Créer un blog Présentation

Nom du blog :
lireenpremiere
Description du blog :
Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
Catégorie :
Blog Actualité
Date de création :
06.11.2006
Dernière mise à jour :
27.06.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or lireenpremiere
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Dissertation: Le théâtre à être lue ou représenté?
· Dissertation sur le personnage principal
· Sujet sur la poesie ( entraînement)
· Poésie\Théâtre
· programme provisoire: le personnage de roman
· Construction du personnage
· Notes sur la scène 1 du Tartuffe
· Arts poétiques: Fonction du poète
· Descriptif de la liste de textes
· la preciosite

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

MARIE-JOSETTE ET ARTHUR
30.06.2008
cbchchcb
25.06.2008
commentaire sur le texte de Breton
15.06.2008
Pour Ngoc 2
15.06.2008
oops
14.06.2008
Reponse à Ngoc
14.06.2008
le sujet
14.06.2008
Pour Ngoc
13.06.2008
Questions de LA
12.06.2008
Utilite
12.06.2008
4 derniers vers
05.06.2008
les commentaires des internautes
05.06.2008
Huy?
05.06.2008
Extrait d\'Aurélien d\'Aragon (incipit)
03.06.2008
Extrait d'Aurélien d'Aragon (incipit)
03.06.2008
Merci Jean_Rémi
01.06.2008
NOUVEAU
30.05.2008
merci
30.05.2008
RE:
28.05.2008
Le héros est-il obligatoirement un personnage exce
27.05.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· alichibani
· nosimpressions
· francevuepar
· djimy
· topact
· pokenews
· cecinestpas1blog
· avisderecherches
· debodauphin
· letrianglenormand

Pour Tuan et la poésie qui traverse tout!

Pour Tuan et la poésie qui traverse tout!

Posté le 06.03.2008 par lireenpremiere
On veut dire ce qui nous traverse,


la jupe délicatement soulevée du marronnier, la semoule jaune du colza en fleurs roulée à la main, ce qui pousse et chante,

surtout, surtout le silence, cette douceur, extrême, mon père mort aperçu hier sur le quai d’une gare, ses cheveux blancs annelés, son clair blouson d’été bon marché, la pointe sur son front des cheveux dégageant deux criques à l’aplomb des tempes, ces petits hommes sans façade qu’on croise dans les quartiers humbles de la vie, ma mère retrouvée en rêve, que je portais dans mes bras, lui disant comme j’allais bien m’occuper d’elle à présent, la poigne douce du chagrin de leur fidèle absence, la main de chagrin qui se pose sur le cœur,

et les choses qu’on dit passées, en nous comme des fruits toujours mûrs, arrêtés pour l’entièreté du temps à leur meilleur point,

la douleur pour laquelle on voudrait un dieu à supplier,

petite Emily s’adressant au Maître, et pour lequel on voudrait à un dieu, et à Emily, rendre grâces,

le livre à venir qui serait la prochaine vivante demeure, bois flotté dérivant sur un fleuve libre, étrave détachée de très juste profil afin de fendre toutes eaux, le livre oublié sous tous les livres, le livre méprisé, le bois lavé par la mort, vif comme la lueur du poisson, le livre dans lequel jamais on ne se baignerait deux fois le même,

le livre de langue débutante, buttante, ânonnante, le livre de taupe progressant sous les coups de pelle de l’émotion par éruption de buttes, djebels et puys,

ce qui nous traverse,

la cruauté des enfants envers les parents rendus à leur merci par l’étreinte rigoureuse de la vieillesse,

la pulsation revenue entre le rêve et l’éveil, diastole systole qui éloigne le rideau de fer derrière lequel on les croyait à jamais interdits de libre circulation,

le cercle de silence que fait au soir de chaque mardi, sur la place d’une ville française, une poignée de moines franciscains pour faire entendre la condition honteuse imposée à des étrangers rabattus par un ministre chien au service du chasseur nouvellement élu,

le cercle de silence que tracent dans le monde ceux qui sont en trop,

le vin bu avec la côte d’agneau au déjeuner d’hiver préparé par l’amour,

le livre comme une bête toujours dont on attend le bond,

l’attente, toute l’attente, tendue vers ce qui nous traverse


et on demeure, immobile, sur la lisière de la page retirée.

Christiane Veschambre, inédit, à paraître dans le n°8 de la revue Le préau des collines



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre message : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus