Notes sur le personnage de roman: numéro de la NRP
Roman : genre sans loi ni règle se modifie et se renouvelle sans cesse.
Impérialisme sur les autres genres : enjeux philosophiques ( affaire de connaissances et de pensées)
1.Une représentation fictionnelle.
1a. L’invention du personnage par le romancier :
Moment clé de l’écriture romanesque : souvent penser comme un enfantement cf Flaubert, cf Henri James : « acte de possession par un autre poussé à son extrême. »
Parlent des pers. comme s’ils étaient réels, relation de personne à personne.Cf Marguerite Yorcenar ayant l’impression de coucher dans le même lit que Zénon, pour L’Oeuvre au Noir.
Svt. transposition d’une expérience perso. Ou d’une personne réelle.
Puiser dans la réalité pour aboutir à la réalité fictionnelle. ( pas calque mais procédés de grossissement, de mélange, d’hybridation)
Produit d’un croisement : cf Aurélien d’Aragon, ni Drieu la Rochelle ni Aragon mais « dans l’un et l’autre une sorte de vérification du personnage créé.
Mauriac : pers. secondaires empruntés à la vie. Pour les autres situés dans son milieu d’origine, mais modification de l’atmosphère.
Parfois part maudite que le romancier exorcice par l’écriture.
« Loupe » qui simplifie ou amplifie les tentations et les passions, lieu où se reconfigure l’expérience personnelle : liberté de déplacer ce que l’on est et ce que l’on a vécu, part de vérité plus grande que dans l’autobiographie : dire l’expérience personnelle à travers le prisme de pers. inventés au plus près de la complexité de l’existence : quête d’une vérité de soi cf la Recherche de Proust
1.b.
Le personnage et son lecteur :
identification, surtout nous faire pénétrer dans la tête du personnage ; roman à la première personne, flux de conscience, monologue intérieur : supériorité de la fiction sur la vie, sur le réel. Le roman nous permet de faire ce qui est impossible dans la vie : nous mettre dans l’esprit de quelqu’un.
Effet personnage : transformation du lecteur.
1.c.
le portrait :
description prise en charge par le narrateur ou focalisation interne.
Tension vers une individualisation problématique, personnage issu d’une série, représentatif, entre type et individu.
Tjrs lacunaire, part d’indétermination donc choix signifiant qui préside au portrait. Personnage solidaire du milieu. Biographie et généalogie.
1d. L’identité narrative se construit dans le temps :
pers. pris dans une évolution ( même dans une seule journée). Importance du travail de mémoire lors de la lecture et dans une moindre mesure de la projection dans l’avenir : élargissement de l’empan temporel du roman.
Identité pas seulement permanence dans le temps mais maintien de soi dans le temps ( cf Ricoeur concepts de mêmeté et ipséité) : dialectique.
Roman comme laboratoire qui montre les variations de l’identité.
Roman moderne : identité problématique : le personnage ne peut plus s’égaler à son caractère, crise d’identité : l’intrigue ne tend plus à la clôture, le récit peine à configurer une totalité qui fait sens. Roman gagné par l’essai, la philosophie.
Représenter un monde imaginaire qui corrige le nôtre, monde plus absolu où les passions ne sont jamais distraites, où les êtres sont livrés à l’idée fixe et toujours présents les uns aux autres.
Transforme les aléas de la vie en destin, tend à contrecarrer tout ce qui relève du hasard : produire du sens, fabriquer du destin sur mesure.
Comme nous et fondamentalement différent : la souffrance est la même, le mensonge et l’amour. Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin et il n’est même jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu’à l’extrémité de leur passion... C’est ici que nous perdons leur mesure, car ils finissent ce que nous n’achevons jamais. »
Le roman s’achève sur la mort du personnage : ce que nous redoutons. Faire apprivoiser la mort qui aimante l’histoire que nous lisons comme le destin des personnages auxquels nous nous attachons. (...)
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