Créer un blog Présentation

Nom du blog :
lireenpremiere
Description du blog :
Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
Catégorie :
Blog Actualité
Date de création :
06.11.2006
Dernière mise à jour :
27.06.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or lireenpremiere
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Dissertation: Le théâtre à être lue ou représenté?
· Dissertation sur le personnage principal
· Sujet sur la poesie ( entraînement)
· Poésie\Théâtre
· programme provisoire: le personnage de roman
· Construction du personnage
· Notes sur la scène 1 du Tartuffe
· Arts poétiques: Fonction du poète
· Descriptif de la liste de textes
· la preciosite

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

Faux-Rimbaud : rebondissement !
20.08.2008
Interessant
30.07.2008
Monsieur Doyon votre texte est un poème!
17.07.2008
Annuaire
15.07.2008
MARIE-JOSETTE ET ARTHUR
30.06.2008
cbchchcb
25.06.2008
commentaire sur le texte de Breton
15.06.2008
Pour Ngoc 2
15.06.2008
oops
14.06.2008
Reponse à Ngoc
14.06.2008
le sujet
14.06.2008
Pour Ngoc
13.06.2008
Questions de LA
12.06.2008
Utilite
12.06.2008
4 derniers vers
05.06.2008
les commentaires des internautes
05.06.2008
Huy?
05.06.2008
Extrait d\'Aurélien d\'Aragon (incipit)
03.06.2008
Extrait d'Aurélien d'Aragon (incipit)
03.06.2008
Merci Jean_Rémi
01.06.2008
RSS

Autres blogs à visiter :

· bourbaky
· verrithe
· topact
· vacanceslocmariaplouzane
· pokenews
· letrianglenormand
· viaaurelia
· kabylieazouzanet
· huriauactu
· feobus



Agatha ( Thao)

Agatha ( Thao)

Posté le 21.02.2008 par lireenpremiere
« Agatha, c’est Marguerite. »
Agatha de Marguerite Duras, mise en scène par Jacques Malaterre au théâtre Vidy-Lausanne, a connu un grand succès auprès des spectateurs, notamment grâce à la performance de deux jeunes acteurs dans les rôles principaux, Jean-Marc et Anne Richard, frère et sœur.

Ce soir-là, Marguerite Duras était parmi nous. Elle était là, dans le théâtre Vidy-Lausanne, une voix d’au-delà mais pleine de passion et de vitalité surgissant des répliques d’Agatha que Jacques Malaterre a scrupuleusement mis en scène. Il le dit lui-même : « Agatha, c’est Marguerite. » Qui est donc cette Agatha ? Agatha est l’histoire d’un amour incestueux entre frère et sœur, d’Agatha et de son frère, amoureux depuis l’enfance puis séparés par la vie et par leur mère, qui se retrouvent et vivent la séparation au bord de la mer, sur la plage, et qui sait, peut-être près de la Villa Agatha, lieu de leur amour de toujours.

La mer…l’amour…la mère…
L’espace scénique donne au spectateur la vue vers la mer, celle-ci projetée sur un grand écran dans le fond tout au long de la pièce, d’abord bleu marine puis virant au rouge, couleur de l’interdit. Le décor favorise l’inceste, pourtant celui-ci ne sera jamais consommé : le plateau est couvert de sable, symbolisant la plage, lieu de leur rendez-vous de séparation dans la chaleur d’un après midi. En plein dans le sable, par-ci par-là, un fauteuil, des bouts de bois, puis du vin et des verres. Du côté jardin, il y a une barrière métallique semblant indiquer un balcon, peut-être celui de la Villa Agatha donnant la vue sur la mer. Cette présence de la mer est typiquement durassien, lorsque l’on est conscient de l’ampleur que cet élément occupe dans son œuvre. Du côté cour, un paravent blanc qui permettra un jeu de lumière, projettant comme des ombres chinoises de deux corps qui se rejoignent, mais en réalité, chacun sera toujours d’un autre côté de la toile…Le voile de l’intimité est symbolisé par un grand rideau de teinte beige, recouvrant l’écran de la mer une grande partie du spectacle, tirée par les acteurs. Ce rideau est un élément important dans la machine à jouer : il permet un déplacement de lieu sur le simple fait de l’installer. Ce rideau fait écho, il nous envoie sur une autre scène, sur laquelle Bérénice fut jouée. Peut-on ne pas penser à cette mise en scène de Gilles Aillaud, dont le rideau symbolise le côté féminin de Bérénice ? En effet, en présence du rideau, la mer semble n’être plus que la vue d’une grande fenêtre de villa. Ainsi, dans leur chambre, les amants se racontent leur passé, se remémorent leurs péchés, leurs voluptés. Mais le présent de la séparation fait toujours intrusion au moment le moins attendu, au milieu d’un fou rire, interrompant la mélodie du passé, la danse des beaux jours.
Cet espace scénique se veut représentatif d’une réalité, avec de la matière présente sur scène comme du sable ou encore un effet de réel avec le vin qui justifierait leur état d’excitation, l’oubli du présent et le déclenchement des non-dits du passé. Mais le réalisme de cette mise en scène est quelque peu perturbé par l’utilisation de l’image vidéo, caractéristique du théâtre contemporain avec le mélange de plusieurs techniques visuelles. Les couleurs recouvrant le plateau sont très sobres, avec une teinte usée à dominance jaune et bleu. Le jaune orangé provient principalement de la lumière projetée qui recouvre tout le plateau et le bleu est présent en grande quantité grâce à la mer. Ces deux couleurs, l’une chaude et l’autre froide, est également représentée par les deux comédiens dont l’un est habillé en jaune et Agatha en bleu, ce qui accentue encore plus leur incompatibilité.

Les objets scéniques ne sont pas d’une qualité plastique extraordinaire mais l’emplacement qu’ils occupent semble indiquer qu’ils ont été là depuis toujours, et que c’était de coutume pour les deux personnages de boire du vin sur cette plage. En effet, les verres et la bouteille de vin sont cachés à l’intérieur d’une boîte rectangulaire en bois au milieu de la plage, au devant de la scène. En dehors de ces objets, il y a également la valise d’Agatha qui symbolise le départ, mais en général, ces objets servent seulement d’écrin et il semble que le jeu des acteurs fait abstraction de la matière à jeu apportée par les objets.
La lumière choisie, jaune orangée du crépuscule, accentue le côté poétique des paroles déclamées, ce qui rend l’atmosphère semblable à celui qui se dégage à la lecture des textes de Duras. Pourtant, le passage où le travail sur la lumière a été le plus intéressant est le moment où l’inceste se consomme. Toute la scène plonge dans l’obscurité, sauf une faible lumière jaune qui projette des ombres, la forme de l’Autre, debout à l’autre côté du paravent, dans une position d’abandon et pourtant impossible à atteindre. Comme si cet amour incestueux ne peut être satisfait que dans l’ombre de la poésie, mais il ne sera toujours qu’une esquisse, et ne prendra jamais une forme concrète. De même que pour la lumière, il y a également un travail sur le son, notamment de joyeuses musiques lorsque Agatha, assise sur le fauteuil, pleine de réminiscences, les racontent un à un ; ou encore, lorsque qu’elle est derrière le balcon, avec les deux mains en l’air jouant au piano, essayant de retrouver cet air, une valse… D’autres moments, par contre, la réalité surgit comme les vagues, et alors le son de la mer et des vagues devient permanant, donnant l’illusion tout à coup de pure solitude.

« Si je n’avais pas vécu l’histoire avec mon frère, je n’aurais pas écrit Agatha. C’est la conjugaison des deux faits : la lecture de Musil et mon adolescence avec ce jeune frère qui était un garçon silencieux, pas apprivoisé, très beau en même temps, un peu scolairement retardé, adorable. Sûrement, si je n’avais pas vécu tout ça, cette immensité de l’amour de ce petit frère, je n’aurais pas écrit ce livre. » Marguerite Duras.
La pièce est assurée entièrement par deux acteurs, eux-mêmes frère et sœur. La même blancheur de la peau, la même fragilité des yeux, le même sang. Forcément cela est plus difficile de jouer l’amour incestueux avec son propre frère, ce qui rend le jeu d’autant plus vrai. Le jeu des acteurs se veut juste, sans exagération, de manière à rester dans la bonne mesure avec une simplicité qui va tellement avec l’écriture de Duras. Les acteurs ont la parfaite conscience de leur corps et donnent à voir une série de positions très codifiées, une sorte de chorégraphie ou bien une série d’images arrêtées dans le temps, une superposition de photos. Une des poses les plus significatives est celle lorsque Agatha et son amant sont en position de fœtus l’un au dessus de l’autre, comme s’ils s’emboîtaient. L’image est tellement forte qu’elle nous envoie à l’origine même de cet amour, depuis la création des deux êtres. En effet, elle symbolise la relation fraternelle des personnages, mais elle peut également avoir une signification amoureuse, de volupté. Souvent les acteurs sont assis sur le sable, ou alors complètement allongés, le regard dans le vide, on peut penser qu’ils regardent simplement la mer, cherchant la liberté dans l’infini, ou simplement s’évader de la mère et de l’interdit. Le sable laisse des traces sur leurs vêtements, des traces que la mère pourrait trouver, c’est peut-être la raison pour laquelle ils n’oublient jamais d’enlever le sable l’un pour l’autre, comme un rituel d’enfance, une intimité partagée.

« Alors je me tais, je vous regarde seulement »
La souffrance peut se lire sur les personnages : le frère d’Agatha s’est rasé les cheveux, et se présente sur scène, comme quelqu’un qui a tout essayé pour oublier l’amour de sa sœur, quitte à modifier son apparence, une autocensure. Les personnages sont souvent dans une réelle proximité, mais ne se touchent jamais, ou alors sont séparés par un paravent, par un rideau presque transparent. Mais il semble que cela leur est suffisant, que de sentir seulement la proximité de la main de l’autre, portée sur la joue, que cela suffit de sentir la chaleur de cette main, plus intense encore que le contact lui-même. Cette impossibilité de contact nous fait penser à Bérénice, cette tragédie « qui commence lorsque le langage du corps n’est plus possible ». De même, les deux pièces débutent par le désir d’un personnage de partir alors que ce n’est possible qu’à la fin, lorsque le fait de se séparer donne aux héros une valeur héroïque et d’exemple. « Ils se rejoignent pour mieux se quitter » a dit le metteur en scène. La diction du texte se fait comme dans un chuchotement, surtout venant du personnage d’Agatha, ce qui donne l’impression d’intimité avec le spectateur. De plus, il n’y pas de réelle séparation entre scène et salle, ce qui fait de celui qui voit un spectateur privilégié d’une scène intime. Le parti pris est celui d’un jeu très réaliste, visant à produire une forte impression au spectateur qui se voit purifié de ses « passions criminelles ». Une moment théâtral inoubliable, et les acteurs qui entrent au plateau comme ils en ressortent, mais leur amour, celui de Duras, restera toujours.
« Je vous aime comme il n’est pas possible d’aimer »
Thao Nguyen



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus