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lireenpremiere
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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
06.11.2006
Dernière mise à jour :
26.06.2009

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Pour ceux qui ne sont toujours pas au point sur la versification

Publié le 03/06/2009 à 05:05 par lireenpremiere



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Des extraits d'une étude de l'Ingénu

Publié le 03/06/2009 à 04:59 par lireenpremiere

Que peut la poésie?

Publié le 03/06/2009 à 04:52 par lireenpremiere
Alors que du plus loin de notre culture, le poème tragique des Grecs nous parle de “catharsis”, de purification des crimes odieux –matricide, inceste, parricide-par le biais du théâtre qui nous libèreraient de nos monstruosités, en danse, musique et chants savamment articulés, déjà la poésie- en présence même des dieux, alors que le Romantisme nous avait convaincu des bénéfices de la poésie qui parviendrait à apaiser notre douleur d’être au monde par le chant lyrique du poème, des voix dissonnantes se sont fait entendre, Holderlin à la fin du XVIIIème siècle se demandait déjà “pourquoi des poètes en ces temps de détresse” et plus proche de nous, celle du philosophe Adorno qui après Auschwitz nie la possibilité même de l’existence d’un poème, comme si les pouvoirs de la poésie avaient petit à petit été mis en doute jusqu’à la négation même. Que peut la poésie?
Il s’agira donc examiner d’abord ce qui a valu à la poésie la croyance en d’extraordinaires pouvoirs, puis les causes de leur remise en question afin d’observer ce qui subsiste de cette force peut-être paradoxale de la poésie dans la société et la littérature d’aujourd’hui.

La poésie a été pendant des siècles le genre littéraire le plus reconnu, le plus valorisé. On a parlé de lui en termes du Haut Dire; le poète, élu des dieux, se faisait “vates”, expression de la parole divine que les dieux lui transmettaient afin qu’à son tour, il se fasse écho auprès des hommes.
Le poète est l’homme du lien vertical et horizontal comme en témoigne encore dans les sociétés africaines l’importance du griot, personnage à la fois sacré, écarté du groupe, à part et en même temps garant de la cohésion sociale car il sait les lignées , les héritages, les associations matrimoniales et les fêtes qui chantent la vie du groupe dont il est aussi la vivante mémoire.
Il est clair que la poésie par les procédés de composition qui la caractérisent: jeu sur les sonorités, rythmes, accompagnement musical, souvent images percutantes, anaphores et refrains, échos, rimes s’est vue attribuée le pouvoir de souder la communauté humaine, c’était la fonction par exemple des grandes épopées qui racontent à la fois le rapport des hommes aux dieux et entre eux en illustrant les valeurs qui ont cours dans une société donnée. Ulysse incarne la “métis”, la ruse des grecs aussi indispensable comme on le voit lors de son rôle pendant la Guerre de Troie que la bravoure guerrière représentée par le bouillant Achilles dans l’Iliade. Ces grands textes n’ont pas été appelés pour rien des textes fondateurs: ils fondent des civilisations et des cultures, rassemblant dans le bonheur toujours réitéré de leur oralité qui plaît à l’écoute, histoires des origines que nul n’ignore et qui créé le sentiment du paratge de l’espace commun à chaque écoute. L’histoire d’Orphée réunissant autour de lui les hommes, les animaux, toute la nature par son chant sublime confirme cette croyance en une vertu quasi religieuse de la poésie, art qui relie; même les pierres sont émues, et plus tard dans le mythe, les dieux inflexibles des Enfers se laisseront fléchir par les accents pathétiques du poète affecté par la mort de son épouse. Incroyable privilège du poète que celui de descendre vivant au royaume des ombres!
Ce qui nous amène à évoquer un autre des pouvoirs de la poésie, celui d’arracher la vie à la mort. la poésie est bien souvent conçue comme un monument au sens étymologique du terme, le lieu où l’ajointement des mots permet de recréer et de conserver une présence qui sans le poème serait définitivement perdue. Le souvenir de Leopoldine perdure pour des générations de Français dans le célèbre “Demain, dès l’aube...” de Hugo en lequel chacun peut reconnaître le sort de l’humanité pleurant ses morts chéris à partir de la singularité même des protagonistes, connus de tous, le célèbre poète et sa fille tragiquement disparue. Dans “A une passante”, Baudelaire parvient à rendre éternelle l’émouvante inconnue, figure longiligne et si moderne de cette endeuillée, saisissante, rencontrée au milieu de la cacophonie urbaine et l’instant du coup de foudre : “Et moi, crispé comme un extravagant, je buvais dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan, la douceur qui fascine et le plaisir qui tue”. Apollinaire, porte-parole pour nous de tous les poètes élégiaques, ne dit pas sans raison que chacun de ses poèmes est la commémoration d’un événement de sa vie et la dimension autobiographique du lyrisme de “Zone” ou de “la chanson du mal aimé”, les nombreuses allusions dans Alcools à Annie Playden ou encore plus Marie Laurencin le prouvent; le poète travaille à partir de ses émotions et cherche à en retirer la quintessence de telle sorte que tout un chacun puisse se reconnaître et vivre à son tour l’intensité de l’instant au moment de la lecture, car le poème cherche à recréer des sensations, des sentiments, des états émotionnels que le lecteur puisse expérimenter physiquement autant qu’intellectuellement.
Même les Parnassiens si réticents apparemment à la plainte lyrique et aux complaisances de l’épanchement égotistes voient dans le poème,un objet raffiné suffisamment travaillé pour braver le temps. Dans “L’art”, Gautier lorsqu’il compare le poète au sculpteur du marbre, n’écrit-il pas que “le buste survit à la cité”, le bijou du poème, s’il a suffisamment été ouvragé, contient en lui l’espoir de durer plus que l’artisan habile.
Echapper à la finitude, tel est le rêve du poète, à l’instar de beaucoup d’artistes. Parce que la poésie vise à suggérer des sensations, des émotions, à les évoquer avec suffisamment d’efficacité pour qu’elles se transmettent physiquement au lecteur, elle paraît, plus que d’autres arts, apte à cette résurrection des instants éphémères, heureux ou malheureux de l’existence humaine. Parce que souvent son énonciation requiert les pronoms labiles de première et deuxième personne, qui, en même temps qu’ils renvoient à une situation de communication unique et précise, tendent ensuite à l’universalité absolue, cette appropriation du poème par le lecteur et cette intériorisation du dire et de l’adresse, donnent l’impression d’une vie toujours renouvelée, d’un présent indéfiniment recommençable à chaque lecture et par chaque lecteur différent. Lisez “Sensation” de Rimbaud et vous ferez vôtres les sensations du jeune poète, “picoté par les blés, foulant l’herbe menue, heureux dans la nature comme avec une femme”.
Cette croyance dans la capacité de la poésie à rendre la présence explique pourquoi elle est considérée comme apte à célébrer notre rapport au monde, à en montrer la beauté et la richesse. C’est ce dont un poème comme “sensation” témoigne, de l’euphorie des sens, de la jeunesse en accord avec la nature et le temps présent. C’est ce que Rimbaud parvient à rendre aussi dans un poème comme ‘ma Bohème” ou Baudelaire dans “un hémisphère dans une chevelure”: comment un élément de la création, la chevelure d’une femme, par la vertu des sens et de l’universelle analogie, peut nous ouvrir à un monde fictif mais profondément ressenti, plein d’odeurs et de caresses, à des paysages exotiques, à des images d’abondance et d’ivresses sensuelles.
La poésie déroule devant nos yeux les fastes de la nature mais aussi depuis le milieu du XIXème siècle de l’espace urbain et montre combien c’est par elle que nous apprivoisons nos lieux de vie et de passage, c’est par le chant des poètes que nous voyons belle la nature, la ville, non pas indifférente et lontaine, détachée de nous, mais offerte à notre séjour, objet d’une relation que les mots du poète construisent dans son éloge ou sa fiction. L’on sait qu’il a fallu le Romantisme pour que la nature soit considérée comme belle et capable de refléter l’âme humaine. Mme de Sévigné encore, durant ses périgrinations, refusait de regarder l’horrible et inquiétante forêt et fermait les rideaux de sa calèche.
La lecture de poèmes oriente notre regard: après avoir lu Alcools d’Apollinaire, l’on ne saurait plus regarder la Rhénanie, les vignes, le Rhin, les colchiques, les cerisiers de mai qu’avec les yeux de l’amant délaissé et malheureux, et l’on peut en dire autant de la Seine ou de la jolie rue des Ternes de “Zone”, du Pont Mirabeau à Paris. Le réel en soi ne nous dit rien, nous avons besoin des mots du poète pour qu’il nous devienne familier. Les poèmes écrits à Hanoi à partir de la consigne d’écriture “L’Heure où...” de Jacques Roubaud définitivement célèbrent la singularité de la capitale vietnamienne et du point de vue de chacun des élèves qui s’est prêté au jeu. La vérité d’Hanoi surgit des textes en même temps que la personnalité de chaque rédacteur et, du coup, notre espace quotidien en paraît plus vivant. Sans le langage, et la poésie est le souci de la justesse et de la précision du langage poussé à son point de perfection, nous ne serions pas vraiment au monde comme en témoigne le poème d’Alain Bosquet intitulé, “Utilité du Poète”:
“Elle a besoin de moi pour devenir la rose,
La rose. Et la jument, pour se faire jument,
Me demande une forme endormie dans mon verbe.
Et l’arbre sait que l’arbre est d’abord manuscrit,
Comme l’azur, qui par décret de ma légende,
Est un azur heureux et légitime. Et l’eau
S’abreuve d’eau plus fraîche, au bord de l’écriture”

Dans la mesure où la poésie nous donne le pouvoir d’exprimer notre rapport au monde et les émotions qu’il procure, il est évident qu’elle peut aussi nous donner l’occasion d’exprimer nos révoltes et nos convictions. Ses procédés, de plus, par leur qualités mnémotechniques, par la brieveté de la plupart des formes poétiques, le caractère crypté de ses figures de style, permettent qu’elle soit mise au service de l’argumentation et de la diffusion de causes politiques ou sociales. Ce que l’on a appelé la poésie engagée révèle que parmi les pouvoirs dont elle est dotée la capacité d’éveiller les consciences et d’inciter à l’action n’est pas la moindre.
Au XVIème siècle déjà, pendant les guerres de religion, la voix d”Agrippa d’Aubigné, poète protestant, s’élève contre l’horreur d’un conflit fratricide par le biais d’un poème allégorique d’une grande beauté: “Je veux peindre la France une mère affligée” que deux jumeaux- les catholiques et les réformés- déchirent et contraignent à la malédiction.
Plus tard certains des poètes romantiques se verront comme des guides du peuple, des mages, voyants, prophètes de l’avenir, la lampe au front, comme Hugo dans le poème intitulé” Fonction du poète” avec un sentiment très fort de leur importance sociale et de la nécessité de mettre leur art et leur vision au service de la cité: Hugo va s’insurger contre le travail des enfants dans ‘Mélancholia”, lutter en faveur de la nécessité de l’instruction pour limiter la délinquance et contre la peine de mort, indigne d’une société civilisée. Il écrira Les Châtiments, véritable brûlot contre Napoléeon le Petit, recueil dans lequel des poèmes de second plan, pure propagande et injures, voisineront avec d’indéniables réussites comme le poème la Nuit du 4” où Hugo relate en maniant à merveille le registre pathétique la mort d’un enfant innocent pleuré par sa pieuse grand-mère, mise au compte du coup d’état de Louis Napoléeon Bonoparte , la mort de l’enfant étant mise en parallèle scandaleux avec les fastes du régime.
A chaque période funeste de l’histoire, quand la liberté est menacée et les valeurs de la France, des poètes ont fait le choix de l’engagement et ont mis au servcie de la cause à défendre leur talent de plume. Les surréalistes qui choisirent tous la résistance active ou l’exil ont changé leur pratique de l’écriture pour se rendre accessibles au plus grand nombre et entretenir par des poème clandestins l’esprit de fierté nationale et de résistance passive ou active à l’occupant nazi. Desnos écrit “ce coeur qui haissait la guerre” pour montrer que, durant l’invasion, le pacifisme n’est plus de mise. Aragon prend fait et cause pour les otages suppliciés dans “L’affiche rouge”, Kessel participe à l’écriture du chant des partisans. Plus près de nous encore d’autres poètes feront rimer chant de révolte et célébration de la langue française, je veux parler des poètes de la négritude tels Aimé Césaire et Leopold Sedar Senghor qui dans Cahier d’un retour au pays natal ou Les Ethiopiques vont développer des thèmes anticoloniaux et de promotion de leur culture originelle avec les armes de ceux qu’ils considèrent comme des oppresseurs, à savoir la langue et la culture française dont ils sont des fleurons.
La poésie comme vecteur de toutes les émotions et chants de rassemblement est particulièrement apte à faire ressentir les souffrances et revendications humaines, c’est ainsi qu’aujourd’hui le succès du slam réside en partie dans le fait que ce mode d’expression poétique- puisqu’il associe travail sur la langue, le rythme et les images- permet l’expression frappante des histoires et émotions singulières de ceux qui se sentent exclus des cercles de la culture officielle, marges, banlieues, quartiers défavorisés, même si par ailleurs de nombreux poètes oralisent leur textes avec bonheur dans des récitals de poésie depuis bien avant la mode du slam issu des USA.
L’on ne peut donc nier que la poésie possède des pouvoirs, une forme d’efficacité reconnue dans les différents domaines développés: lier les hommes entre eux, célébrer l’espace qui nous est échu, l’apprivoiser, lutter contre la finitude et la mort, éveiller les consciences endormies. La puissance du verbe ne saurait purement être effacée, mais alors qu’est-ce qui a entraîné une suspicion quant à cette efficacité, ce potentiel de la poésie? Pourquoi avoir douté de ses pouvoirs?
Déjà Holderlin en ce siècle de Révolution qui voit s’écrouler l’ordre d’un monde témoigne d’un “à quoi bon” de la poésie, le poète touché par l’aile du divin n’est plus le héros de la nouvelle époque, les dieux se sont retirés. Le héros prométhéen qui s’avance est humain, conquérant, guerrier. Napoléon n’est pas poète. Dans les temps de conflit, de manque du nécessaire, de disette n’est-il pas indécent pour les poètes de réclamer l’attention? D’autres préocupations semblent plus urgentes.
Pendant le XIXème siècle, si les Romantiques semblent confiants en une mission sociale du poète, éclaireur des foules ignorantes , à la manière de Hugo, dès le milieu du siècle, les choses changent. L’oeuvre de Baudelaire témoigne de cette perte de foi dans les pouvoirs salvateurs de la poésie qui se voit supplantée par le roman et qui semble plus apte à dire les tourments d’un coeur qui constate son inadaptation au monde entrain d’évoluer vers l’industrialisation, l’urbanisation, la massification que d’agir sur lui, de le magnifier.
Baudelaire, dans Les Fleurs du Mal rêve d’un Ailleurs pour échapper au Spleen, recourt aux paradis artificiels et préconisent toutes les ivresses; marginal, il se voit comme un albatros, prince dans l’azur mais martyrisé au sol par des marins peu amènes, les destructions du vieux Paris l’alarment. Ne dit-il pas de lui qu’il est “une cloche fêlée”? Il n’est plus capable de croire que la poésie puisse appeler au rassemblement et à la célébration. Même sil rêve encore de transformer “la boue en or” dans un processus alchimique réinventé lorsqu’il choisit le poème en prose pour essayer de capter l’essence de son temps, c’est plus souvent le registre de la raillerie, de la satire qui apparaît que celui de l’éloge.Il les emploie pour dire un monde dominé par l’appât du gain comme dans “la Fausse Monnaie” où il dénonce la posture hypocrite d’un homme qui se prétend roué de gruger un mendiant en lui faisant l’aumône d’une fausse pièce, voulant gagner à la fois une image altruiste et conserver son bien. Il se voit lui-même sous les oripaux d’un “vieux saltimbanque” abandonné par la foule du public, inepte et sans coeur, il s’en prend au “mauvais vitrier”, lui aussi image possible du poète, parce qu’il ne sait pas “faire voir le monde en couleurs”.
N’était-ce pas là la traditionelle mission de la poésie, d’enchanter le monde, de le faire voir en beau, or la modernité selon Baudelaire qui demande à ce que l’on capte l’essence d’une époque tout en recherchant la forme esthétique adéquate qui puisse la faire perdurer- et c’est là le travail de l’artiste authentique selon lui- fait voir la misère sociale, les écarts entre les classes, la misère morale aussi: prostitution, jeu, rivalité, solitude, le malheur du vieillissement des corps, des esprits et même des villes, la hantise de la maladie , de l’abandon et de la mort. Pourtant Baudelaire lutte encore contre son mal-être existentiel, un “ à quoi bon” qui aurait pu définitivement tarir la source de son inspiration. Il rebondit en en faisant son projet artistique: extraire la beauté du mal, ultime provocation.
Rimbaud lui renoncera à la poésie, à la voyance, à la recherche de “l’inconnu par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens”, il semble ne plus croire aux illuminations, aux merveilles que la poésie peut créer comme s’il s’agissait d’illusions et préfère devenir une “main à charrue” plutôt que de demeurer “une main à plume”, et s’en aller, voyager, travailler parce qu’il y a “la réalité rugueuse à étreindre”, comme si les pouvoirs de la poésie n’étaient que des mythes, des croyances erronnées de la jeunesse.
Quand le poète est plus sensible aux dissonnances du monde qu’à sa magie, il peut avoir le sentiment que sa poésie, qui les dénonce pourtant et vise à l’éveil des consciences, les redouble, en fait!
Le spectacle traumatisant d’une guerre, de l’injustice, de la mort peut être à l’origine d’un acte créateur comme s’il devait exorciser ce qu’a vécu l’artiste mais l’oeuvre renchérit sur le malheur du temps. Dans le premier livre des Tragiques intitulés “Misères”, Agrippa D’Aubigné multiplie les visions d’horreur qui sont celles de la guerre d’alors et de toujours:
“Là de mille maisons on ne trouve que feux,
Que charognes, que morts ou visages affreux.
La faim va devant moi, force est que je la suive...”

Que fait d’autre le poème que refléter l’horreur de la réalité vécue par le poète. L’on peut comprendre que la poésie puisse alors apparaître comme impuissante, car son témoignage, son exorcisme même par la beauté avec laquelle elle peut dénoncer l’abominable, paraissent vains devant la tâche à accomplir dans le réel pour faire cesser la violence et résoudre les problèmes.
D’où finalement la conviction de certains qu’il vaut mieux se taire qu’ajouter de la souffrance à la souffrance, que les mots doivent aller vers le silence, l’émiettement, la fragmentation pour dire l’impossible expression de la détresse.Les textes trop travaillés aux rythmes allants, à la syntaxe complexe et liée, mentent en ce qu’ils réparent ce qui se délite, se troue, s’absente, disparaît en fumée et l’on peut mieux saisir alors la portée de l’injonction d”Adorno, même si le propos a été sorti du contexte de pensée et radicalisé, de l’impossibilité du poème après Auschwitz, parce que la notion de “poème” renvoie à un texte travaillé selon l’art du langage, musique et figures, qui témoigne d’une humanité civilisée capable d’oeuvrer pour la beauté en totale opposition avec celle qui s’est révélée capable d’ourdir un projet de mort massive, d’organiser et réaliser un processsus de destruction de tout un peuple de façon très sophistiquée et au seul motif que ce peuple était juif! Adorno ne veut pas que la poésie rédime l’humanité qui a permis Auchwitz, que l’on puisse revenir à un avant comme si de rien n’était, que l’on puisse “chanter” pour ceux qui n’ont même pas eu droit au chant des morts,”chanter ceux que l’on a tué sans vergogne est une imposture .
C’est pourquoi il conçoit le fait d’écrire des poèmes comme un prolongement de la barbarie perpétrée.La culture, le sens esthétique n’ont servi de rien pour empêcher le processus d’extermination industriel, et même l’on jouait de la musique dans les camps d’extermination! Tout, du coup, est entaché d’inhumanité.
Au comble du mal dont l’humanité a été capable devait donc répondre le silence, car l’on ne voit pas comment ce mal pourrait être exorcicé par un poème; le silence des hommes, après le silence de Dieu, paraît la seule réponse cohérente. Robert Antelme, dans l’Espèce Humaine, qui raconte l’expérience de sa déportation, écrit qu’au moment de sa réadaptation à la vie après les camps :” il (lui) paraissait impossible de combler la distance qu’il découvrait entre le langage dont il disposait et cette expérience qu’il était encore entrain de poursuivre dans son corps”. Il n’ y a pas de mots, c’est proprement inimaginable.
Comment avec ce “sans mots”, avec un langage qui paraît totalement inadéquat écrire des poèmes, non seulement sur les camps eux-mêmes et sur le vide de l’absence des disparus, mais sur une humanité qui a porté en son sein un projet inhumain et l’a réalisé, inscrivant au coeur de la notion d’humanité sa capacité à être autre qu”elle-même, inhumaine. La poésie est trop humaine!
Or la réponse est venue de l’un des poètes touché au plus près par la Shoah, un survivant Paul Celan qui a défendu la nécessité d’écrire de la poésie à nouveau pour donner un lieu à ceux qui n’en ont aucun et parce qu’elle seule pouvait- parce qu’elle est “une langue contre la langue” continuer à cerner le vide, le silence de Dieu face à la mort de son peuple, l’absence de ceux qui n’ont pas même de sépulture, mais il s’agit d’une poésie faite de peu de mots, de peu de liens entre eux, des prières à Personne et qui au final n’aura pas sauvé Celan de la tentation du suicide, mais qui nous revient chargée d’une indicible émotion.
L’on comprend mieux pourquoi malgré l’éloignement dans le temps de la Shoah pour les jeunes générations et le retour de toutes les formes de la poésie du passé qui continuent à s’écrire, elle se fait aujourd’hui plus modeste, poésie “malgré tout”, pour reprendre une expression de Bonnefoy. Alors que peut la poésie aujourd’hui, elle qui semble justement avoir renoncé à tout pouvoir , qui s’inscrit dans les marges de l’édition? Le poète n’est plus le “phare” baudelairien, ni le Soleil, ni même fils du soleil, nous dit Philippe Jaccotet, il prend les traits d’un vieux calligraphe chinois qui préserve la faible flamme d’une bougie, indispensable à son travail, des tempêtes du temps. A l’écart, dans une cave! mais son oeuvre -montagne, cascade, figure de femme-, est si vivante qu’elle permet à un agonisant de trépasser avec un sourire de connivence. L’attention au monde, à l’autre, permet de conserver une présence vive au coeur du poème et le geste de partage du texte ou du dessin maintient la vie dans son humanité jusqu’à l’extrême : mourir en être humain en ayant foi dans les capacités humaines d’oeuvrer pour qu’hommage soit rendu à la présence.
L’apologue dramatise à dessein la fonction de viatique de la poésie, mais même au fil du quotidien, la poésie, comme pratique de lecture et d’écriture, constitue un espace de résistance à tout ce qui voudrait uniformiser, conformer nos existences à des modèles pré-établi, si elle est cette recherche d’une langue singulière dans la langue commune qui est altérée par “l’universel reportage”, si elle est ce parti-pris du monde compte tenu des mots, pour plagier le titre de Ponge, qui nous le rend plus familier et l’humanise à notre mode, ce qu’elle peut, c’est nous offrir un espace où être pleinement humain, attentifs à chaque nuance de nos sensations et de nos émotions parce que, conscients de la façon dont l’ajustement des mots précis et choisis peut les évoquer, loin de toutes les langues de bois qui cherchent à s’imposer, mais surtout “appelants” car tout poème révèle notre besoin de nous adresser aux autres, de quêter une écoute et une réponse même quand plus rien ne répond. Tant qu’il y aura de la poésie, les battements de coeur des êtres singuliers n’auront pas disparu, même si ce qu’ils disent signalent la disparition de tout. L’adresse, elle, la posture désirante de celui qui dit “Tu”, recréront la présence...

Paradoxal pouvoir de la poésie dont la faiblesse apparente, le retrait,la modestie des thèmes, le peu d’importance qui lui est accordée dans la société font la force. Elle est ce pouvoir de refuser tout ce que la société nous signale comme désirable: l’argent, le pouvoir de domination, les images de la réussite sociale qui leur sont liées, parce qu’elle se consacre à l’essentiel qui ne dure pas , qui passe- Ah les nuages de l’Etranger baudelairien-, qui flamboie et puis s’éteint et qu’elle essaye d’en capter le passage et d’en conserver le mouvement dans le jeu des mots, et l’on retrouve “la passante”...

réfléchir à des sujets de dissertations sur l'argumentation

Publié le 27/05/2009 à 03:55 par lireenpremiere

Des suggestions de plans de dissertations sur l'ensemble du programme.

Publié le 27/05/2009 à 03:53 par lireenpremiere

le passsage le plus célèbre du discours sur l'origine de l'inégalité

Publié le 27/05/2009 à 03:39 par lireenpremiere
"Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne!" Mais il y a grande apparence qu'alors les choses en étaient déjà venues au point de ne plus pouvoir durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d'idées antérieures qui n'ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d'un coup dans l'esprit humain : il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l'industrie et des lumières, les transmettre et les augmenter d'âge en âge, avant que d'arriver à ce dernier terme de l'état de nature. [...] La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain."

http://www.site-magister.fr/txtarg3.htm

Etude de la stratégie argumentative sur le site magister.

Rousseau contre Les Fables de La Fontaine dans l'Emile

Publié le 27/05/2009 à 03:32 par lireenpremiere
"On fait apprendre les fables de la Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. Ce sont encore là, direz-vous, des paradoxes. Soit ; mais voyons si ce sont des vérités.

Je dis qu'un enfant n'entend point les fables qu'on lui fait apprendre, parce que quelque effort qu'on fasse pour les rendre simples, l'instruction qu'on en veut tirer force d'y faire entrer des idées qu'il ne peut saisir, et que le tour même de la poésie, en les lui rendant plus faciles à retenir, les lui rend plus difficiles à concevoir, en sorte qu'on achète l'agrément aux dépens de la clarté. Sans citer cette multitude de fables qui n'ont rien d'intelligible ni d'utile pour les enfants, et qu'on leur fait indiscrètement apprendre avec les autres, parce qu'elles s'y trouvent mêlées, bornons-nous à celles que l'auteur semble avoir faites spécialement pour eux.

Je ne connais dans tout le recueil de la Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; de ces cinq ou six je prends pour exemple la première de toutes, parce que c'est celle dont la morale est le plus de tout âge, celle que les enfants saisissent le mieux, celle qu'ils apprennent avec le plus de plaisir, enfin celle que pour cela même l'auteur a mise par préférence à la tête de son livre. En lui supposant réellement l'objet d'être entendue des enfants, de leur plaire et de les instruire, cette fable est assurément son chef-d'oeuvre : qu'on me permette donc de la suivre et de l'examiner en peu de mots.

Le corbeau et le renard
Fable


Maître corbeau, sur un arbre perché,

Maître ! que signifie ce mot en lui-même ? que signifie-t-il au-devant d'un nom propre ? quel sens a-t-il dans cette occasion ?
Qu'est-ce qu'un corbeau ?
Qu'est-ce qu'un arbre perché ? L'on ne dit pas sur un arbre perché, l'on dit perché sur un arbre. Par conséquent, il faut parler des inversions de la poésie ; il faut dire ce que c'est que prose et que vers.


Tenait dans son bec un fromage.

Quel fromage ? était-ce un fromage de Suisse, de Brie, ou de Hollande ? Si l'enfant n'a point vu de corbeaux, que gagnez-vous à lui en parler ? s'il en a vu, comment concevra-t-il qu'ils tiennent un fromage à leur bec ? Faisons toujours des images d'après nature.


Maître renard, par l'odeur alléché,

Encore un maître ! mais pour celui-ci c'est à bon titre : il est maître passé dans les tours de son métier. Il faut dire ce que c'est qu'un renard, et distinguer son vrai naturel du caractère de convention qu'il a dans les fables.
Alléché. Ce mot n'est pas usité. Il le faut expliquer ; il faut dire qu'on ne s'en sert plus qu'en vers. L'enfant demandera pourquoi l'on parle autrement en vers qu'en prose. Que lui répondrez-vous ?
Alléché par l'odeur d'un fromage ! Ce fromage, tenu par un corbeau perché sur un arbre, devait avoir beaucoup d'odeur pour être senti par le renard dans un taillis ou dans son terrier ! Est-ce ainsi que vous exercez votre élève à cet esprit de critique judicieuse qui ne s'en laisse imposer qu'à bonnes enseignes, et sait discerner la vérité du mensonge dans les narrations d'autrui ?


Lui tint à peu près ce langage :

Ce langage ! Les renards parlent donc ? ils parlent donc la même langue que les corbeaux ? Sage précepteur, prends garde à toi ; pèse bien ta réponse avant de la faire ; elle importe plus que tu n'as pensé.


Eh ! bonjour, monsieur le corbeau !

Monsieur ! titre que l'enfant voit tourner en dérision, même avant qu'il sache que c'est un titre d'honneur. Ceux qui disent monsieur du Corbeau auront bien d'autres affaires avant que d'avoir expliqué ce du.


Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Cheville, redondance inutile. L'enfant, voyant répéter la même chose en d'autres termes, apprend à parler lâchement. Si vous dites que cette redondance est un art de l'auteur, qu'elle entre dans le dessein du renard qui veut paraître multiplier les éloges avec des paroles, cette excuse sera bonne pour moi, mais non pas pour mon élève.


Sans mentir, si votre ramage

Sans mentir ! on ment donc quelquefois ? Où en sera l'enfant si vous lui apprenez que le renard ne dit sans mentir que parce qu'il ment ?


Répondait à votre plumage,

Répondait ! que signifie ce mot ? Apprenez à l'enfant à comparer des qualités aussi différentes que la voix et le plumage ; vous verrez comme il vous entendra.


Vous seriez le phénix des hôtes de ces bois.

Le phénix ! Qu'est-ce qu'un phénix ? Nous voici tout à coup jetés dans la menteuse antiquité, presque dans la mythologie.
Les hôtes de ces bois ! Quel discours figuré ! Le flatteur ennoblit son langage et lui donne plus de dignité pour le rendre plus séduisant. Un enfant entendra-t-il cette finesse ? sait-il seulement, peut-il savoir ce que c'est qu'un style noble et un style bas ?


A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie,

Il faut avoir éprouvé déjà des passions bien vives pour sentir cette expression proverbiale.


Et, pour montrer sa belle voix,

N'oubliez pas que, pour entendre ce vers et toute la fable, l'enfant doit savoir ce que c'est que la belle voix du corbeau.


Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Ce vers est admirable, l'harmonie seule en fait image. Je vois un grand vilain bec ouvert ; j'entends tomber le fromage à travers les branches : mais ces sortes de beautés sont perdues pour les enfants.


Le renard s'en saisit, et dit : Mon bon monsieur,

Voilà donc la bonté transformée en bêtise. Assurément on ne perd pas de temps pour instruire les enfants.


Apprenez que tout flatteur

Maxime générale ; nous n'y sommes plus.


Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Jamais enfant de dix ans n'entendit ce vers-là.


Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

Ceci s'entend, et la pensée est très bonne. Cependant il y aura encore bien peu d'enfants qui sachent comparer une leçon à un fromage, et qui ne préférassent le fromage à la leçon. Il faut donc leur faire entendre que ce propos n'est qu'une raillerie. Que de finesse pour des enfants !


Le corbeau, honteux et confus,

Autre pléonasme ; mais celui-ci est inexcusable.


Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jura ! Quel est le sot de maître qui ose expliquer à l'enfant ce que c'est qu'un serment ?

Voilà bien des détails, bien moins cependant qu'il n'en faudrait pour analyser toutes les idées de cette fable, et les réduire aux idées simples et élémentaires dont chacune d'elles est composée. Mais qui est-ce croit avoir besoin de cette analyse pour se faire entendre à la jeunesse ? Nul de nous n'est assez philosophe pour savoir se mettre à la place d'un enfant. Passons maintenant à la morale.

Je demande si c'est à des enfants de dix ans qu'il faut apprendre qu'il y a des hommes qui flattent et mentent pour leur profit ? On pourrait tout au plus leur apprendre qu'il y a des railleurs qui persiflent les petits garçons, et se moquent en secret de leur sotte vanité ; mais le fromage gâte tout ; on leur apprend moins à ne pas le laisser tomber de leur bec qu'à le faire tomber du bec d'un autre. C'est ici mon second paradoxe, et ce n'est pas le moins important.

Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez que, quand ils sont en état d'en faire l'application, ils en font presque toujours une contraire à l'intention de l'auteur, et qu'au lieu de s'observer sur le défaut dont on les veut guérir ou préserver, ils penchent à aimer le vice avec lequel on tire parti des défauts des autres. Dans la fable précédente, les enfants se moquent du corbeau, mais ils s'affectionnent tous au renard ; dans la fable qui suit, vous croyez leur donner la cigale pour exemple ; et point du tout, c'est la fourmi qu'ils choisiront. On n'aime point à s'humilier : ils prendront toujours le beau rôle ; c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix très naturel. Or, quelle horrible leçon pour l'enfance ! Le plus odieux de tous les montres serait un enfant avare et dur, qui saurait ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend à railler dans ses refus.

Dans toutes les fables où le lion est un des personnages, comme c'est d'ordinaire le plus brillant, l'enfant ne manque point de se faire lion ; et quand il préside à quelque partage, bien instruit par son modèle, il a grand soin de s'emparer de tout. Mais, quand le moucheron terrasse le lion, c'est une autre affaire ; alors l'enfant n'est plus lion, il est moucheron. Il apprend à tuer un jour à coups d'aiguillon ceux qu'il n'oserait attaquer de pied ferme.

Dans la fable du loup maigre et du chien gras, au lieu d'une leçon de modération qu'on prétend lui donner, il en prend une de licence. Je n'oublierai jamais d'avoir vu beaucoup pleurer une petite fille qu'on avait désolée avec cette fable, tout en lui prêchant toujours la docilité. On eut peine à savoir la cause de ses pleurs ; on la sut enfin. La pauvre enfant s'ennuyait d'être à la chaîne, elle se sentait le cou pelé ; elle pleurait de n'être pas loup.

Ainsi donc la morale de la première fable citée est pour l'enfant une leçon de la plus basse flatterie ; celle de la seconde, une leçon d'inhumanité ; celle de la troisième, une leçon d'injustice ; celle de la quatrième, une leçon de satire ; celle de la cinquième, une leçon d'indépendance. Cette dernière leçon, pour être superflue à mon élève, n'en est pas plus convenable aux vôtres. Quand vous leur donnez des préceptes qui se contredisent, quel fruit espérez-vous de vos soins ? Mais peut-être, à cela près, toute cette morale qui me sert d'objection contre les fables fournit-elle autant de raisons de les conserver. Il faut une morale en paroles et une en actions dans la société, et ces deux morales ne se ressemblent point. La première est dans le catéchisme, où on la laisse ; l'autre est dans les fables de la Fontaine pour les enfants, et dans ses contes pour les mères. Le même auteur suffit à tout.

Composons, monsieur de la Fontaine. Je promets, quant à moi, de vous lire avec choix, de vous aimer, de m'instruire dans vos fables ; car j'espère ne pas me tromper sur leur objet ; mais, pour mon élève, permettez que je ne lui en laisse pas étudier une seule jusqu'à ce que vous m'ayez prouvé qu'il est bon pour lui d'apprendre des choses dont il ne comprendra pas le quart ; que, dans celles qu'il pourra comprendre, il ne prendra jamais le change, et qu'au lieu de se corriger sur la dupe, il ne se formera pas sur le fripon."

Jean-Jacques Rousseau, L'Émile, livre second

questiosn d'entretien sur l'objet d'étude: Convaincre et persuader.

Publié le 27/05/2009 à 03:30 par lireenpremiere
Argumentation :

Quelle est l’argumentation la plus efficace, la directe ou l’indirecte ?

Pourquoi dit-on que les textes argumentatifs sont polyphoniques ?

Qu’appelle-t-on la stratégie argumentative d’un locuteur ?

Pourquoi selon vous cet objet d’étude figure-t-il au programme de première ?

L’argumentation est-elle un art ?

Le Siècle des Lumières est-il le seul siècle où l’on a beaucoup argumenté ?

En quoi théâtre et argumentation sont-ils souvent liés ?

Les Essais de Montaigne sont-ils des essais au sens contemporain du terme ?

Quelle différence faites-vous entre persuader et convaincre ?

Pourquoi le dialogue est-il souvent considérer comme la meilleure façon d’argumenter ?

Qu’appelle-t-on la maieutique ?

Rousseau est-il un philosophe des Lumières ?

L’héritage des Lumières est-il encore positif aujourd’hui ?

En quoi Voltaire serait-il le meilleur représentant de l’esprit des Lumières ?

Qu’est-ce que l’ironie voltairienne, qu’est-ce que l’ironie tragique ?

Quels sont les registres le plus souvent utilisés dans l’argumentation ?

Pourquoi a-t-on pu dire que la fable se situait à la confluence de plusieurs genres littéraires ?

Pourquoi Rousseau ne voulait-il pas que l’on fasse étudier les fables aux enfant ?

Qu’est-ce que l’utopie ? en quoi appartient-elle au type de texte argumentatif ?

Le cinéma, la bande dessinée proposent-t-ils aussi des apologues ?

Quel est selon vous l’idéal des Lumières ?

citations sur les mérites argumentatifs de l'apologue.

Publié le 27/05/2009 à 03:25 par lireenpremiere
"Plaire et instruire"

Citations sur le thème de plaire et instruire.
« La littérature ne permet pas de marcher mais elle permet de respirer. » (Roland BARTHES, Qu’est-ce que la critique ?).

« De tous les instruments de l’homme, le plus étonnant est sans aucun doute le livre. » (Jorge Luis BORGES).

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler / Ne mérite ni égards ni patience. » (René CHAR).

« Par les lettres, les hommes se dépassent autant eux-mêmes que l’humanité est supérieure à l’animalité » (CICERON).

« Un beau livre, c’est celui qui sème à foison les points d’interrogation. » (Jean COCTEAU).

« J’appelle un livre ’manqué’ celui qui laisse intact le lecteur » (André GIDE).

« Élever l’homme au-dessus de lui-même, le délivrer de sa pesanteur, l’aider à se surpasser, en l’exaltant, le rassurant, l’avertissant, le modérant, n’est-ce pas là le but secret de la Littérature ? » (André GIDE, Feuillet d’automne).

« Lire, c’est sous bien des rapports [...] dialoguer avec soi-même. » (Hella HAASE, Une liaison dangereuse).

« On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l’instruction ; et s’il arrive que l’on plaise, il ne faut pas néanmoins s’en repentir, si cela sert à insinuer et à faire recevoir les vérités qui doivent instruire » (LA BRUYERE, préface des Caractères).

« ... comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de le leur reprocher... » (LA BRUYERE, préface des Caractères).

« L’on n’écrit que pour être entendu ; mais il faut du moins en écrivant faire entendre de belles choses » (LA BRUYERE, Des ouvrages de l’esprit).

« Quand une lecture vous élève l’esprit, et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger l’ouvrage ; il est bon et fait de main d’ouvrier. » (LA BRUYERE, Caractères, I, 31).

« Je ne doute point, Monseigneur, que vous en regardiez favorablement des inventions si utiles et tout ensemble si agréables » (LA FONTAINE, introduction au livre I des Fables).

« Les Fables ne sont pas ce qu’elles semblent être. / Le plus simple animal nous y tient lieu de Maître. / Une Morale nue apporte de l’ennui ; / Le conte fait passer le précepte avec lui. / En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, / Et conter pour conter me semble peu d’affaire. » (LA FONTAINE, Fables, VI, 1-2, « Le pâtre et le lion / Le lion et le chasseur »).

« Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilité servent d’enveloppe à des vérités importantes » (LA FONTAINE, préface des Fables).

« Lorsqu’il referme son livre, le lecteur idéal sent que, s’il ne l’avait pas lu, le monde serait plus pauvre » (Alberto MANGUEL).

« Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j’ai cru que [...] je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle », (MOLIERE, Premier placet présenté au roi sur la comédie du Tartuffe - à propos de ce « Castigat ridendo mores » hérité des latins, voir ci-dessous).

« Instruire, c’est former le jugement » ; « Je m’avance vers celui qui me contredit, car il m’instruit » ; « Instruire ce n’est pas emplir un vase, mais allumer un feu. » (MONTAIGNE).

« Une âme bien née et exercée à la pratique des hommes se rend pleinement agréable d’elle-même. L’art n’est autre chose que le contrôle et le registre des productions de telles âmes. » (MONTAIGNE, Essais, III, 4).

« L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté. » (MONTESQUIEU, Cahiers).

« La raison d’être de la littérature française, c’est surtout de troubler l’ordre public. Faute de quoi, ni Molière, ni Jean-Jacques, ni Beaumarchais, ni Chateaubriand, ni Hugo, etc. n’auraient existé. » (Paul MORAND).

« Aimer la littérature, c’est refuser de prendre la vie comme elle est, les choses comme elles sont, les événements comme ils viennent et les calamités comme elles sont. Aimer la littérature, ce n’est pas vouloir seulement comprendre les hommes, mais aussi les transformer et se transformer. » (Claude ROY, Le Commerce des classiques).

« Nous avons tâché de joindre l’agréable à l’utile, n’ayant d’autre mérite et d’autre part à cet ouvrage que le choix. Les personnes de tout état trouveront de quoi s’instruire en s’amusant. » (VOLTAIRE, préface du Dictionnaire philosophique).

« Je ne veux pas qu’on me plaise, je veux qu’on m’instruise » (VOLTAIRE, Micromégas).

le slam et la littérature!

Publié le 25/05/2009 à 03:57 par lireenpremiere
Suivez le lien sur le site Tiers Livre de François BOn- l'organisateur de l'atelier d'écriture à la BNF , romancier, développeur de la littérature en ligne- pour savoir ce qui se fait en matière de slam et de diction poétique, visionner les videos pour voir ce que font de jeunes artistes avec beaucoup d'humour et un phrasé très travaillé.

http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1789
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