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L'histoire de l'évolution du Personnage de roman

L'histoire de l'évolution du Personnage de roman

Posté le 27.04.2008 par lireenpremiere
Article TDC

Le Personnage (P) : Une illusion efficace d’après D.Viart

De l’épopée au roman : personnage qui hante nos imaginaires, fait de mots et qui n’existe que par notre adhésion au récit.
Essentiel au récit qui s’orchestre au tour de lui : point d’ancrage, intérêt majeur mais remis en question par la modernité.
Dans l’histoire littéraire : de l’incarnation d’un idéal –ou des idéaux d’une communauté- à des figures plus singulières.
D’une figure abstraite à une inscription plus réaliste,
Du héros remarquable au pers. plus commun.
Evolution du P liée aussi aux formes du récit : question du point de vue :
Soit un narrateur omniscient qui décrit actions et pensées, soit P vu de l’intérieur : discours indirect libre, focalisation, interne , monologue intérieur.P à la première personne.
Pas réflexion en termes psychologoqies mais en termes de fonctions et d’effets.
Lié à l’idée que les romanciers se font de leur travail et à la lucidité qu’ils en acquièrent.

1.Le P à travers l’histoire littéraire.

P fabuleux : mythique : hauts faits et gestes ( gestae : les exploits accomplis en latin)
Epopée, récits fondateurs qui racontent les premiers temps, inventent les dieux, héros pour suppléer à l’ignorance des commencements et apprivoiser l’hostilité du monde, le rendre habitable, familier.
Grandes questions qui agitent l’âme humaine :destin, mort, sexualité, comme dasn les contes qui contribuent à canaliser les peusr enfantines.
+ incarner les valeurs autour desquelles une communauté entend se rassembler : Romulus fondateur de Rome, Enée, héros dela piété filiale et du respect des morts
Roland neveu de Charlemagne : bravoure et vertu.

Héros épique : dans les épopées en vers, dans les romans de chevalerie en prose = figure de la perfection.Très abstraits : beauté des traits sans précision, et cela jsuqu’à la fin du XVIIIème siècle quasiment. CF les romans du 17 ème : l’Astrée, la Princesse de Clève. Difficile de se représenter les portraits physiques. Idem pour Gargantua au 16ème siècle : pas de description, seulement nom et actions.
Changement au cours du 17 eme : parodie comme Sorel ou nouveau type de P Cf Roman Bourgeois de Furetière ou Roman Comique de Scarron qui raconte l’histoire d’une troupe de theatre. (1657)
+ le picaro cf Lazarillo de Tormes (1554), Gil blas de Santillane (1715) aux antipodes du héros épique et chevaleresque : de basse extraction, plus roué que vertueux, plus malin que courageux, met les rieurs de son côté et ne s’embarassent pas des valeurs sociales. Etre marginal, il s’affranchit de tout, ne porte pas le destin de la communauté comme Enée son père Anchise sur les épaules.

Ouverture de la littérature à des figures populaires et dimension critique : avancée vers le réalisme avant la lettre. ( par satire ou pour coller davantage à la réalité vécue)
Dès lors que la société est prise en compte dans l’ ensemble de ses composantes, d’autres histoires sont possibles : pas seulement quête du Saint Graal ou les chants contraires de l’amour et de la vertu, mais le trajet social qui fait passer d’une classe à l’autre.

XVIIIème siècle : roman du parvenu, Vie de Marianne (1742), Paysan Parvenu (1735) Marivaux. Jacob= picaro qui s’élève en cultivant ses bonnes fortunes auprès des femmes. Marinne, pas vraiment libertine, mais lucide sur ses talents de séduction et leurs effets sur les hommes.

Plus grand souci de réalisme : espace géographique et temporel mieux déterminé mais aussi plus romanesque : s’émanciper de cadres trop stricts cf Manon Lescaut (1731) Voyage en Amérique, Paul et Virginie (1785) : amour et exotisme.
Influence des Lumières, de l’Aufklarung, Rousseau et Goethe ( Wilhelm Meister (1821) : roman d’éducation : Bildungsroman. P qui fait un trajet en lui-même : évolution du p, qui n’est plus monolithique, semblable du début à la fin, mais se transforme au fil des épreuves : intitiations et métamorphoses : cf Rastignac, Fabrice Del Dongo...

2.Le P réaliste et sa contestation.

Comédie humaine : projet de « faire concurrence à l’état civil »
Se modeler sur la réalité sociale effective : changement de lieux chez Balzac, exploration des moeurs provinciales comme des coutumes parisiennes, s’intéresse à tous les aspects : maraige, célibat, relation filiale, bourgeosi et aristocrates.
Retour des P, pas vraiment une invention mais mode particulier : les fait continuer de vivre entre les romans, accrédite l’idée d’une existence propre, indépendamment des livres.
Idem pour frères Goncourt, Maupassant, Zola : milieux populaires urbains et ruraux peu explorés jsuque là, déterminisme qui conditionnent les êtres : conséquence de l’hérédité sur diverses générations d’une famille sous le second Empire.
Fresque sociale : 20 romans consacrés aux Rougon-Macquart, brasser les lieux, les époques, les milieux tout en conservant une unité d’ensemble. Construction romanesque de grande ampleur : succès au XXème siècle cf Les Thibault de Roger Martin du Gard, Les Hommes de bonne volonté de Jules Romain (unanimisme)

Contestation : déjà Jacques Le Fataliste (1796) : P n’est pas libre, tout est écrit là-haut, volonté de l’écrivain = arbitraire. Ce principe démiurgique peut aussi bien désigner le destin auquel tout être vivant est soumis ou l’auteur qui décide de ce qui advient à ses créatures comme un marionnettiste qui tire les ficelles. Cf Valéry : « ces vivants sans entrailles ». P de M. Teste : tout intellectuel, pur esprit qui dépend du Texte qui lui donne existence, comme son nom l’indique.

Querelle qui oppose Sartre et Mauriac : Le Romancier et ses personnages, est pris à part par le jeune écrivain qui lui reproche d’agir dans son oeuvre comme Dieu en sa création : « Dieu n’est pas romancier, M. Mauriac non plus. »
Lui reproche : Pas de liberté laissée aux personnages, pas de part d’obscurité.

Naissance d’une nouvelle conception du roman à la suite de la lecture de Faulkner et Dos Passos ( romanciers américains). Question des points de vue narratif et de l’intériorité des personnages.
Comment on sait ce que l’on sait du P ? qui éclaire le lecteur sur son identité, sa situation, ses pensées ? Lui-même ou un narrateur extérieur pour lequel il est complètement transparent ?
Cf La Princesse de Clèves : débats intimes de l’héroine exposés par le texte. Pas P qui agit, qui déploie une geste mais réfléchit, pèse le pour et le contre entre deux décisions et doit arbitrer un conflit de valeurs : amour ou honneur Cf tragédie.
Le roman d’analyse repose sur ce modèle renforcé par le goût de l’introspection à la suite de Rousseau : Confessions, Rêveries...
Cf René de Chateaubriand (1805), Obermann de Senancour (18o4). Adolphe (1816) Dominique (1862) ( notez le titre eponyme) : Etats d’âme du P développés d’où le titre éponyme comme pour les P d’épopée, aventure intérieure cependant.
Truchements narratifs pour rendre vraisemblables l’accès à l’intimité qui n’existe pas dans la réalité ( pas possible en vrai de fouiller dans la tête des gens !) :
-identification du narrateur et du P à la 1ère personne : roman à la 1ère personne., romans par lettres, connaître le ressort intime de chacun des P en lisant le courrier, le lecteur reconstitue l’action à parti d’échanges qui ne lui sont pas destinés !
Faire s’exprimer le P lui confère plus de densité que si l’on se contente de raconter ses actions. Constitué de son langage, sa parlure, témoigne de son imaginair au moins autant que de ses actes et expériences, paraît moins être la chose de l’écrivain, accrédite encore plus l’idée d’une autonomie du P.
Cf Flaubert et son usage du style indirect libre qui permet de mettre en évidence la naiveté d’Emma, ses emportements romantiques, ses rêves de petites bourgeoises nourrie de médiocre littérature romanesque.

Le roman est dialogique ( Bakthine) : plusieurs points de vue se superposent : celui de l’héroine qui adhère à son imagination sentimentale et celui du narrateur qui la regarde faire avec une ironie non dénuée d’attendrissement.
CF aussi courant de conscience ( stream pf Consciousness) James Ce que savait Maisie : il délègue à la petite Maisie, perturbée par le divorce de ses parents qu’elle en comprend pas le point de vue du récit.

Aller toujours plus avant dans la conscience du personnage : s’accentue encore du XIXeme au XXeme siècle : psychanalyse apparue entre temps.
Invention du monologue intérieur : Les Lauriers sont coupés (1887) Emile Dujardin
Ulysse de Joyce (1922)
Le Bruit et la Fureur de Faulkner (1929)
Le texte ne livre plus que le flot de la pensée duP, un idiot, un dépressif,un obsessionnel parano...une femme travaillée par la sexualité comme Molly Bloom de Joyce.Pas de commentaire, ni d’interprétation ni de diagnostic : c’est au lecteur de faire le travailP réduit à sa conscience problématique cf choix de Sartre contre l’analyse psychologique de mauriac.
Contestation du roman réaliste aux noms des sciences humaines et de leurs découvertes, importances des cures analytiques Cf Aventure de Catherine Crachat de PJ Jouve
Cf Nathalie Sarraute : plus possible de décrire un P de l’extérieur ni de le caractériser ( comme avare, menteur..) « Tropismes » qui agitent la psyché, à la limite de la conscience, dans cet espace indéfini qu’elle nomme « la sous conversation »
« Un déplacement, du dehors vers le dedans, du centre de gravité du P, déplacemnt que le roman moderne ne cesse d’accentuer. »
Aussi loin que possible dans l’abandon des caractéristiques externes (réalistes) : P parfois désigné par une intiale ou un pronom, pour s’enfoncer au coeur d’une insondable intimité.

Le P : une fonction ou un effet ?

Robbe Grillet en guerre contre « les mythes de la profondeur ».Pour lui le P est uen pure illusion produite par le texte : une notion périmée. P plus abordé selon les critères de vraisemblance, définis au 17ème mais selon son rôle dans l’économie du roman : plus un équivalent d’une personne mais une fonction. Cf l’influence des structuralistes et les théories formalistes héritées de l’analyse des contes merveilleus. Discrédite la philosophie du sujet.P= actant du récit cf schéma des P, des actants et schéma narratif., simpel élémentd ‘une structire : héros, adjuvants, opposants, destinateusr, destinataires, objet de quête.

Demeurent 3 critères :
1. L’épaisseur liée à la jsutesse de sa voix, de ses pensées, de ses langages cf Meursaut caractérisé par l’usage du passé composé plus que par ses mots vélléitaires.
2. Epaisseur liée à la logique du récit. « Le Père Goriot est ce que Balzac m’en dit » Butor.
vraisemblance qui tient à la cohérence du roman.
3. P imaginable dans le monde réel, conforme aux gens que nous croisons ou l’accepter tel qu’il est, dans un monde que l’on sait purement fictionnel.

Il n’est jamais doté en soi d’une identité propre et autonome : dépend du texte, mais aussi du lecteur. Cf effet personnage de Vincent Jouve, auquel concourt tout ce qui est dit de lui, les propos qui lui sont prêtés, mais aussi reçu en fonction des modes de lecture mis en oeuvre.
CF Don Quichotte qui adhère à ce point à sa lecture d’Amadis de Gaule qu’il veut devenir chevalier comme lui.
Et si l’on peut lire Mme Bovary (1857) comme Emma lisait les roamns sentimentaux et pleurer sur son sort, ou apprécier le roman penché par-dessus l’épaule de Flaubert et rire avec lui.
+ jugement sur la réussite du projet narratif qui l’englobe,

objet de toutes les tratégies et manipulations texteulles de l’écrivain le P in fine + recréation du lecteur qui sen empare !






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