Liste des textes étudiés en classe et pistes pour l’entretien
à partir du descriptif des activités menées
en classe de première ES et S au LFAY en 2009/2010.
Objet d’étude 1 : Le Roman et ses personnages.
Séquence 1
Portraits et descriptions subjectives. La présentation du personnage.
Problématique :
Que révèle l’évolution de la description du personnage sur la vision de l’homme ?
Groupement de textes :
- Le portrait de Melle de Chartres, La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette.
- La présentation du maître, Jacques Le Fataliste et son Maître de Diderot.
- Portrait de Vautrin, Le Père Goriot, de Balzac.
- Extrait de L’Amant de Marguerite Duras,
description subjective du Mékong.
(Manuel Delagrave p.42)
Pistes pour l’entretien :
Les fonctions de la description dans un roman : en quoi aident-elles à la représentation d’un personnage ?
Quel sens donner à la raréfaction des portraits dans l’évolution du roman ?
Qu’est-ce qu’une description subjective ?
Pourquoi le choix du point de vue est-il important ?
Séquence 2
Oeuvre intégrale : La Curée de Zola.
Le naturalisme en gestation dans le deuxième roman de la série des Rougon-Macquart.
La vision du monde et de l’homme à travers la Curée.
Groupement de textes :
- Extrait du chapitre 1 ( la rêverie de Renée) depuis « La nuque appuyée (...) dans le coeur lassé d’une femme. »
- La vision de Saccard, chapitre 2 depuis « Oh !, vois, dit Saccard avec un rire d’enfant (...) l’amas sans borne des doigts sombres. »
- La consommation de l’inceste au café Riche, chapitre 4 depuis « Il voulut se récrier, mais elle lui imposa silence (...) On fermait les boutiques. »
- Phèdre au Théâtre- Italien, extrait du chapitre 5 depuis « Un soir, ils allèrent ensemble au Théâtre-Italien. (...) le murmure complaisant d’Oenone. »
Pistes pour l’entretien :
Quel est le projet romanesque de Zola ?
La Curée est-il un roman naturaliste ?
Comment comprendre le titre ?
Pourquoi a-t-on pu dire que La Curée est un pamphlet ?
Qui est le personnage principal de La Curée ?
Quel est l’intérêt de la lecture d’un tel roman pour nous aujourd’hui ?
Pourquoi a-t-on dit que Paris est un véritable personnage du roman ?
« L’alliance de l’or et de la chair », cette formule vous paraît-elle rendre compte des thèmes du roman ?
Autres activités :
Participation au Segalen des lycéens d’Asie.
Peut-on parler de vision du monde et de l’homme pour le corpus de romans proposés dans la sélection du Prix Segalen ?
Objet d’étude 2 : Le théâtre : texte et représentation.
Séquence 3
Œuvre intégrale : Bérénice de Racine.
Problématique : Bérénice, une pièce à lire plus qu’à représenter ?
Groupement de textes :
- Acte I, scène 5, tirade de Bérénice.
- Acte IV, scène 4, monologue délibératif de Titus.
- Acte IV, scène 5. « Hé bien ! Régnez, cruel (...) Titus - Hélas ! Vous pouvez tout, madame. Demeurez »
- Dernière tirade de Bérénice, scène dernière.
Séquence 4
Groupement de textes : Morceaux de bravoure du répertoire : comment les représenter ?
- Tartuffe de Molière, Acte1, scène 1. Une scène d’exposition originale.
(Manuel Delagrave, p.218 à 219)
- Phèdre de Racine : Récit de Théramène. (Manuel Delagrave, p.246 à 247)
- Bérénice, Acte IV scène 4, monologue délibératif de Titus.
Autres activités et pistes pour l’entretien :
Projection et commentaire de la captation : Phèdre, mise en scène par Patrice Chéreau.
Comparaison de notes de mises en scènes récentes de Bérénice : 2001, Lambert Wilson et Fisbach / Montet. (Servir le texte ou s’en servir)
Réflexions : « Bérénice, ce n’est pas une pièce à représenter mais à lire ».
Comparaison de photos de mise en scènes du Tartuffe de Molière dans le manuel de Première Bertrand Lacoste. Projection de la captation du Tartuffe de Molière mis en scène au TNS par Stéphane Braunschweig.
Réflexion sur le rôle du metteur en scène et sur l’évolution de son statut depuis le début du XXème siècle.
Objets d’étude 3 et 4 :
Délibérer, convaincre et persuader : L’essai et l’apologue.
Un mouvement littéraire européen : Les Lumières.
Séquence 5
Le mythe du bon sauvage : Regard sur l’Autre de l’Humanisme aux Lumières.
Groupement de textes :
- Essais de Montaigne, extrait du chapitre «Des Cannibales» (Orthographe modernisée) :
«Trois d’entre eux vinrent à Rouen (...) ils ne portent pas de haut de chausses.»
- Fables de La Fontaine, « Le Paysan du Danube » : la harangue du paysan.
- Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Rousseau, extrait à partir de «En dépouillant cet être (…) décrépitude de l’espèce ».
- Supplément au voyage de Bougainville de Diderot, extrait à partir de « Pleurez (...) vertus chimériques ».
Autres activités et pistes pour l’entretien.
Montaigne et « les sauvages » : confrontation de trois textes de Montaigne, extraits de
«Des Cannibales » et de « Des Coches ».
Lecture cursive d’un conte de Voltaire : L’Ingénu.
Quel est le statut du récit ? Conte philosophique, roman d’éducation, parodie de roman sensible ?
La satire : Qui est visé ? Par quels procédés ?
L’ingénu est-il « un bon sauvage » ?
Dans quelle mesure L’Ingénu est-il un texte représentatif du mouvement des Lumières ?
Dossier personnel de l’élève sur le mouvement des Lumières
Séquence 6
Préfaces et autres textes méta-critiques :
Quand l’auteur expose son projet, défend son art contre ses détracteurs.
Groupement de textes :
- Préface de Bérénice de Racine.
- Extrait du Roman Expérimental de Zola, p.338, Manuel Delagrave.
- Extrait du Manifeste du Surréalisme de Breton p.36, Manuel Delagrave
(contre la description).
- Extrait du Peintre de La Vie Moderne de Charles Baudelaire : la définition baudelairienne de la modernité
Objet d’étude 5 : La poésie.
Séquence 7
Oeuvre intégrale : Alcools de Guillaume Apollinaire.
Entre tradition et modernité : le lyrisme d’Apollinaire.
La modernité dans Alcools.
Lectures analytiques :
- « Nuit Rhénane »
- « Zone » (24 premiers vers)
- « Le Pont Mirabeau »
- « Mai »
Pistes pour l’entretien :
La structure du recueil, les thèmes récurrents, réflexion sur le titre, le lyrisme amoureux, le thème de l’automne, l’image de la femme, la modernité, l’esthétique de la surprise, le rapport d’Apollinaire avec les peintres.
séquence 8
La ville en poésie à la fin du XIXème siècle et au début du XXème.
La modernité, est-ce écrire la ville ?
Groupement de textes :
- « A une passante » de Baudelaire dans Les Fleurs du mal.
- « La foule » de Baudelaire dans Petits Poèmes en Prose.
- « Ville » de Rimbaud dans Les Illuminations.
- « Zone » d’Apollinaire dans Alcools.
Autres activités et pistes pour l’entretien :
Lectures cursives et comparatives : Arts poétiques : évolution des conceptions de la poésie et de l’image du poète, en particulier du XIXème au XXème siècle :
En ouverture : Extrait de Art Poétique de Boileau, 1, v .147-182, « Ce que l’on conçoit bien… ».
Extrait de Les Rayons et les Ombres de Victor Hugo.
Extrait de Emaux et Camées, « L’Art » de Théophile Gautier.
Extrait de Jadis et Naguère, « Art poétique » de Paul Verlaine.
Extrait du Manifeste du Surréalisme d’André Breton, « Faites-vous apporter de quoi écrire…au mot qui suivra », 1924.
Yves Bonnefoy, extrait de Entretien sur la poésie.
Philippe Jacottet, extrait de Une transaction secrète.
Réflexions : N’y a t-il de poésie que versifiée ? Poésie et Prose, Poésie et Peinture, le concept de modernité chez Baudelaire et d’Esprit Nouveau chez Apollinaire.
Lecture cursive : Le Spleen de Paris de Baudelaire.
Participation au projet d’écriture organisé par François Bon à la BNF : Ecrire la ville.
Article du Monde donnant la parole à Edgar Morin qui prône la pensée complexe.
Opposé au cloisonnement des savoirs, le sociologue et philosophe Edgar Morin, qui a élaboré la théorie de la "pensée complexe", défend ici l'idée d'une culture qui relie nos connaissances éparses.
Qu'est-ce que la culture générale et à quoi sert-elle ? C'est ce qui, à partir des écrits, des arts, de la pensée, aide à s'orienter dans la vie et à affronter les problèmes de sa propre vie. La lecture de Montaigne, La Bruyère, Pascal, Diderot ou Rousseau nourrit notre esprit pour nous aider à résoudre nos problèmes de vie.
Autrement dit, c'est vital. Non seulement on ne peut pas s'en passer mais il faut la régénérer parce qu'elle est elle-même victime du mal principal qui frappe les connaissances, c'est-à-dire la compartimentation et la fermeture. Si, comme on l'a toujours fait, on veut réfléchir sur l'être humain, la nature, la réalité et l'univers, on a besoin d'incorporer les acquis qui viennent des sciences. Je crois qu'il faut régénérer la culture générale parce que chacun a besoin, pour savoir ce qu'il est en tant qu'être humain, de se référer à sa situation dans le monde.
Comment la régénérer ? J'ai fait des propositions pour des réformes de l'enseignement radicales. L'enseignement fournit des connaissances séparées, cloisonnées et dispersées, qui deviennent affaire d'experts fonctionnant sur des problèmes particuliers, mais incapables de voir les problèmes fondamentaux et capitaux.
Dans
Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur (Seuil, 2000), je donne des thèmes de réflexion. Par exemple : qu'est-ce que l'être humain ? Cela n'est enseigné nulle part, car tout ce qui concerne l'être humain est dispersé. Pas seulement dans la biologie ou les sciences humaines et la philosophie, mais aussi dans la poésie et la littérature, qui sont des sources de connaissance de l'humain mais sont considérées comme des luxes esthétiques et non pas des sources de connaissances.
Une sorte de méta-savoir ?
Plutôt une façon de faire communiquer les savoirs et de les rendre nourriciers pour l'esprit de chacun. De plus, la culture ne peut pas se réduire aux savoirs transmis par le langage. La musique, par exemple, nous transmet des messages affectifs que nous traduisons très mal en mots. Mais il y a une pensée derrière la musique. Il y a une pensée derrière les oeuvres de Beethoven. Il y a aussi une pensée derrière Rembrandt et Michel-Ange. Quant à la poésie, elle emploie les mots non pas dans un sens de dénotation instrumentale mais dans un sens d'évocation que le langage dénotatif ne peut pas dire. La culture inclut tous les arts.
La pensée complexe, qui est au coeur de votre travail, n'est-elle pas l'illustration de cette culture qui relie les savoirs ? On nous enseigne l'analyse et la séparation. Très bien, mais on ne nous enseigne ni la synthèse ni la liaison. J'ai voulu montrer quelles sont les méthodes qui permettent de relier. Dans
L'Homme et la mort (Seuil, 1951), j'ai fait appel à l'ethnographie, à la préhistoire, aux sciences religieuses, à la poésie, à la littérature... Mon problème était de ne pas juxtaposer ni empiler ces connaissances mais de les relier en leur donnant un sens.
Tout le contraire des disciplines scolaires bien séparées.
Les savoirs fermés et séparés doivent être ouverts et reliés. On devrait instaurer une année propédeutique de culture générale obligatoire pour tous, en fin de lycée ou en première année de fac. Et puis, il faudrait former ou réformer les formateurs. Je l'ai appliqué ces dernières années au Mexique, au Brésil et au Pérou, où j'ai fourni les éléments des "sept savoirs capitaux" à développer. Je leur enseigne ce qu'est la rationalité, la complexité. J'introduis les problèmes de notre civilisation ignorés dans les cours d'économie ou de sociologie. Par exemple, sur la fabrication des médias, le consumérisme des classes moyennes, l'intoxication publicitaire ou automobile. Ça fait partie de la culture générale. Dans
Emile ou de l'Education, quand Jean-Jacques Rousseau demande à l'éducateur ce qu'il veut faire, celui-ci répond : "Je veux lui apprendre à vivre."
D'où l'importance aussi de "La Princesse de Clèves" ? Je fais des critiques politiques au président Sarkozy, mais je ne l'attaquerai pas sur le plan de la culture. Je ne le critique pas de ne pas connaître
La Princesse de Clèves. Je le critique s'il propose de nous en détourner.
N'est-il pas contradictoire de dire que nous sommes dans une société de la connaissance tout en tournant le dos à la culture ? On n'est pas dans une société de la connaissance. On est dans une société des connaissances séparées. Le vrai problème, c'est qu'il faut tout réformer. Mais on ne fait que des réformettes ; le secondaire occulte le principal et l'urgence occulte l'essentiel alors que l'essentiel est devenu urgent.
Si la culture relie les savoirs, ne s'en prend-on pas aux savoirs en jugeant la culture superflue ? On relègue les savoirs dans les mains de spécialistes et on dépossède tous les autres. Par ailleurs, on est complètement ignorant sur les qualités vitales de la culture générale.
Ne croire qu'en des spécialités, c'est ne croire qu'en une vision de l'être humain borné et incapable de se poser des problèmes. C'est du crétinisme. De plus, c'est une illusion car, aujourd'hui, dans certaines entreprises, au lieu de recruter des polytechniciens, on recrute des normaliens. On cherche des gens ayant des aptitudes tous terrains plutôt qu'une aptitude limitée à un seul terrain. Il est démontré que le développement des aptitudes de l'esprit humain à traiter des problèmes généraux leur facilite le traitement des problèmes particuliers.
Propos recueillis par Ma. D.