se dégager de Jean doit être de la tristesse de quelqu’un qui n’a plus aucune joie de vivre, plus aucun but à viser. En effet, il s’agit des impressions que j’ai eu du personnage en lisant le roman : « je n’étais pas encor un fantôme, comme ce soir » p.38
Personnalité
Jean semble être un personnage assez têtu qui s’énerve facilement. Cela se voit dans ses rapports avec Villecourt au début du livre : « Je n’ai pas envie de parler de Sylvia avec vous »p. 25 et « je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire un bras d’honneur » p.19. Ses impressions contredisent pourtant avec l’impression que le narrateur possède à l’égard de lui même : «un homme réservé comme je suis » p.19. Le narrateur semble d’ailleurs être assez passif, nous pouvons le voir à travers ses relations avec Sylvia, celle-ci prend presque toujours l’initiative : « J’ai été très surpris de son ton catégorique. Elle me tirait par le bras, comme si elle voulait m’entraîner » p.56. De plus, le narrateur semble être assez méfiant et soupçonneux, nous le voyons à la manière dont il éprouve des doutes envers les Neal : « Il parlait sans la moindre hésitation ni le moindre accent anglo-saxon et sa volubilité – si j’ai bonne mémoire- a été la première chose à éveillé mes soupçcons. » p. 92. Enfin, le narrateur semble éprouver une certaine incompréhension des évènements qui se sont déroulés dans son passé. Le roman représente donc en fait une sorte d’enquête pour Jean, dans le but de comprendre sa situation actuelle.
Evolution
Le roman n’étant pas dans l’ordre chronologique, nous allons traiter ici de l’évolution de Jean à travers le roman et non pas dans l’ordre chronologique.
Au début du livre, Jean habite dans une chambre de l’hôtel Majestic à Nice. Il vit seul et est directeur d’un garage qui va bientôt fermer. Ce moment représente en fait le présent de narration du livre. Jean s’affirme comme un « fantôme » de Nice et sa vie semble très monotone, ennuyant.
Puis vient la période où Jean et son amante Sylvia habitent à Nice, dans une chambre de la pension Sainte Anne. Cette période est marquée par une certaine peur et clandestinité. Jean et Sylvia fuient quelque chose. Le couple semble cependant éprouver de l’optimisme par rapport à leur avenir. Cette clandestinité est rompue par leur rencontre avec les Neal dont Jean semble éprouver une méfiance.
Ensuite, vient le moment de la disparition de Sylvia avec les Neal. Cette partie est d’ailleurs décrite par le narrateur de façon assez flou, ce qui montre son incompréhension à l’égard de l’évènement. Cela marque en quelque sorte « la chute de Jean » pour arriver à sa situation présente.
Enfin, la fin du livre concerne la rencontre entre Jean et Sylvia ainsi que leur moment de bonheur après la fuite des bords de la Marne. Nous retrouvons d’ailleurs le titre du livre : « Dimanches d’août à la dernière ligne du roman, ce qui forme une boucle, un cercle en quelque sorte, car le début représente également la fin et réciproquement. Nous pouvons penser que cette partie représente « l’acmé » de la vie de Jean.
Relations avec les autres personnages
- Sylvia : le narrateur entretient une relation amoureuse avec ce personnage. Il semble beaucoup l’aimer et la disparition de Sylvia l’a donc beaucoup marqué. Il se pose cependant des questions car il est possible que Sylvia a tout manigancé depuis le début. Les relations entre Jean et Sylvia peut donc se résumer par la passion et le doute.
- Villecourt : Le narrateur semble ressentir à l’égard de ce personnage de la rivalité à cause de leur amour commun pour Sylvia. Dans les yeux de Jean, Villecourt a été un homme assez arrogant, cependant, ce dernier semble être à la fin (début du livre) dans la même situation que le protagoniste.
- Les Neal : Jean semble éprouver de la méfiance pour ce couple au début. Ils représentent en fait les seuls relations de Sylvia et Jean à Nice. Peu à peu, une relation de confiance s’installe d’ autant plus que les Neal désirent acheter le diamant de Sylvia. Cependant, en réalité, les Neal ne sont pas ce qu’ils prétendent être. Virgil Neal est en fait Paul Allessandri, un ami de Villecourt. Leur approche avec Sylvia et Jean n’est en réalité qu’une machination calculée dans le but de récupérer le diamant : La Croix du Sud. Cela se termine par la disparition de Sylvia avec les Neal. Jean garde donc un très mauvais souvenir du couple et nous pouvons voir qu’ici, la question de l’identité est une nouvelle fois soulevée.
La quête
Le roman est une enquête réalisée par Jean dans le but de comprendre les évènement qui lui sont arrivés dans le passé. Les flashes back sont très souvent utilisés ce qui renforce l’idée d’une recherche par le narrateur de quelque chose enfouie dans son passé. Finalement, c’est des moments de bonheur que Jean retrouve à la fin du roman. Notons que cette enquête ressemble beaucoup à une enquête policière, cela se retrouve d’ailleurs dans la recherche sur l’identité des Neal. Le terme de roman policier est de plus mentionné dans le roman à la page 48.
Dimension symbolique
Ce roman renforce le caractère de la recherche de l’identité très souvent soulevé dans les oeuvres de Modiano. La clandestinité de Sylvia et Jean renvoie également de la période d’Occupation dont Modiano éprouve un grand intérêt. Nous retrouvons donc ici deux des grands thèmes de l’oeuvre de Modiano.
Ton article est déjà très intéressant. Pourrais-tu développer l'histoire d'amour qui lie les personnages et faire apparaître plus nettement les différentes phases de la vie de Jean. J'ai lu que le "diamant" avait peut-être été entre les mains du père de Modiano. Fais une recherche de ce côté là.
Dans la partie personalite du personnage je ne suis pas tout a fait d'accord avec Huy. Je pense que le personnage principal ne s'enerve pas si facilement. Tout au long du recit, le narrateur est plutot une personne qui se controle. Par exemple Villecourt le suivait de pres au debut de l'histoire. Si Jean etait un personnage qui s'enervait facilement alors Villecourt aurait saigne non pas a cause d'un geste involontaire de Jean mais plutot a cause d'un coup de poing. De plus a la fin quand Jean et Sylvian etaient "prisonniers" par Neal (ou plutot Paul), si c'etait un homme qui se met facilement en colere alors il sera franche et obligera Neal de les deposer chez eux. Tandis que pour l'exemple de Huy avec la main d'honneur je l'interpreterai comme un moment pendant lequel le narrateur a perdu son sang froid. De plus cela semble mieux expliquer sa passivite: les personnages qui s'enervent facilement sont plutot actifs et pas passifs. Parce que la passivite est plutot liee a la timidite et pas l'agressivite.
PS: Desole je n'ai pas de clavier francais chez moi, j'espere que vous pourriez decrypter :P
je ne suis pas tout à fait 'accord avec toi car lorsque je lis le livre, c'est vraiment l'impression que j'ai eu du personnage. D'ailleurs, si Jean était plus calme dans sa personnalité, je pense que Villecourt n'aurait pas du tout été blessé. Il ne faut pas oublier que Jean est également le narrateur et il est possible de s'interroger sur la réalité de ses propos.
Pour taper en français, vous pouvez utiliser Vietkey, c'est très pratique