Suggestions très simple trouvées sur la toile.
Explication de l'incipit
I
ntroduction
Présentation rapide de Zola et situation du roman dans l'ensemble de l'oeuvre, Les Rougon-Macquart.
Situation du passage dans le roman : un incipit ; rappel bref de ce que le lecteur attend d'un incipit : présentation des éléments qui constitue la base de la trame romanesque, et présence d'éléments de suspense qui incitent à poursuivre la lecture. Le contrat sera-t-il rempli ici ?
Annonce du plan : fil conducteur : une page centrée sur le personnage principal, quel que soit l'aspect envisagé : 1. Une page de présentation ; 2. Un mouvement narratif centré sur l'attente.
I)
Une page de présentation
1.
Le cadre extérieur spatio-temporel
Une grande ville ("les boulevards extérieurs") ; un quartier animé (hôtel, restaurant, boulevards) et vraisemblablement populaire (étant donné la description de la chambre, "la belle chambre de l'hôtel"). Une nuit de demi-saison ("frissonnante", "air vif"). La ville et la nuit ne sont perçues que de l'intérieur de la chambre où se trouve Gervaise ("aperçu", "croyait l'avoir vu"), d'où une certaine imprécision et une vue très limitée (les limites de la vue qu'offre la chambre).
2. Le cadre intérieur
Une situation de misère, telle que la perçoit Gervaise : "lentement, de ses yeux..." :
description par l'absence ("ébréché", "vide", "troué", "mangé"). Absence qui se fait sentir même dans les couleurs : "déteinte", "sales", "boue", "zinc" : tout est gris, couleur de sale.
Description par le dénigrement : connotations négatives dans le choix des termes : "graisseuse", "traînait", "lambeau", "nippes", etc.
3
. La présentation des personnages
Trois êtres fragiles, nommés par leurs prénoms et leur lien de parenté : mère et enfants. Trois personnages présents dans la pièce. Aucune description physique : c'est le regard de Gervaise qui prime : focalisation interne ("le regard noyé") : elle n'a pas besoin de se décrire ni de décrire ses enfants.
Deux êtres absents : Lantier et Adèle. Lantier nommé soit de manière à montrer le couple qu'il forme avec Gervaise (la malle), soit de manière isolée, par un "il" sujet tout-puissant, cherchant à se séparer de Gervaise ("il l'envoyait se coucher avec les enfants"). Adèle n'importe qu'en tant qu'élément explicatif de l'absence de Lantier.
Des éléments descriptifs qui passent essentiellement par le regard de la jeune femme. Ils s'inscrivent dans une trame narrative elle-même entièrement centrée sur l'émotion de Gervaise.
II)
Une trame narrative fondée sur l'attente
1. L'évocation du temps qui passe
Notations d'heures : deux heures du matin ; cinq heures. Notations plus floues : "son attente de la nuit".
Le jeu des temps verbaux : plus-que-parfait : antérieur au récit, qui commence "in medias res". Plusieurs "flash-back" dans ce passage : premier verbe ; "elle avait aperçu", "on avait ajouté". Cette évocation d'un passé antérieur au récit permet au narrateur de donner au lecteur des informations importantes, sous couvert de souvenirs de Gervaise.
Le récit proprement dit commence donc à cinq heures du matin. Opposition entre l'imparfait d'habitude (une habitude antérieure au récit) et le passé simple qui crée la rupture avec cette habitude ("s'éveilla", "éclata") ; d'où un autre imparfait, explicatif et duratif : "il découchait".
2.
L'attente en elle-même
- Opposition entre l'impatience angoissée de Gervaise et le calme de ses enfants endormis paisiblement (présence même du sourire chez Étienne).
- une attente douloureuse : présence des larmes : "joues trempées de larmes", "éclata en sanglots", "voilés de larmes", "crise de sanglots" "cris légers".
- une attente qui permet des suppositions, en particulier à propos de Lantier : le personnage d'Adèle ; implicite dans le terme "découchait". Le lecteur n'en saura pas plus pour le moment, mais le jugement porté par Gervaise sur l'un des autres protagonistes du roman est déjà aisément perceptible.
Conclusion
Une page liminaire qui remplit tout à fait son rôle d'incipit : présentation du milieu social dans lequel vit l'un des personnages principaux de l'histoire : une page qui satisfait aux exigences des naturalistes : la misère est montrée sans ambiguïté, sans fard. Mise en place d'un élément de l'intrigue : les relations au sein du couple formé par Gervaise et Lantier. Enfin, présence de suspense : Lantier rentrera-t-il ? Le lecteur participe pleinement à l'impatience de la jeune femme, d'autant plus facilement que dans l'ensemble de cette première page, le narrateur s'est effacé derrière son personnage.