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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
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06.11.2006
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Question sur la poesie... a completer!

Posté le 16.04.2007 par dIaNa
[SIZE=1]En quoi la poesie est-elle un art litteraire noble par exellence?[/SIZE]

-Melange de deux art : litterature et musique (et meme parfois la peinture(je ne suis pas sûre), exemple: les Tragiques d'Agrippa d'Aubigne où il decrit la guerre civile de la France au XVI XVIIeme siecle et on a l'impression d'avoir une peinture en face)*
-La poesie est associé à la tragédie historique.
-La poesie est l'une des meilleures façons d'introduire les jeux de mots( exemple: les calligrammes)
- Avec peu de mots, la poesie peut tres souvent creer chez le lecteur beaucoup de sensibilite.(exemple : Souvenir de la nuit 4 de Victor Hugo)
-A retenir! :Homere: Le premier poète grec & plus grand poete de l'occident-nomme Le poete. Victoe Hugo ecrit « Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore ».
- La poesie est difficile à definir--> ce qui la rend mystérieuse. De plus, un poème normalement ne se déchiffre pas ce qui ajoute une difference par rapport aux autres arts et qui la rend plus "riche".
.......A vous de corriger (s'il y a des erreurs) et de completer ce qu'il manque!

* Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné:
Inséparables de la question des guerres de religion, cette œuvre s’est élaborée dans une période de trente-neuf ans, de 1577 à 1616, et se faisant, elle constitue une sorte de miroir de cette période troublée, du règne de Charles IX au début du règne de Louis XIII. Elle est motivée, nourrie, guidée par la foi protestante de son auteur, ce qui, évidemment en fait un texte polémique : Charles IX y est présenté comme un bourreau sanguinaire, un traître de la pire espèce. D’Aubigné, ainsi, le nomme, le Chasseur déloyal, anagramme de Charles de Valois, hanté qu’il est par le meurtre de Coligny, le conseiller du roi, dont l’assassinat marque le début du massacre de la Saint-Barthélemy.

Sa poésie est nourrie par " l’obsession du sang et de la mort, le heurt constant des images violentes [ …], le climat de la guerre civile "(Baïlbé) dés Le Printemps mais avec Les Tragiques, elle se fait encore plus sombre et grave, loin de Ronsard, son premier modèle.

(Les Tragiques naissent des événements de 1572. Agrippa d’Aubigné n’était pourtant pas à Paris le 24 août 1572.) ...

Si vous voulez en savoir plus, allez dans ce site : http://www.clioetcalliope.com/moderne/agrippa/oeuvre.htm

Quelques sitations dans Les Tragedies :
" Servant de second à un sien ami en un combat prés de la place Maubert, il blessa un Sergent qui le vouloit prendre : ce qui lui fit quitter Paris et la Saint-Barthélemy fut trois jours après " dans Sa vie à ses enfants .
Dans cette citation, d'après moi, on a bien une image réelle de la situation, et c'est cette impression d'une peinture dont j'ai parlé précédemment.
Voila un exemple de peinture qu'on pourrait associer avec cette oeuvre





--

Une explication de "Zone" trouvée sur internet

Posté le 13.04.2007 par Cyrielle
J'ai trouvé ce commentaire de "Zone" sur internet et je me suis dis qu'il pourrait en aider certains qui n'auraient pas vraiment compris le poème.


Apollinaire, Alcools (1913)
Zone
Explication

Ce poème appartient (avec " Le pont Mirabeau ", " Marie ", " Cor de chasse " et " Le voyageur ") au cycle de Marie (Marie Laurencin, peintre, rencontrée en 1907).

C’est en changeant le titre du recueil " Eau de vie " en " Alcools " et en décidant de supprimer toute ponctuation que l’auteur rajoute en tête de l’ouvrage le poème " Zone ", dernier écrit de l’ensemble : il donne ainsi à son recueil une orientation philosophique.
155 vers irréguliers (rimant très souvent en distique), dans des strophes de longueurs multiples (1 vers, 2, 3, 4, 6, 8, 11, 14, 16, 29 vers) font le point sur les grands événements de la vie du poète et sur le monde moderne.

1. Mouvement du poème

L’auteur interpelle tour à tour ses états d’âme, certains de ses moments passés et des lieux de Paris sans ordre logique. Les présentatifs " Voilà ", " Voici ", " C’est " marquent le rythme et la tonalité.

Les 3 premiers vers, isolés, lancent ce parti pris de l’interpellation :
vers 1 : lassitude ; vers 2 : la tour Eiffel dominante et les ponts alentour ; vers 3 : le passé d’études classiques approfondies.
La strophe 4 (vers 4, 5 et 6) fait s’interpénétrer deux mondes qui se nient : la simple religion ancienne d’une part et le monde moderne des automobiles et des avions d’autre part.
La strophe 5 (vers 7 à 14) précise le heurt de ces deux mondes et place au milieu du conflit l’auteur qui choisit la religion et la poésie du monde moderne : affiches, prospectus, journaux, police, politique...
Strophe 6 (vers 15 à 24) : Aussi, le regard du poète s’arrête sur une rue " industrielle " qu’il décrit précisément, entièrement et durant 6 jours.
Strophe 7 (vers 25 à 41) : Dans cette strophe encore plus longue, le poète continue d’interpeller ce heurt entre les deux mondes. Il revoit la rue de son enfance où il invoque avec dérision certains des moments vécus dans la pratique religieuse.
Strophe 8 (vers 42 à 70) : Accroissement de la strophe en longueur (28 vers). L’auteur précise et développe ce conflit des deux mondes : Christ, apôtres, anges du ciel se mêlent aux avions. Les oiseaux arrivent par millions (vers 54) de tous les coins du monde - avec les symboles variés et puissants qu’ils représentent - comme pour résoudre " fraternellement " le conflit suggéré.
Strophe 9 (vers 71 à 80) : La strophe diminue de longueur (10 vers). Retour sur la ville : l’angoisse de l’amour déçu et de la solitude cherche une consolation dans la religion encore tournée en dérision. Les 3 derniers vers interpellent l’art classique des musées et le retour sur soi .
La strophe 10 comporte 2 vers surprenants : un souvenir ? une vision ? Ce sang réveille une douleur passée, peut-être celle de l’accouchement que l’auteur assimile à une donnée esthétique.
Strophe 11 (vers 83 à 88) : l’auteur noie l’image de l’aimée dans les flammes et le sang qu’il sacralise.
Strophe 12 (vers 89 à 94) : retour à un lieu de l’enfance dont il sacralise encore un élément.
Strophe 13 (vers 95 à 105) : autre souvenir encore sacralisé ou l’auteur met son propre visage parmi les figures des saints. Jeu sur le temps qui s’écoule dans l’autre sens.

Les 3 strophes suivantes, constituées de 3 vers isolés (vers 106, 107, 110), évoquent 3 lieux d’Europe d’une manière laconique. Ni le conflit des mondes précédemment décrits ni l’angoisse de l’amour déçu n’y sont suggérés.
Strophe 17 (vers 109 à 112) : Remémoration d’un autre voyage tout aussi laconique. On y apprend (avec humour sur le latin et avec jeu de mots) que l’auteur y a rencontré une jeune fille.
La courte strophe 18 (vers 112 et 113) éclaire brutalement et rapidement le désagrément fâcheux d’avoir été accusé du vol de La Joconde.
Strophe 19 (vers 115 à 118) : 4 vers presque réguliers. (3 vers de 13 pieds et un alexandrin !) reviennent sur la douleur de la vie et de l’amour et sur le temps perdu.
Strophe 20 (vers 119 et 120) : 2 vers irréguliers amplifient sur la douleur de l’amour déçu dans un sentiment de honte et d’épouvante.
La strophe 21 (vers 121 à 134) nous amène gare Saint Lazare ou l’auteur se fait sociologue : il observe les émigrants à peine arrivés et en donne une analyse qui dépasse la scène vue.
Strophe 22 (vers 135 et 136) : le poète sociologue se mêle à des crapules et des malheureux.
La strophe 23, constituée du seul vers 137, joue sur le contraste du changement brutal de décor.
Strophe 24 (vers 138 et 139) : Apologie des femmes qu’il juge, excuse et qu’il condamne cependant ; les femmes de rencontre ou celles qu’il a aimées ?
Les strophes 25, 26, 27 et 28, constituées d’un vers isolé chacune, décrivent impitoyablement 2 filles de rencontre.
Vers 140 : autre fille, autre ville, autre ambiguïté : est-ce la ville américaine sur l’Hudson ou l’île anglo-normande ?
Vers 141 : dureté du froid et de l’âge.
Vers 142 : séquelles d’une opération au ventre ou d’un accouchement.
Vers 143 : après la pitié, vient le sentiment d’humiliation et d’horreur.
La strophe 29 (vers 144 et 145) nous ramène au matin du début du poème (vers 15). Sentiment d’humiliation et de solitude souligné par le tableau de la vie qui commence (le lait quotidien pour les familles).
Strophe 30 (vers 146 et 147) : la nuit est comparée à la femme : belle, fausse, inaccessible ou fidèle comme les épouses bibliques.
La strophe 31 (vers 148 et 149) est constituée de 2 alexandrins presque parfaits si on prononce la diérèse " ta vi/e " (vers 149) et " une eau " en trois pieds. Ce distique est très révélateur du comportement général du poète. Il est à l’origine du titre du recueil qui s’appelait Eau de vie.
Strophe 32 (vers 150 à 153) : retour au domicile d’Auteuil. La fatigue de la nuit ne décourage pas le poète de marcher. Sa marche est comme un mouvement investigateur, méditatif et religieux. Il revient au Christ qui ne l’a pas guéri de son angoisse puisqu’il lui préfère des fétiches africains aux " obscures espérances ".
Strophe 33 (vers 154) : le plus petit vers du poème (4 pieds). Cet au revoir s’adresse à la ville qui s’éveille et au monde des vivants.
Strophe 34 (vers 155) : petit vers énigmatique de 5 pieds. Les critiques cherchent encore à qui est la tête dont le soleil est le " cou coupé ".

2. L’expression de l’amour déçu

L’amour désenchanté n’est pas ouvertement traité dans " Zone ", mais il en est le moteur : cet homme qui laisse aller son imagination, son inspiration et sa mémoire aux détours des quartiers qu’il arpente, est en proie à la douleur mentale de sa rupture avec Marie Laurencin.
L’évocation de l’amour apparaît clairement dans 4 strophes sur 34 (strophes 9, 11, 19, 20,). Celle des femmes de rencontre - pour noyer sa douleur - apparaît dans 8 strophes (strophes 10, 17, 19, 24, 25, 26, 27, 30).
La douleur précise provoquée par la rupture est explicitée dans seulement 6 vers : strophe 9, vers 73 et 74 :
" L’angoisse de l’amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé ".
Strophe 11, vers 86 :
" L’amour dont je souffre est une maladie ".
Strophe 19, vers 117 :
" Tu as souffert de l’amour à vingt et à trente ans "
Strophe 20, vers 119 et 120 :
" à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j’aime ".
Sur 155 vers, 4 phrases seulement dévoilent le moteur de l’écriture.

Cependant, le poème baigne totalement dans la sensation d’angoisse, le sentiment d’être exclu, la douleur mentale de l’amour deux fois déçu, les sanglots qui ne sortent pas.
Dans un jeu de dissimulation, de dérision et pour donner le change, Apollinaire développe souvenirs, impressions et méditations pour fuir ou oublier la douleur qu’il endure. Son insistance sur les femmes de rencontre est révélatrice de sa recherche d’amour. La honte et l’épouvante qu’il en ressent révèle la désillusion qu’il a connue alors que par deux fois il a rencontré l’amour " vrai " et qu’il n’a pas su le garder.
Inspiré par l’esthétique cubiste de la juxtaposition de différents points de vue du même objet, corps ou visage (Picasso), l’auteur juxtapose différentes évocations sans liens logiques, dans lesquelles il peut insérer sa propre personne en la dissociant en " Je " et " Tu ", ce qui lui permet de distancier sa douleur et de la fondre dans la description esthétique et poétique d’un parcours méditatif.
Mais c’est la lassitude et le chagrin qui dominent le poème : d’un matin au matin suivant, un homme marche, médite et se parle de sa vie et sa culture tout aussi décevantes en peignant des images de désenchantement, de solitude et de mort qui créent une atmosphère ambiguë au lyrisme moderne. Mais c’est le mal d’aimer et l’apologie de l’amour faux qui traversent l’évocation de ces tristes souvenirs d’enfance et d’adolescence. C’est l’amour déçu qui est indirectement exprimé dans ce décor de ville aux monuments rendus vivants même dans leur laideur. Fernand Léger, Delaunay, " peintres de la ferraille " et Picasso ont inspiré le poète dans l’art de déconstruire, désarticuler, désassembler un objet d’intérêt pour le rendre plus visible. En promenant dans Paris un œil curieux, observateur et incisif, Apollinaire rend visible son chagrin et assume la cruauté de la rupture d’amour en menant circulairement, comme une " ceinture qui se referme sur elle même ", (étymologie grecque du mot " Zone ") une investigation esthétique d’un nouveau langage poétique.

" Zone " est catégorisé dans les " Arts poétiques " de l’œuvre d’Apollinaire en raison des innovations majeures qu’il apporte à la poésie d’alors. Il est l’exemple littéraire de la recherche de formes discontinues et juxtaposées qui soient porteuses de sens.
Apollinaire semble avoir mis sa verve, sa sensibilité et ses exigences amoureuses au service de cette recherche.

Poemes Saturniens de Verlaine

Posté le 12.04.2007 par lireenpremiere
1. Biographie de Paul-Marie Verlaine (1844-1869)

La famille de Verlaine appartient à la petite bourgeoisie : son père, comme celui de Rimbaud, est capitaine dans l'armée. Il naît à Metz et fait ses études littéraires à Paris. A la suite, Verlaine est employé à l'Hôtel de Ville. Il collabore au premier Parnasse (1866) et fréquente de nombreux cafés et salons littéraires parisiens. En août 1870, il épouse Mathilde Mauté. Notons d’autre part que pendant cette période il y a eu la guerre contre la Prusse. Suite à l’armistice en janvier 1871 et à l’éclatement de la Commune en mars, Verlaine est nommé chef du bureau de la presse.

L’arrivée d’Arthur Rimbaud en 1871 a bouleversé la vie du poète. Il quitte alors son épouse pour suivre le jeune poète en Angleterre et en Belgique. En 1873, il le blesse d'un coup de revolver et est condamné à deux ans de prison qu'il purge à Bruxelles et à Mons. A sa sortie, il se rend à nouveau en Angleterre, puis à Rethel et exerce une charge de professeur. A la suite de la mort de sa mère en 1886, Verlaine tombe dans un état de détresse…

En 1894, il est couronné "Prince des Poètes" et doté d'une pension. Usé prématurément, il partage son temps entre le café et l'hôpital. Il meurt dans la misère en janvier 1896, à Paris.

Remarque : La publication des Poèmes Saturniens a été financée par Elisa Dujardin, la cousine de Paul Verlaine.

2. Bibliographie

1866 : Poèmes saturniens
1869 : Fêtes galantes : recueil inspiré par les tableaux du peintre Watteau
1874 : Romances sans paroles
1881 : Sagesse
1883 : Les Poètes maudits : manifeste du Symbolisme
1884 : Jadis et Naguère
1886 : Préface aux Illuminations de Rimbaud
1889 : Parallèlement : reflétant les déchirements internes
1891 : Bonheur, Chansons pour elle et Mes Hôpitaux
1893 : Odes en son honneur et Mes Prisons

Notons parmi les œuvres en prose : Les Poètes maudits (1884-1888), Les Mémoires d’un veuf (1886), Mes prisons (1893), Confessions (1895).

3. Composition d’ensemble

Le premier recueil de Verlaine est aussi, cela n'a rien de surprenant, celui où l'imitation de ses maîtres - Baudelaire, Hugo, Banville, Leconte de Lisle - est la plus visible. Par exemple, la thématique urbaine du créateur du Spleen de Paris transparaît dans Nocturne parisien, alors que les rimes rares et le goût pour l'Orient caractéristiques de Banville se retrouvent dans un poème comme Résignation. D'ailleurs, à l'époque de la rédaction des Poèmes saturniens, soit vers 1865, Verlaine se réclamait de l'art rigoureux et peu sentimental des Parnassiens.

Cependant, ce sont les pièces qui échappent le plus au credo parnassien qu'on retient d'abord des Poèmes saturniens. Les demi-teintes de Nevermore compose de paysages tristes, le bégaiement dans Mon rêve familier à propos d’une femme idéale, les vers brefs de Chanson d'automne, voilà ce qui, dans ce recueil de jeunesse, annonce le mieux ce que sera la voix de Verlaine.
Ajoutons enfin que l'allusion que le titre fait à Saturne renvoie à l'influence fatale et au poids de la mélancolie que les astrologues associaient jadis à cette planète. Ce recueil de poèmes nous a révélé de nombreux côtés de la personnalité de Verlaine comme sa douceur, sa sensibilité et également des défauts comme l’alcoolisme – l’alcool et l’absinthe sont les facteurs explicatifs de sa violence -.

4. Caractéristiques

Verlaine demande à la poésie d'être un chant discret et doux, traduisant des impressions indécises. En 1896, il s'est rallié au symbolisme que venait de lancer Moréas. Son art poétique traduit l'esprit du mouvement et l'originalité de son oeuvre. En ce concerne son écriture poétique, Verlaine a souvent l’habitude d’utiliser des rythmes impairs dans le but de rendre plus léger ses poèmes.

5. Lecture analytique

Chanson d'automne (1865)

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.


Situer le poème dans l’œuvre : - cinquième poème appartenant à la section « Paysages tristes »
. Suffocant = lam nghet tho
. Blême = tai xanh
. Langueur= lenteur
« Une véritable chanson »

. Champs lexicaux : - la musique : « sonne », « des violons », « monotone »  une chanson
- de la douleur : « blessent » (v.4), « sanglots longs », « je pleure », « blême », « suffocant »

. Vocabulaire simple
. Sonorités : légèreté avec les allitérations en « l » avec sanglots, longs, violons ; « m » dans tout la dernière strophe avec je m’en vais, vent mauvais, m’emporte, feuille morte.


« Structure »
. Particularité de ce poème :
- rythme 4-4-3 relève une fluidité
- vers très courts de 3 à 4 syllabes
- 3 strophes de six vers
- se termine par l’image d’une feuille morte
- La première évoque explicitement l'automne à travers une correspondance entre une sonorité et une douleur.

- La deuxième souligne bien la souffrance due à la nostalgie et l’importance des souvenirs face la fuite du temps. Ici il y a connotation de la mort.
- La troisième strophe nous montre visiblement la fragilité du poète qui se laisse emporter par le vent. Parallèlement, on remarque qu’il perd ses repères à travers des adverbes de lieu comme « deçà » et « delà ». Le destin du poète est devenu donc fragile comme une feuille morte.
Il perd en quelque sorte l’essence de la vie.
« Centres d’intérêt »
. Le voyage, esprit de vagabond car : vers 13, 14, 15
. La tristesse, la mélancolie : « je pleure » (v.12), son cœur blessé au vers (v.4), on observe une relation indirecte entre les différents éléments de la nature et l’état d’âme du poète.
. Une sensibilité extrême : l’intérêt porté pour la nature
. Le thème du temps passé dans la deuxième strophe : « des jours anciens », « je me souviens »
. La fatalité qui est exprimée par « une mort progressive » suggérée tout au long du poème jusqu’au dernier vers où elle est directement évoquée à travers l’image d’une feuille morte
« Analyse »
. Ce poème met en relation les sentiments intimes d’un être avec une saison qui a pour connotation la mort, la tristesse.
. Bien qu’il y ait tous ces éléments qui nous permettent de l’associer à un chant populaire, ce poème est également un miroir reflétant toutes les douleurs physiques et morales que le poète a sans doute ressenti lors de ses moments d’ivresse.
. L’automne dans ce poème est connoté très négativement, puisqu’il est rattaché à la mort. Il y a une absence complète d’éléments naturels, à part les feuilles mortes : ce qui signifie bien que l’objectif du poète est de centrer le regard des lecteurs sur les sentiments et sensations qui n’ont seulement sont engendrés chez lui, mais qu’ils considère comme les traits caractéristiques de la saison. Autrement dit, il donne à voir la manière dont il voit et ressent l’automne.

Conférence sur le métier de journaliste

Posté le 10.04.2007 par lireenpremiere
Demain, mercredi 11 avril à 18 heures, possibilité de rencontrer M. Pomonti ancien correspondant du Monde dans la zone Asie du Sud Est lors d'une conférence où il parlera de journalisme.

A ne pas manquer pour réfléchir à votre orientation et à ce qu'est l'information.

Descriptif de la liste de textes

Posté le 10.04.2007 par lireenpremiere
LYCÉE ALEXANDRE YERSIN DE HANOI
ÉPREUVE ANTICIPÉE DE FRANÇAIS 2007

NOM :
PRÉNOM :
SECTION :

1. LISTE DE TEXTES :


Objet d’étude 1 : La poésie.

Séquence 1

Parcours dans ALCOOLS de Guillaume Apollinaire.

Problématiques : Entre tradition et modernité : le lyrisme d’Apollinaire.
La modernité dans ALCOOLS.

Lectures analytiques : Le début de « Zone »
« Mai »
« Automne Malade »
« Nuit Rhénane »



Séquence 2.

Groupements de textes : Arts poétiques : évolution des conceptions de la poésie, en particulier du XIXème au XXème siècle.


En ouverture : Extrait de Art Poétique de Boileau, 1, v .147-182, « Ce que l’on conçoit bien… »

Extrait de Les Rayons et les Ombres de Victor Hugo

Extrait de Emaux et Camées, « L’Art » de Théophile Gautier

Extrait de Jadis et Naguère, « Art poétique » de Paul Verlaine

Extrait du Manifeste du Surréalisme d’André Breton, « Faites-vous apporter de quoi écrire…au mot qui suivra », 1924



Objet d’étude 2 : Le théâtre : texte et représentation.
Séquence 3.

Œuvre intégrale : BERENICE de Racine.
Problématique : Servir le texte ou s’en servir, comparaison de notes de mises en scène proposées en 2001 par Lambert Wilson et Fischbach et Montet.

Lectures analytiques : Acte1 sc1. : scène d’exposition.
Acte 1, scène 5, tirade de Bérénice.
Acte 4, scène 4, monologue délibératif de Titus.
Acte 4, scène 5.

Séquence 4.

Groupement de textes : La scène d’exposition : rôle des didascalies :renvois à l’ espace, aux déplacements, au jeu de l’acteur. Création d’une atmosphère et d’une relation spécifique avec le spectateur.

TARTUFFE de Molière, Acte1, scène 1

LORENZACCIO de Musset, Acte 1, scène 1.

EN ATTENDANT GODOT, de Samuel Beckett, début.
.




Objet d’étude 3 : Le biographique.

Séquence 5

Groupement de textes :
Le projet autobiographique : la mise en place d’une relation spécifique avec le lecteur. ( notion de pacte autobiographique)

Extrait des ESSAIS de Montaigne : « Les autres forment l’homme, je le récite… » Chapitre « Du Repentir ».
Extraits des CONFESSIONS de Rousseau,
Le Préambule
Extrait de ENFANCE de Nathalie Sarraute,incipit.


Séquence 6

Œuvre intégrale : Lambeaux de Charles Juliet.
Le biographique comme hommage filial et thérapie personnelle.

Prologue en italiques
p.149 à151
p.109


Groupement sur la figure de la mère dans un corpus de textes autobiographiques du XXème siècle en complément de l’étude du Lambeaux :
Extrait de La maison de Claudine de Colette. (1922)
Extrait de Le Livre de ma mère d’Albert Cohen. (1952)
Extrait de Les Mots de J.P.Sartre.(1964)
Extrait de Enfance de Nathalie Sarraute.(1983)
Extrait de L’Amant de Marguerite Duras.(1984)







Objets d’étude 4 et 5 :
Délibérer, convaincre et persuader :[b] L’essai, le dialogue et l’apologue.
Un mouvement littéraire européen : Les Lumières.[/b]

Séquence 7

Groupement de textes : Le mythe du bon sauvage : De l’Humanisme aux Lumières.

Lectures analytiques :

ESSAIS de Montaigne, extrait du chapitre « Des Cannibales » : La rencontre des « sauvages » à Rouen.


FABLES de La Fontaine, « Le Paysan du Danube » : la harangue du paysan.

DISCOURS SUR L’ORIGINE ET LES FONDEMENTS DE L’INEGALITE PARMI LES HOMMES de Rousseau, extrait à partir de «En dépouillant cet être (…) décrépitude de l’espèce »

SUPPLEMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE de Diderot, extrait à partir de « Pleurez…vertus chimériques »




2. PRÉCISIONS SUR LE TRAVAIL EFFECTUÉ PAR SÉQUENCES ET PISTES POUR L’ENTRETIEN.


Séquence 1

Insistance sur la structure du recueil et les thèmes récurrents, réflexion sur le titre, ( le lyrisme amoureux, le thème de l’automne, l’image de la femme,la modernité), sur le rapport d’Apollinaire avec les peintres.
.


Séquence 2




Dissertation : « Qu’est-ce qu’un beau poème sinon une folie retouchée ? » G. Bachelard

Réflexions : N’y a t-il de poésie que versifiée ? Poésie et Peinture, Poésie et Musique, « utilité » de la poésie. Découverte du slam de Grand Corps malade et d’Abdel Malik.

Autres « arts poétiques » en lecture cursive :

Extrait de la lettre à Paul Démeny de Rimbaud, « En Grèce…elle sera en avant », 15 mai 1871
Yves Bonnefoy, Entretien sur la poésie.
Philippe Jacottet, Une transaction secrète.

Lecture cursive de Lettera Amorosa de René Char dans le cadre du Printemps des poètes.

Etude par groupe d’un autre recueil de poèmes du XIXème ou XXème siècle.

Facultatif : Rencontres avec le poète Jean_Michel Maulpoix : lecture scénographiées à l’Espace : La Température de la Poésie en présence de deux poétesses vietnamiennes.
Hommage à Blaise Cendrars en présence du poète André Velter.
Récital de poèmes d’André Velter par lui-même : Habiter poétiquement et cavalièrement le monde.




Séquence 3

Projection et commentaire du fil sur la Phèdre mise en scène par Patrice Chéreau.
Comparaison de notes de mises en scènes récentes de Bérénice : 2001, Lambert Wilson et Fisbach / Montet.
Réflexions : « Bérénice, ce n’est pas une pièce à représenter mais à lire ».


Séquence 4 :
Lecture cursive de la pièce de Jean Tardieu : Trois personnages entrent dans un tableau, synthèse du travail sur poésie, peinture et théâtre.
Comparaison de photos de mise en scènes du Tartuffe de Molière dans le manuel de Première.
Essai de mise en scène par groupe du début de En Attendant Godot.
Lecture cursive de La Visite de la Vieille Dame de Friedrich Durrenamatt et analyse de la représentation donnée à Hanoi dasn une mise en scène de Rudolph Straub.

Séquences 5 et 6



Réflexion sur l’engouement de nos contemporains pour le genre biographique : étude d’un article du « Monde », dissertation.
Suffit-il de se souvenir pour écrire une autobiographie ?
Réflexion sur l’importance du lieu comme ancrage de la mémoire et sur le souvenir d’enfance.
Commentaire d’image : « L’écriture de soi », dessin de Sergueï dans le « Monde ».
Commentaire libre d’un autoportrait pictural et recherche sur le biographique en BD à travers la découverte de Persépolis de Marjane Satrapi.Le biographique dans d’autres arts.
Comparaison d’un épisode de la vie de Malraux dans deux biographies et son autobiographie : la différence entre biographie et autobiographie

Séquence 7 et 8

Montaigne et « les sauvages » : confrontation de trois textes de Montaigne extrait de « Des Cannibales » et « Des Coches ».
La polémique de Voltaire contre Rousseau à propos des Discours : commentaire comparé de deux textes.
Lecture cursive d’un conte de Voltaire : L’Ingénu

Quel est le statut du récit ? Conte philosophique, roman d’éducation, parodie de roman sensible ?
La satire : Qui est visé ? Par quels procédés ?
L’ingénu est-il « un bon sauvage » ?
Dans quelle mesure L’Ingénu est-il un texte représentatif du mouvement des Lumières ?
Dossier personnel sur le mouvement des Lumières.



Signature du chef d’établissement, Signature du professeur,


Emission poesie sur parole sur France Culture:

Posté le 09.04.2007 par lireenpremiere
cette semaine, émission exceptionnelle en ligne jusqu'à dimanche prochain; Poésie dur parole d'André Velter du dimanche 8 avril 17h30 à 18h sur René Char. Vous pourrez entendre René Char dire lui-même ses textes et sa femme présenter son oeuvre en discutant avec André Velter. Bonne écoute. On peut même "podcaster" l'émission.

Je suis entrain de corriger les dissertations, s'il y en a d'autres qu'elles me viennent vite!
A plus Christine

Notes sur la rencontre avec André Velter

Posté le 07.04.2007 par Hai Nga
Notes sur la rencontre avec André Velter à la médiathèque de l’Espace

Blaise Cendrars, un français ou un suisse ?

La Suisse célèbre la Francophonie en honorant Blaise Cendrars, voulant rappeler aux français qu’au départ, ce poète était bien un suisse. Or, Cendrars a été connu à l’étranger bien avant en Suisse. Il a participé à la Première Guerre Mondiale au côté français, et a même perdu son bras droit dans les batailles. En 1916, il est naturalisé et obtient la nationalité française définitivement. Il est ainsi devenu français non par le sang qui coule en lui, mais pour le sang qu’il a versé pour la France. D’ailleurs, les français considèrent bien Blaise Cendrars comme un compatriote. Finalement, André Velter en conclut que Cendrars est un citoyen du monde qui essai de toujours être en conformité avec ce qu’il vit. Ni son origine suisse, ni son rattachement avec la France est négligeable pour pouvoir dire qu’il appartient seulement à un pays. Sa poésie est lue dans le monde entier, et il participe donc au patrimoine culturel mondial. Pour André Velter, il n’y a pas de poésie de langue française, il n’y a qu’une poésie écrite en langue universelle et qui est appréciée partout dans le monde.


Portrait de Blaise Cendrars par André Velter


Blaise Cendrars est quelqu’un qui aimait le danger, le risque. Selon lui, une vie dangereuse est la seule voie possible pour obtenir une liberté totale. Dans La vie dangereuse, il est parti sur un bateau sans jamais savoir le but à atteindre. Ainsi, c’est un artiste qui aimait des changements perpétuels. Une fois qu’il découvre quelque chose, il ne l’exploite plus mais passe à une autre. Sa passion aura été de se tendre toujours vers les risques. Blaise Cendrars ressemble à Picasso, sauf qu’il incarne une version plus révoltante : il ne cherche pas, il trouve.
Il aimait les légendes et les mythes jusqu’au point de pouvoir se mystifier. On ne sait toujours pas s’il a effectué véritablement les voyages qu’il évoque dans ses poèmes. D’ailleurs, il ne se prend pas pour un poète :
« Il n’y a rien de pire qu’un poète qui se prend pour un poète » - Rimbaud.

Lecture de poèmes par les élèves de 1ère et André Velter

Tu es plus belle que le ciel et la mer
La légende de Novgorod
Toulon
En route pour Darar
Dans le rapide de 19h40

La modernité chez Cendrars et Apollinaire

Les deux poètes ont accueilli la modernité dans leur poésie. Néanmoins, Apollinaire qui se trouve à l’intervalle entre le XIXème et le XXème siècle, entre l’ancienneté et la modernité, apporte un rythme toujours mêlé à la beauté poétique antérieure. Héritier du XIXème siècle, il garde toujours une musicalité extraordinaire à l’oreille comme dans la poésie de Baudelaire. Mais il a compris que quand le monde se métamorphose pour entrer dans la modernité, le monde poétique de Baudelaire sera bousculé. Il cherche alors à s’adapter à un nouveau monde.

Cendrars, lui, n’a pas du tout de rattachement avec le XIXème siècle. Il ne se soucie pas d’imiter les précurseurs puisqu’il est lui-même héritier de son propre temps : le XXème siècle. Cendrars n’a pas connu la période où l’on devait s’adapter la modernité, il est né en même temps que l’essor de cette modernité avec la volonté de conquérir le monde. Sa poésie correspond alors totalement à la modernité : on y retrouve un rythme mécanique. « La modernité doit s’écrire à l’oreille ».

Le slam est-il une pratique poétique ?

Le slam apporte une manière de dire les choses de façon rythmée. C’est l’oralité dans le rythmique. Il arrive du Québec et des Etats-Unis depuis bientôt 10 ans. Mais cette façon de donner du rythme et de l’oralité à la poésie existait bien avant l’arrivée concrète du slam. Aragon en 1938 a déjà lu en immitant le bruit du train. André Velter a quant à lui commencé à dire des poèmes de façon rythmée avant l’arrivée du slam proprement dit en France.

Lettre à André Velter

Posté le 07.04.2007 par lireenpremiere
A André Velter, mars 2007 à Hanoï...

Et à vous dont je parle dans le texte à la troisième personne !

Première rencontre à Kuala Lumpur grâce à la famille Majrouh à qui tu rendais visite : fierté d’Armand de te présenter à moi comme le grand poète ami de la famille. Je ne savais rien des deuils que tu vivais, je percevais une sorte de distance diffuse, une lassitude, au delà de l’étonnante énergie que tu as mise à parler aux élèves de la place de la poésie dans ta vie, de tes voyages qui la nourrissent, de l’Afghanistan, du poète Majrouh– cette année grâce à toi j’ai enfin lu Les Cavaliers de Kessel. Je me souviens aussi de ton besoin de capter le regard d’un auditeur et de t’adresser à lui en particulier, au de là de l’assemblée réunie...
Ton passage nous avait marqués, les élèves et moi, et aussi le récital que tu as donné à l’Alliance de Kuala accompagné à la vinah par cette magnifique musicienne que j’ai entendue souvent depuis à la maison Sutra de Ramli Ibrahim. L’Inde, L’Arbre seul...
Les noms des villes, les départs les images entrevues d’un territoire parcouru sans attentes préconçues, les galops des chevaux et les musiques de tous les transports, une rage intérieure qui sait se muer en vraie colère, une vocation au large et plus encore à l’altitude, tout cela porté par une voix très douce, très chaude, arrimée à un souffle qui s’enchante lui-même et trouve dans son émission une assise où s’amplifier, se reprendre,se retendre, soutenu par le regard qui cherche au loin.
Mais le corps ne dansait pas cette fois- là où tu lisais assis, tendu vers la musique, tu cherchais à fondre les mots dans les inflexions de la vinah.
Rencontre, échange de regards avec la musicienne, concentration d’une écoute plus qu’amie...

Puis hasard objectif, un an après, tomber sur toi-et Sophie déjà- à Madras au festival de musique karnatique- je me souvenais de ce que tu en avais raconté et j’avais insisté auprès de Bruno pour que nous restions un peu à Madras dans cette perspective- mais de là à t’y rencontrer...
Tu nous conseilles d’aller écouter Kadri Gopalnath et le concert depuis reste dans nos mémoires comme une expérience musicale sans analogie, sans précédent- le meilleur saxophoniste depuis Coltrane, sans doute- et la ferveur de la salle suspendue, hors du temps dans les volutes de la musique, la caresse de milliers de paumes scandant le rythme pour accompagner la transe intérieure. Le concert s’achève sans un applaudissement sur une sorte de prière et chacun s’en retourne ,comme rasséréné, aux bruits et à l’agitation de la ville, la nuit est tombée sur Madras...

Bonheur d’apprendre par Nugyet ta venue à Hanoï : troisième rencontre placée sous le signe de l’amitié.
D’abord Cendrars à l’initiative de Ricarda de l’Ambassade de Suisse, tu acceptes de présenter l’auteur, quatre élèves de première vont lire des textes choisis par Ricarda : Voyages...

« Je voulais m’engouffrer dans la vie de la poésie/ et pour cela il me fallait traverser la poésie de la vie. »Ton collage pour présenter Cendrars, mais surtout le tempo adopté pour sa lecture nous ont donné avec la plus grande évidence accès au rythme de Cendrars, à sa fuite, à son élan libérateur :

«[b] Non, je ne veux pas toute ma vie acheter et vendre. Je veux vivre en aventurier, en vagabond, aux frais des marchands
Je veux que la réalité m’apparaisse comme un rêve et vivre un monde de visions. »[/b]
Cyrielle et Tram Linh vibrent à ta voix, je l’ai vu, échanges de regards, la voix, réminiscence d’un texte de Charles Juliet au début de l’année, l’hypersensibilité à la voix d’autrui, à son timbre, à son grain, à ce qu’elle dit du corps tout entier d’où elle vient.
Ton plaidoyer en faveur d’une poésie qui se fabrique au coeur de la vie, qui ne s’en sépare pas, d’une poésie qui prenne le risque de vivre vraiment. Sourires à tes remarques caustiques sur une société qui bientôt fournira des casques pour les ascenseurs, des ceintures de rappel dans les escaliers, un linceul à porter sur nos têtes dès la naissance pour que la mort ne nous surprenne pas...
« Partir, partir...quand on aime, il faut partir... »
Les petits drapeaux helvètes ironiquement disposés sur les chaises des premiers rangs, vides, et un peu partout dans la médiathèque, sont à chaque mot démentis par le choix de textes de Ricarda...Cendrars, poète français d’origine suisse, Cendrars poète, la poésie n’étant d’aucune nation, , Cendrars, inventeurs de formes sans qu’elles soient jamais pour lui des procédés, un fonds de commerce...

Retrouvailles le vendredi 30 mars, début des vacances de Pâques. J’ai libéré l’option théâtre pourqu’ils puissent venir t’écouter. Ils sont venus nombreux , les premières, les troisièmes aussi. Tous ? C’est trop rêver !
Tu es heureux d’être accompagné par un musicien vietnamien sur un luth que tu qualifieras de solaire. Le début de l’intervention est un peu gâchée par des problèmes de régie : l’on entend les traducteurs dans les baffles de la salle par dessus ta voix et l’on a oublié d’y faire le noir.
J’ai un peu peur pour toi, mesure le risque de ce type de rencontre. Il faut qu’elle se produise vraiment ; tu es à l’écoute, un peu tendu, regard vers Sophie qui te fait cacher la bouteille d’eau en plastique, vilaine sur les photos. Je te sens en péril sur les premiers poèmes, le poète vietnamien dit les textes avec beaucoup de conviction et puis je sens que peu à peu la salle te suit, danse avec toi, l’émotion est palpable, mes yeux s’embuent.
Tu as gagné, les élèves qui composent l’essentiel de la salle sont séduits, oui, la poésie est vivante à l’instant pour eux, qu’importe si certains sont plus impressionnés par la virtuosité du musicien, souvent ils aiment si peu ce qui est issu de leur propre culture...

Ils ont vu le poète danser et les poèmes prendre voix dans le corps qui les a jetés sur la page...

Mur notionnel sur la poésie

Posté le 07.04.2007 par lireenpremiere
Puisque personne n'a mis le sien, je me résous à publier le mien, mais je suis trop bonne! Encore une fois , il faut travailler les murs notionnels qui contiennent toutes les possibilités de questions pour l'entretien et les dissertations potentielles, or il faut anticiper... et combler les lacunes éventuelles en utilisant les deux manuels, les recherches perso et en me questionnant en retour:

Poésie : Mur Notionnel .

Que retenir ?

Genre littéraire.
Manière d’écrire
Manière de sentir
Manière de regarder le monde
De le rendre plus beau, de le transformer, de l’habiter…

Longtemps Ecriture en vers, importance de la forme, des contraintes, de la prosodie, de la métrique. ( faire un recensement des formes fixes: histoire du sonnet, du rondeau, de la ballade. réviser la notion de rythme en poésie, ne pas confondre rythme et rime, réviser le vocabulaire précis de la métrique.)

Découpage du texte sur la page. Dimension plastique : poème dessin, calligramme ("ideogramme lyrique " chez Apollinaire), importance du blanc de la page…

Non prose mais existence d’une prose poétique, du poème en prose : évolution vers une liberté formelle de plus en plus grande mais alors comment décider du caractère poétique ou non d’un texte ?
Utilisation particulière du langage : le langage comme matériau poétique : jeu avec les mots, avec les sons et les sens. Souci du signifiant aussi important sinon plus important que le signifié, suggérer plus que décrire, produire un effet émotionnel. Ne pas chercher à tout prix à "traduire" le poème en langage rationnel car réducteur de lui assigner un sens univoque, chercher plutôt à construire les effets qu'il produit sur le lecteur.
Interrogation sur le rapport entre le fond et la forme
Dimension musicale du langage ( caractéristique primordiale) : lyrisme, chanson. Rythme, sonorités, rapport à l’oralité, à la profération, à la voix vive, au souffle, à la cadence.

Mise en évidence de registres : lyrique, épique, satirique, pathétique, élégiaque…
Peut contenir plusieurs types de discours : poésie narrative, argumentative, descriptive, impressive, expressive…

Mise en évidence de thématique récurrente : l’amour, la célébration de la femme, de la nature, le spleen, la fuite du temps…
Poésie engagée, au service d'une cause.
Importance de l'adresse à l'autre, du don, du présent que représente un poème.
Rapport entre poésie et autobiographie; la spécificité du "je" lyrique ( voir site de Maulpoix).

Evolution de la notion de poésie : les différents courants de l’histoire littéraire : poésie courtoise (M.A.), La Pléiade (16ème), Baroque ( 2ème moitié du 16ème et début 17ème), Classicisme ( 17ème), Romantisme ( 1ère moitié du 19ème), Parnasse ( milieu 19ème), Symbolisme ( 2ème moitié 19 ), Modernité, Surréalisme, la poésie du XXème et contemporaine ? (Caractéristiques, pourquoi des changements de forme, permanence du genre…)
Poètes de transition : Baudelaire,Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire…

Etymologie : faire, fabriquer, créer.

Les dieux grecs de l’ART : Apollon et Dionysos. ( Cf. définition du poème comme "folie retouchée".
Le mythe d’Orphée et ce qu’il nous révèle: la puissance du poète qui est capable de créer l'harmonie autour de lui, de charmer même les bêtes sauvages et les dieux implacables des Enfers, le lyrisme amoureux et élégiaque du manque et de la perte ( chant du deuil et de la douleur), la poésie comme monument, mémoire fidèle de ce qui disparaît et meurt. La question de " la présence"

A différentes conceptions de la poésie, différentes figures de poète : rôle dans la société, place. ValorisationDévalorisation.( Le "vates", l'aède de l'Antiquité, le serviteur des Princes éternisant leur Renommée, le troubadour, le trouvère, le favori des muses, le guide du peuple, le "phare", le "maudit", El Desdichado, le "prince des nuées" que "ses ailes de géant empêche de marcher", le génie, le vieux chinois peintre veillant sur la faible flamme de la poésie et offrant son travail en viatique aux agonisants, le clown...( A vous de complèter en fonction des auteurs et des poèmes que vous connaissez dans lesquels le poètes a parlé de sa fonction ou de sa condition)

Problématiques dégagées :

N’y -a-t-il de poésie que versifiée ?
La poésie parle-t-elle plus à l’ouïe qu’à la vue ?
Quelle différence y-a -t-il entre chanson et poésie ?
La poésie existe-t-elle en dehors de la littérature ?
Le langage de la poésie est-il un langage noble, complexe, hermétique ou doit-il tendre à la simplicité, au langage de tous les jours ?
Au XXème siècle, la notion de poésie est-elle encore pertinente ? Ne pourrait-on dire que toute littérature est poétique ?
La notion de contrainte formelle est-elle selon vous indispensable à la création poétique?
La poésie ne fait -elle qu'exprimer des sentiments?
Quelle est l'évolution de la poésie depuis le début du XIXème siècle?
Que savez-vous des relations entre la peinture et la poésie à partir des XIXème siècles?
Qu'appelle-t-on la "modernité" en poésie?
Le "slam" est-t-il vraiment de la poésie?

L'idéal serait que vous complétiez ma synthèse avec vos trouvailles!

Notes conférence Température de la poésie

Posté le 05.04.2007 par Hai Nga
Notes sur la conférence La température de la poésie

La séance commence avec la lecture des poèmes de Jean-Michel Maulpoix, de Phan Huyen Thu et de Da Thao Phuong (deux poétesses vietnamiennes), accompagnés par des instruments de musique (violon alto et luth)

1. Extraits de « Au Pays de l’eau et du lézard blanc » de J.M Maulpoix
2. Extrait de « Une histoire bleu » de J.M Maulpoix
3. « Prière » puis « Tardive fleur de Lotus » de Da Thao Phuong
4. « Refrain pour un matin d’hiver » de Phan Huyen Thu
5. « L’homme à la couleur bleue » de Da Thao Phuong
6. Extrait de « Une histoire de bleu » de J.M Maulpoix
7. Extrait de « Une histoire de bleu » de J.M Maulpoix
8. « Grand chemin » de Da Thao Phuong
9. « L’homme les hommes s’en vont vers l’avenir » de Phan Huyen Thu

A la question « Quel sens donneriez vous au titre de la conférence ? », les poètes ont répondu différemment :

Pour J.M Maulpoix, la poésie est chaude et enflammée : il s’agit du discours, à énoncer oralement. C’est pour cela qu’on doit accorder beaucoup d’importance au souffle. Il évoque le schéma classique de transmission de la poésie par poète « prophète » : Dieu  Muses  Poète  Public.

Pour Phan Huyen Thu, la présence de la poésie fait augmenter la température ambiante et crée donc une sort de fièvre dans l’espace. La poésie va cependant perdre son sens primitif, elle refroidit et perd sa chaleur à force d’être usée dans les buts lucratifs (en général, les buts inadaptés). Dans un ordre : Paille  Allumette  Feu, les bons poètes devraient pouvoir incarner l’allumette. Ils sont capable de recréer et maintenir la fièvre de départ chaque fois qu’une personne lise leur poésie.

Pour Da Thao Huong, elle parle d’un manque de « feu » à côté des signes matériels abondants. Les hommes sont entrain de perdre le vrai sens de vivre, ils se perdent dans un degré étouffant de mensonges. Mais ils n’osent pas aller chercher la présence du feu à cause de la peur de perdre leur bonheur actuel (qui n’est qu’illusion).

« Comment expliquer la perte des lecteurs de livres poétiques ? Quelle réaction devrait-on tenir face à la poésie ? »

J.M Maulpoix parle d’un désintérêt pour la poésie. Il explique que le monde poétique est assez petit : le public, les poètes et les éditeurs ne sont pas très nombreux dans ce domaine. C’est pour cela que la poésie est inadaptée à toute la population, et donc à la consommation de masse. Même le milieu universitaire dispose d’un accueil très « doux » pour la poésie contemporaine. Les études littéraires sont délaissées (le Bac L avec des effectifs en chute libre !). Cependant, il faut souligner que ce monde poétique est restreint mais très vivant. Il a une longue histoire et une invention infinie des formes nouvelles. L’articulation se fait sur les choses rares, avec pour sujet de dire le monde.

Phan Huyen Thu : « Pourquoi écrire et publier, pour quel lecteur, si on finit tous par se soumettre à la mort ? ». Elle définit un poète réussit comme quelqu’un qui meurt dans un cercueil imaginaire orné et brillant, admiré par les lecteurs. Elle utilise également la métaphore du miroir. Le poème est comme un miroir, si le lecteur y voit son image, il va l’acheter. Mais avant que le lecteur puisse y voir son image, le poète doit arriver à voir sa propre image dans le miroir.

Da Thao Phuong accuse les éditeurs de ne plus savoir choisir les poèmes à être publiés dans les journaux, ce qui entraîne chez l’ensemble des bons lecteurs une perte de l’envie d’être rattaché au monde poétique. La vraie poésie est en déclin face à la médiatisation culturelle.

J.M Maulpoix pense que la poésie est un même nom pour désigner la diversité littéraire contemporaine, la « postpoésie » n’existe pas. « Autre chose » = différence de tout ce qu’on peut appréhender de la réalité, inquiétude métaphysique. Les poèmes sont des coupures de langages, découpés sur le papieR. Tant qu’il y aura quelqu’un qui sait penser et parler avec un vrai langage (qui se distingue des machines), la poésie continuera d’exister. Il parle du mot « Boucheoreille », fait de la fusion des deux mots « bouche » et « oreille », comme un besoin d’existence.

Pour Phan Huyen Thu, le langage est un corps vivant. Le poète doit chercher à maintenir cette vivacité devant des menaces de la modernité car sinon le monde sera rempli de demi-morts.

« Est-ce que tous les autres arts ont chacun un peu de poésie ? »

J.M Maulpoix parle du lien étroit entre la poésie et les autres arts (poésie et peinture par ex.). Le poète est lui-même un critique d’art. La poésie se distingue pourtant par le travail du langage (pensée, idée, jeter les mots sur le papier, structurer et organiser) pour dépasser les sentiments et entretenir une communication. La poésie dans sa dimension la plus forte n’a pas besoin de fiction ni de personnage. Le travail poétique s’effectue en concentration, avec souvent de la plasticité.

Point de vue de Le Dan, un poète vietnamien

La rencontre avec la poésie devrait être personnelle et moins influencée par les moyens de communication, la consommation de masse. Le poète est quelqu’un qui pose des questions mais qui n’attend pas forcément une réponse. Et enfin, la poésie ne mourra pas car 1000 fois où l’on veut la tuer, elle survit toujours.
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