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lireenpremiere
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Ceci est la page spéciale révisions et approfondissement de Français pour les 1ères du LFAY.
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Date de création :
06.11.2006
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26.06.2009

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Recherche de resumes de romans (Jeanne)

Recherche de resumes de romans (Jeanne)

Publié le 14/06/2009 à 17:47 par lireenpremiere
Bonsoir,
voila des resumes de romans tres celebres pour donner des exemples dans un eventuel entretien sur le roman ou dans une dissertation. Les resumes sont de qualites inegales. J'ai fait une liste de romans "a lire en premiere" que j'ai trouves dans plusieurs manuels de francais et qui figuraient sur la liste que nous avait donne Mme Ottenwelter en debut d'annee, donc voila, pour eclaircir quelques oeuvres, evidemment il faudrait prendre le temps de les lire, apres le bac, quand on aura plus de temps!!
Bonnes revisions a tous,
Bises,
Jeanne.



Cervantes – Don Quichotte - 1605
Cervantès nous raconte les aventures de ce antihéros qui part sauver le monde. Naïf, bercé par les illusions qu'il a lues dans des romans de chevalerie, il réinvente le monde et vit reclus dans ses rêves. Accompagné de Sancho Pança, son fidèle écuyer, il lutte contre des troupeaux de moutons qu'il prend pour une armée ennemie, se bat contre des moulins en les prenant pour des géants. Pris pour fou il est raillé par tous mais il continuera jusqu'au bout sa recherche de la perfection.

Montesquieu – Lettres Persanes - 1721
Ce n'est pas de leur intrigue que les Lettres persanes tirent leur originalité. Celle-ci est fort simple : deux Persans, Usbek et Rica, arrivent à Paris et communiquent leurs impressions à des compatriotes. Ils reçoivent aussi d'eux des nouvelles de leur pays. Les seuls incidents ou retournements de situation sont d'ailleurs le fait d'une sorte de roman enchâssé : Usbek reçoit de son sérail une quarantaine de lettres qui l'avisent d'une révolte des femmes et du suicide de la favorite Roxane.
C'est donc la composition qui donne au roman tout son prix. La forme épistolaire d'abord : l'échange des lettres multiplie les points de vue, relativise les jugements émis par les personnages ou les infirme malignement par la conduite des faits. Leur psychologie reste aussi évolutive, puisque ces lettres s'échelonnent sur une huitaine d'années (1712 à 1720) : le narrateur peut tour à tour transparaître dans chacune d'elles ou brouiller les pistes en laissant aux personnages la totale responsabilité de leurs propos. Il appartiendra d'ailleurs à notre projet de lecture de déterminer la place du philosophe dans cet écheveau et d'établir les leçons morales qui ne manquent pas de se dégager des nombreux apologues.
Les Lettres Persanes constituent aussi un roman du sérail. Le genre, exotique et licencieux, était fort à la mode. Mais Montesquieu ne s'est pas contenté d'en reprendre les motifs pour de simples raisons tactiques. Si les lettres qui arrivent du harem d'Usbek rachètent par leur parfum le contenu parfois aride des autres échanges, elles n'en constituent pas moins une facette irremplaçable de la réflexion philosophique, à propos notamment de la condition féminine mais aussi des contradictions qu'elles révèlent chez Usbek, pris entre son désir de tolérance et ses réflexes phallocratiques à l'égard de ses femmes.
Enfin le roman vaut par son procédé, que Paul Valéry a nettement formulé : « Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d'être surpris de ce qu'ils font, de ce qu'ils pensent, et qu'ils n'ont jamais conçu différent, c'est, au moyen de l'ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d'une civilisation, d'une confiance habituelle dans l'ordre établi.» (Variété II). Ces vertus du «regard étranger» sur nos mœurs, Montesquieu en avait déjà un exemple dans le chapitre Des Cannibales des Essais de Montaigne, mais il exploite jusqu'au bout cette naïveté :
l'étonnement d'Usbek et de Rica déshabille les coutumes de leur allure absolue et fait éclater les différences. Le narrateur n'oublie jamais l'identité des épistoliers (voir L'art de la lettre) afin de jouer mieux de cette fausse ingénuité : l'indignation vertueuse d'Usbek la colore en effet d'une autre manière que la malice de Rica. Il arrive aussi que l'éloge entonné par un des deux Persans résonne pour nous d'une manière très différente : ainsi les vertus qu'Usbek apprécie chez Louis XIV (lettre XXXVII) correspondent à des valeurs orientales où l'Occidental ne percevra qu'absolutisme, arbitraire et goût du paraître.
le "regard persan" favorise ainsi l'ironie à l'égard de coutumes décrites d'un autre point de vue : les périphrases et les italiques aiguisent la satire car elles obligent à redéfinir platement les choses et les désacralisent; le vocabulaire persan appliqué à des valeurs occidentales ridiculise leur ethnocentrisme. A la surprise manifestée par les Persans répond d'ailleurs un autre étonnement : celui des Parisiens, condensé par la formule célèbre de la lettre XXX « Comment peut-on être Persan ? »

Rousseau – Julie ou la Nouvelle Heloise - 1761
Ce roman épistolaire, relate la passion mouvementée entre un jeune précepteur roturier Saint-Preux et son élève, une jeune noble Julie d'Etanges. La différence sociale interdit tout espoir à Saint-Preux et Julie, après la mort de sa mère, accepte d'épouser M. de Wolmar, un homme bon et plus âgé qu'elle à qui son père l'avait promise. Ce mariage provoque une crise profonde entre eux et pousse Saint Preux à faire le tour du monde.
A son retour, désireux de revoir les cousines, il part à Clarens, invité par M. de Wolmar qui - informé du passé - tentera de les guérir en transformant cet amour en amitié. Saint Preux s'émerveille alors du système mis en place à Clarens. Cependant, pendant l'absence de Saint Preux, Julie se jette à l'eau pour sauver son fils cadet et tombe gravement malade. Sa foi, sa sérénité et son courage réussiront à convertir son mari. Elle meurt en confiant à Saint Preux l'éducation de ses enfants ainsi qu'en lui réitérant son amour.
Julie ou La Nouvelle Héloïse est un roman épistolaire, en six parties et cent soixante trois lettres, qui connut un très grand succès aux XVIII° et XIX° siècles. Reprenant la situation d'Héloïse et Abélard, Rousseau y crée des personnages qui sont les reflets de ses idéaux : il dira dans Les Rêveries du Promeneur Solitaire avoir donné vie à des êtres selon [s]on cœur. Cependant n'y voir qu'une grande et belle histoire d'amour serait passer à côté de toute la richesse du livre qui influencera son siècle et même le suivant, en effet par le biais de ses personnages, Rousseau expose déjà les idées, concepts et théories qu'il développera dans ses œuvres futures.

Chateaubriand – Atala - 1802
Probablement conçu d'abord comme un épisode de l'épopée américaine des Natchez, puis remanié pour illustrer dans le Génie " l'harmonie de la religion chrétienne avec les scènes de la nature et les passions du cœur humain ", mais publié séparément dès 1801, Atala est en quelque sorte l'acte de naissance de Chateaubriand romancier : " C'est de la publication d'Atala que date le bruit que j'ai fait dans ce monde... "
Cette " sorte de poème, moitié descriptif, moitié dramatique ", qui amalgame un conte américain et des récits d'explorateurs aux souvenirs du voyageur de 1791, connut un succès égal à ceux de La Nouvelle Héloïse (1761) ou de Paul et Virginie (1788). En flattant le goût du public pour l'exotisme et son penchant naturel pour une histoire d'amour pur et contrarié, Chateaubriand allait au-devant de la réussite. Par-delà ce triomphe auprès des lecteurs de l'Empire, Atala peut être tenu pour le premier récit de toute une poétique romanesque où la passion sera décrite comme sacrifiée et la mort comme fatal corrélat du désir.
En Louisiane, un vieil Indien aveugle, Chactas, raconte sa vie à René, un jeune Français qui souhaite vivre au milieu des Indiens. – Recueilli et élevé par un Espagnol, Lopez, le jeune Chactas est fait prisonnier par les ennemis de sa tribu ; une Indienne de religion chrétienne, Atala, le sauve et s'enfuit avec lui. Un terrible orage les oblige à s'abriter sous un arbre ; là, Atala révèle à son compagnon qu'elle est en réalité la fille de Lopez. Le couple finit par trouver refuge dans la mission du père Aubry. Désireux d'épouser celle qu'il aime, et séduit par l'œuvre accomplie par le missionnaire, Chactas est prêt à se convertir. Mais Atala, qui a été consacrée par sa mère à la Vierge, et qui craint de ne pouvoir rester fidèle à ce vœu, s'empoisonne. Elle a toutefois le temps de révéler son secret à Chactas, qui l'ensevelit, puis se convertit. Bien plus tard, le narrateur retrouve la petite-fille de René : il apprend d'elle que Chactas, René et tous les membres de la tribu des Natchez ont été massacrés par les Français.

Stendhal – Le Rouge et le Noir – 1830
Julien Sorel a dix-neuf ans. C'est un jeune homme d'origine modeste. Il est le fils d'un charpentier brutal. Sa condition le prédestine aux travaux de force. Mais Julien Sorel, ambitieux , rêve de gloire et s'évade dans la littérature . Il puise son imagination dans les Confessions de Rousseau, Les Bulletins de la Grande Armée, et Le mémorial de Sainte Hélène.
Mais sur les conseils du curé de son village, il envisage d'entrer au séminaire.
Grâce à l'abbé Chélan, qui l'a pris en sympathie ,Julien est engagé par Monsieur de Rénal, le maire légitimiste de la ville. Ce dernier, par vanité, recherche un précepteur pour ses enfants..

Timide et indocile dans un premier temps, Julien Sorel ne tarde pas à trouver un certain attrait à cette nouvelle vie. Il tombe sous le charme de Mme de Rênal et devient son amant.
Grâce à la tendresse qu'elle lui manifeste Julien connaît alors un bonheur éphémère.
La maladie de son jeune fils réveille les remords de Mme de Rênal, qui se croit punie par Dieu; tandis qu'à l'inverse cette crise morale décuple l'amour de Julien. Le soir même , une lettre anonyme adressée à M de Rênal dénonce cet adultère. Colère du mari trompé qui oblige Julien à quitter verrières. Ce départ n'altère en rien l'amour profond que lui porte Mme de Rénal, et qui ne se démentira pas.
Julien décide de se rendre au séminaire de Besançon.
Ce dernier se retrouve parmi des séminaristes qui sont pour la plupart frustres et grossiers. Il y passe des moments pénibles jusqu'à ce que l'abbé Pirard lui propose de devenir le secrétaire du Marquis de la Mole. Julien quitte le séminaire, puis rend, au prix d'une dangereuse escalade, une dernière visite de nuit à Mme de Rénal. Il doit abandonner à l'aube cette femme plus passionnée que jamais et s'enfuir sous les coups de fusil vengeurs de M. de Rénal. Il part pour Paris afin de prendre ses fonctions auprès du Marquis de la Mole.
Ayant gagné la confiance du Marquis, Julien est chargé, par ce dernier d'effectuer une mission secrète : aller à Strasbourg pour transmettre le compte rendu d'une réunion de conspiration à laquelle il a assisté en tant que secrétaire . Après avoir rempli sa mission, Julien rencontre le prince Korasoff, dont il s'était fait un ami . Le prince le devine amoureux. Sur ses conseils, il entreprend de séduire la Maréchale, Madame de Fervacques. Rendue jalouse par cette manœuvre, Mathilde de la Mole se rend compte qu'elle est amoureuse de Julien. Elle lui avoue qu'elle est enceinte et prévient son père de son souhait d'épouser son secrétaire. Julien est immédiatement convoqué par le Marquis. Il parviendra à calmer son courroux et Mathilde réussira à convaincre son père de la laisser épouser Julien. Le marquis fait anoblir Julien , qui devient ainsi le Marquis Sorel de Vernaye, et lui permet d'obtenir un brevet de lieutenant.
Julien s'apprête à épouser Mathilde de la Mole, lorsqu'une lettre de madame de Rênal adressée au Marquis de la Mole dénonce l'ambition et l'immoralité de son ancien amant. Julien , ivre de colère, se rend de Paris à Verrières , entre dans l'église et tire, en pleine messe, sur son ancienne maîtresse , sans toutefois la tuer.
Emprisonné, rendu à sa solitude, Julien se rend compte qu'il n'a jamais cessé d'aimer Mme de Rênal. Il médite sur sa destinée et mesure l'étendue de la vanité de ses efforts de réussite sociale. Jugé, il est condamné à mort.

Balzac – Le père Goriot – 1834-1835
Rastignac est un jeune homme de petite noblesse. Il vient à Paris esperant y rencontrer la fortune. Mais il n'a ni l'argent, ni la connaissance de la société parisienne necessaires.
Une de ses cousines lointaines, Madame de Beauséant, une des dernières grandes dames, le prend sous son aile pour l' aider à appréhender ce monde qu'il ne connait pas. Grâce aux femmes, il va apprendre les moeurs de cette société pervertie et en s'adaptant parviendra à en gravir les échelons.
Cependant dans ce monde déluré, un homme, le Père Goriot, est l'emblème même du désintêressement. Il se sacrifie pour ses filles, qui en retour ne lui offrent que le mépris. Rastignac, touché par le devouement de ce père pour ses filles et voyant comment ces dernières le traitent, comprend cependant que malgré lui il devra s'adapter aux coutûmes de ces gens et agir comme eux pour parvenir au sommet.

Alexandre Dumas - Les 3 Mousquetaires - 1844
Ce roman de cape et d'épée, écrit en collaboration avec Auguste Maquet a d'abord été publié en feuilleton dans Le Siècle du 14 mars au 14 juillet 1844. Puis il fut publié chez Baudry la même année. Il constitue le premier volet d'une trilogie qui comprend aussi Vingt ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelone (1850) qui transportera les lecteurs de la régence d'Anne d'Autriche jusqu'aux premières années du règne de Louis XIV.
Pour écrire ce roman, Alexandre Dumas s'est inspiré des mémoires de M. D'Artagnan, œuvre de Courtilez de Sandras (1709)
Ce roman de Dumas est l'un des romans le plus traduits dans le Monde.
Les 67 chapitres de ce roman racontent l'histoire d'un jeune gascon, d'Artagnan, venu chercher fortune à Paris. L'action se situe en 1625, sous le règne de Louis XIII. Le jeune gascon, courageux et rusé, est muni d'une lettre de recommandation de son père pour M. de Tréville, commandant des Mousquetaires. Très vite, d'Artagnan devient l'ami de trois gentilshommes, mousquetaires du roi, Athos (comte de la Fère), Porthos (du Vallon) et Aramis (Chevalier d'Herblay). Une vieille rivalité oppose les mousquetaires du roi aux gardes du Cardinal de Richelieu. Le quatuor se constitue d'ailleurs, à la suite d'un combat victorieux contre les gardes du Cardinal.
Athos, le comte de la Fère, a été ruiné par un tragique mariage avec une aventurière; Porthos, un géant, dont le véritable nom est du Vallon, est un compagnon plutôt débonnaire ; Aramis, chevalier d'Herblay, oscille, lui, constamment entre le mysticisme et amours galantes.
Les quatre amis au service du couple royal vont sauver la reine Anne d'Autriche des perfides manœuvres de Richelieu. Sur une insinuation du cardinal, le roi invite la reine à porter, lors du prochain bal de la cour, les douze ferrets de diamants, qu'il lui a naguère offerts. Or celle-ci a donné la précieuse parure à son amant, le duc de Buckingham.
D'Artagnan va se retrouver aux prises avec la perfide Milady de Winter, redoutable agent du cardinal, qui s'avère être aussi l'ancienne épouse d'Athos. Il va tomber également amoureux de Constance de Bonacieux, fidèle femme de chambre de la reine Anne d'Autriche.
D'Artagnan et ses amis sont chargés de récupérer les bijoux en Angleterre. Ils doivent affronter les agents de Richelieu, menés par le sombre Rochefort, et surtout Milady. Poursuivis par les gardes de Richelieu, au terme d'un parcours semé d'embûches, d'Artagnan et les Trois Mousquetaires réussissent à rapporter les ferrets à la reine. Alors que les mousquetaires brillent à nouveau au siège la Rochelle, Milady, qui a commandité le meurtre de Buckingham et fait empoisonner Constance Bonacieux, femme de chambre de la reine et aimée de d'Artagnan, est arrêtée et exécutée. D'artagnan, réconcilié avec le cardinal de Richelieu est promu lieutenant. Athos se retire à a campagne, Porthos se marie et Aramis devient prêtre

Melville – Moby Dick - 1851
'Pour faire oeuvre grandiose, il faut un sujet grandiose.' C'est sans doute Melville qui parle ici par l'entremise d'Ismaël, le narrateur de 'Moby Dick' (1851). Sur les conseils d'un ami, il décide d'utiliser ses souvenirs de marin baleinier pour son nouveau livre, rédigé dans la foulée de 'Redburn' (1849) et de 'Vareuse-Blanche' (1850) qui mettaient à profit son expérience dans la marine marchande et la marine de guerre. Très vite, ce récit documentaire sur la pêche de la baleine va s'enfler pour se métamorphoser en une épopée tragique et grandiose. Une fois remanié, le texte fait place à un navire-monde américain (le Pequod cosmopolite au nom indien) ; à un personnage métaphysique digne des grandes figures de la tragédie shakespearienne : Achab, le capitaine mutilé, monomaniaque, rejouant le destin d'un roi biblique ; à son affrontement mortel avec un cachalot blanc traqué comme on poursuit un innommable secret, mais qui incarne aussi les immaîtrisables violences de la nature ; à un équipage bigarré, tour à tour foule, choeur et peuple - toute une humanité où le drame le plus poignant côtoie la farce et le pittoresque. Considéré aujourd'hui comme un chef-d' oeuvre, 'Moby Dick' - ici présenté dans une nouvelle traduction - n'a pas connu lors de sa publication le succès des précédentes aventures maritimes de Melville. Les comptes rendus parus dans la presse furent médiocres, voire hostiles. Au point que son auteur en conçut de la rancoeur et de la colère, qu'il insuffla dans le roman suivant : 'Pierre ou les Ambiguïtés' (1852). Ce dernier fit sombrer la baleine dans l'oubli tant il déchaîna de violence et de haine. Il dépeint les relations 'ambiguës' (incestueuses ?) que Pierre, apprenti écrivain, entretient avec Lucy, sa fiancée, et avec Isabel, sa demi-soeur. Tenu dès lors pour un auteur dangereux, irrévérencieux et dépravé, Melville fut notamment accusé d'avoir violé la sainteté des liens familiaux.
Flaubert – Madame Bovary - 1855
Charles Bovary, officier de santé médiocre malgré de laborieuses études, épouse en secondes noces Emma Rouault, la fille d'un gros fermier des environs de Tostes, petit village normand où il a ouvert son cabinet. D'une sensibilité romanesque exacerbée, la jeune femme a cru que le mariage allait lui ouvrir les portes de ce monde de "félicités" que ses lectures d'enfance lui avaient fait miroiter. Mais, très vite, elle ne peut supporter la médiocrité de son mari, de ses relations et de la vie de Tostes faite de routines désespérantes. Une invitation à un bal donné au château de la Vaubyessard lui a d'ailleurs prouvé qu'il peut exister une "autre vie", de passions, de luxe et de "noblesse". Constatant le dépérissement de sa femme, Charles décide donc de "changer d'air" et accepte un nouveau poste dans le gros bourg de Yonville-l'Abbaye.
Malgré un bref dépaysement, Yonville se révèle pourtant à Emma comme un autre Tostes. Le petit monde du village, dominé par les personnalités du pharmacien Homais et du curé Bournisien, respire encore la bêtise et la mesquinerie. La jeune femme croit pourtant trouver un dérivatif à son "ennui" en la personne du jeune clerc de notaire, Léon Dupuis, dont les allures de jeune romantique la séduisent. Mais celui-ci quitte le village pour Paris, puis Rouen sans avoir osé se déclarer. Après une période de profonde dépression où alternent caprices et colères, Emma se prend, lors des comices agricoles de Yonville, d'une passion effrénée pour Rodolphe Boulanger, un hobereau des environs aux allures de dandy. Homme à femmes, celui-ci est vite impressionné par les excès passionnels d'Emma et rompt brutalement avec elle après quelques mois d'une liaison exaltée.
Quand Emma se remettra physiquement de cette seconde rupture, ce sera pour se lancer avec frénésie dans une vie de dépenses et de désordres qui inquiètent Charles...

Hugo – Les Miserables - 1862
À son retour du bagne où il a passé de nombreuses années à la suite du vol d'un pain, Jean Valjean choisi de mettre sa vie au service du bien, grâce à l'aide de Mgr Myriel. Sous le nom de Monsieur Madeleine, il devient maire de Montreuil-sur-Mer. Aimé et respecté de ses concitoyens, il verra pourtant son passé le rattraper sous les traits de l'inspecteur Javert, qui le hait de longue date et entretient l'idée fixe de l'emprisonner à nouveau. Contraint de fuir une fois encore en entraînant avec lui Cosette, une orpheline qu'il a recueillie, Jean Valjean le trouvera sans cesse sur son chemin. Réfugié à Paris, où une révolution gronde, parviendra-t-il à échapper à son persécuteur et à trouver la paix ?
Jean Valjean a été condamné au bagne en 1795, pour le vol d'un pain, jugement qui symbolise l'oppression qu'impose une société injuste à une population écrasée.
Mgr Bienvenu, évêque de Digne, chrétien véritable, sera l'un des premiers à aider Jean Valjean.
Fantine, ouvrière a été séduite par l'étudiant Tholomyés. Elle est obligée de confier son enfant, Cosette, aux Thénardier.
Cosette, la fille de Fantine, sera laissé en nourrice chez les Thénardier qui la maltraiteront .
La famille Thénardier, un couple de cabaretiers sordides qui exploite la "pauvre" Cosette.
Gavroche, gamin de Paris, jeté sur les pavés comme beaucoup d'autres enfants, est seul, sans amour, sans gîte, sans pain, mais joyeux car libre
Marius, étudiant, petit-fils d'un grand bourgeois, Monsieur Gillenormand, et fils d'un colonel disparu à Waterloo, découvre la misère du peuple et se rallie au socialisme. Il tombera amoureux de Cosette
Le policier Javert incarne l'intransigeance républicaine. Pas de rémission pour un ancien forçat, pas de grâce pour Valjean

Dostoïevski – Crime et Chatiment - 1866.
Raskolnikov, principal personnage de ce roman, est un jeune étudiant. C’est un être riche en forces intellectuelles et morales que son ami Razoumikhine définit ainsi : « Sombre, triste, altier et fier ; dans les derniers temps et peut-être même avant, impressionnable et hypocondriaque . Généreux et bon. Il n’aime pas exprimer ses propres sentiments… Terriblement refermé. Tout l’ennuie ; il demeure étendu sans rien faire ; il ne s’intéresse à rien de ce qui intéresse les autres . il a une très haute opinion de lui-même, et, semble-t-il, non sans raison… »
Par manque d'argent Raskolnikov a interrompu ses études. Rêveur solitaire, il rejette la morale collective. Se considérant comme un homme hors du commun, il veut éprouver les limites de sa liberté par la pratique du mal et la transgression arrogante de l’ordre moral. C’est pour cela qu’il considère qu’il est en droit de commettre un délit, et même prendre la vie d'autrui, pour le bien de l’humanité.
Désirant secourir sa sœur qui est sur le point d’épouser un rustre pour aider sa famille, il décide d'assassiner une vieille usurière afin de lui voler son pécule. Raskolnikov est conforté dans sa théorie par un « acte d’évasion » de Napoléon « d’une morale commune « : « Si un jour, Napoléon n’avait pas eu le courage de mitrailler uen foule désarmée, nul n’aurait fait attention à lui, et il serait demeuré un inconnu. »
Mais son forfait ne se déroule pas comme prévu : certes il tue l'usurière, mais il assassine aussi sa sœur. De surcroît, le butin est beaucoup plus maigre que prévu . Cet échec lui fait prendre conscience que la liberté et l'indépendance morale qu’il recherchait sont perdues.
Ses rêves de «surhomme» l’abandonnent et Raskolnikov découvre l’humilité : il n’est qu’un homme. Pris d’un fort sentiment de culpabilité, il se rend à plusieurs reprises chez le juge Porphyre et éveille ainsi ses soupçons. Bien que le juge soit convaincu de la culpabilité de Raskolnikov, Porphyre entend obtenir des aveux complets.
Raskolnikov se rapproche alors « sans s’en apercevoir de ceux-là même qu’auparavant il tentait de dominer de son mépris » . il fait la connaissance de Sonia, une jeune prostituée. Il est ému par son dévouement. elle vend son corps pour faire face à la misère du foyer familial. Raskolnikov confesse son crime à Sonia, qui le pousse à se livrer à la justice. Il est condamné à la déportation en Sibérie.
Comme l’écrit Ettore Lo Gatto, professeur de littérature russe à l’Université de Rome : » Il (Raskolnikov) accepte la condamnation des hommes et se sauve ainsi moralement. Il rejoint la lumière en s’abandonnant au courant de la vie pour se laisser porter à quelque port, renonçant à la lutte, s’agrippant aux valeurs élémentaires de l’homme pour y retrouver la bonté originelle : c’est la tragique salvation russe par la soumission passive ».

Proust – Du cote de chez Swann – 1913
Swann, est un homme du monde parisien et un amateur d'art. Il a rencontré Odette de Crécy, une demi-mondaine, chez les Verdurin, des bourgeois enrichis férus d'art, eux aussi, mais snobs. Très amoureux, Swann rend une deuxième visite à Odette. La suite du roman montrera que Swann " perd son temps " avec cette femme. Le " temps perdu " dont il est en effet question dans le titre de l'œuvre À la recherche du Temps perdu, est à la fois le temps passé qu'on ne peut plus rattraper, mais aussi le temps gaspillé en frivolités dans les salons mondains par ex., le temps que l'on gâche pour des femmes qui n'en valent pas la peine. Il n'est pas raisonnable d'aimer des femmes médiocres, car elles nous ôtent le plus souvent notre énergie, et nous empêchent de nous consacrer à un travail véritable. Ainsi, Swann a-t-il engagé une étude sur Vermeer qu'il ne finira jamais... Mais si l'on perd son temps pour une femme, on réalise aussi un apprentissage...

Kafka – Le proces – 1925
Le Procès est un roman très moderne qui s’inscrit dans la ligne de penser des auteurs du XXe siècle. Les situations sont impossibles, les personnages irréels. Personne ne pourrait croire à la plausibilité de cette histoire, pourtant on la met en relation avec notre vie. À sa mort, Kafka a demandé à Max Brod de brûler ses documents, mais celui-ci ne l’écoute pas, et avec les chapitres achevés du Procès, il réussit à reconstituer le roman.

Sans aucune raison, Joseph K. est arrêté chez sa logeuse. Pendant un certain temps, K. mène sa vie normalement malgré cela, jusqu’à ce qu’il soit convoqué pour un interogatoire. K. suit alors les conseils de son oncle et prend un avocat et entretient une liaison érotique avec l’infirmière de celui-ci. K. abandonne ensuite son avocat et essaye de faire avancer son procès insolite. Il n’est jamais libéré de l’accusation, dont il ne connaît pas le motif d’ailleurs, et un an après, il continue à vivre avec sa honte.
Finalement, la Loi dans le Procès, c’est la vie. On ne la comprend jamais vraiment, mais on doit tenter de la compendre seul. Et si on la repousse, elle revient toujours nous " hanter ".

Gide – Les faux-monnayeurs – 1926
Les Faux-monnayeurs est le titre d'un roman écrit par André Gide, publié en 1925 dans la Nouvelle Revue française (NRF). Alors que Gide a déjà écrit de nombreuses œuvres à cette époque, telles Les Caves du Vatican, il affirmera dans la dédicace à Roger Martin du Gard que c'est son "premier roman" (qualifiant ses publications antérieures de "récits" ou de "soties").
Construit avec minutie, ce roman multiplie les personnages, points de vues narratifs et intrigues secondaires diverses autour d'une histoire centrale. Par la liberté de l'écriture, la multiplicité des angles de vue et les ruptures dans la narration chronologique, Gide se détache de la tradition littéraire du roman linéaire. À travers le personnage d'Edouard, dans lequel il projette sa propre personne, il montre les limites de la prétention du roman à reproduire le monde réel et ouvre ainsi la voie à la recherche plus large d'une écriture créatrice.
Ce roman aujourd'hui est considéré comme l'un des plus importants du XXe siècle, précurseur de mouvements littéraires à venir comme sera le Nouveau Roman.
Par ailleurs, Gide illustre dans cette œuvre les idées sur l'homosexualité et la pédérastie qu'il théorise dans divers essais comme le Corydon.
L'histoire centrale est celle de trois personnages, deux jeunes garçons lycéens et un homme de 38 ans, durant les quelques mois d'un été et d'automne.
Bernard, lycéen parisien de 17 ans sur le point de passer son bachot, tombe par hasard sur des lettres appartenant à sa mère et découvre qu'il est le fruit d'un amour interdit entre cette dernière et un amant de passage. Il en conçoit un profond mépris pour l'homme qui l'a pourtant élevé, mais qui n'est pas son père et qu'il pense alors n'avoir jamais aimé. Pourtant, Alberic Profitendieu, le père de Bernard, a malgré lui une préférence pour celui-ci. Après avoir laissé une lettre d'adieu très froide et très dure à son père, il décide de fuir la maison - mais ne sachant où passer sa première nuit, il se réfugie chez un de ses amis et camarade de classe, Olivier. Ce dernier est un garçon timide en manque d'affection, qu'il cherche à combler auprès de ses amis proches ou de son oncle Édouard dont il est amoureux - amour réciproque, mais que ni l'un ni l'autre ne parviennent à exprimer. Cependant, à la suite d'un concours de circonstances, Bernard se retrouve engagé par Edouard, qui exerce le métier d'écrivain, en tant que secrétaire et ils s'en vont tous deux pour un séjour dans les montagnes.
Par dépit et jalousie, Olivier se laisse séduire par le comte de Passavant, écrivain à la mode, riche, dandy et pédéraste mais également cynique et manipulateur, qui convoitait le garçon depuis un moment et profite de ses états d'âme pour se l'accaparer. L'influence du comte sur le garçon est pernicieuse : Olivier devient mauvais, brutal, détestable même aux yeux de ses meilleurs amis. Il finit par s'en rendre compte et sombre dans une dépression noire, sans savoir comment faire machine arrière. Au cours d'une soirée mondaine, il se saoule et se ridiculise devant tout le monde puis sombre dans une torpeur éthylique. Il est rattrapé et soigné par l'oncle Édouard, dans les bras duquel il achèvera la nuit. Au matin, il tente de se suicider, non pas par désespoir dira-t-il, mais au contraire parce qu'il a connu un tel bonheur cette nuit-là qu'il a senti n'avoir plus rien à attendre de la vie. Il finira par rester vivre chez son oncle, grâce à la bienveillance de sa mère qui devine bien les relations liant son frère à son fils, mais ne veut pas les détruire.

Faulkner – Le bruit et la fureur – 1929
Les préfaces sont généralement écrites pour ne pas être lues. Ou alors comme des postfaces lorsqu’on veut approfondir son plaisir. Il serait cependant dommage de faire l’impasse sur celle du Bruit et la Fureur tant les précisions apportées par le traducteur permettent d'aborder le récit plus facilement.
L'histoire en deux mots : celle de Quentin, Benjamin, Jason et Caddy, les quatre enfants de Jason et Caroline Combson entourés de leurs domestiques noirs. Quentin qu'un amour incestueux lie à Caddy se suicidera à Harvard pendant que Caddy répudiée par son mari confiera sa fille (prénommée Quentin en hommage au frère disparu) à ses parents. Benjamin, débile mental, pleure l'absence de sa soeur Caddy. Jason s'occupe mais surtout profite de sa mère (ultra névrosée) et de sa nièce, ulcéré par le déclin de sa famille il se mure dans le ressentiment et la haine. Autour des Combson gravitent les serviteurs noirs dominés par la figure de Dilsey, incarnation de la bonté.
Pour entrer dans les livres de Faulkner il faut en accepter le tempo et sortir de l'habituel rythme binaire de lecture. Le récit de Benjamin qui en constitue la première partie, est une mélopée lente et répétitive qui emporte le lecteur petit à petit. L'écriture s'apprécie dans la longueur et demande de s'y laisser absorber. Voilà un écrivain à qui les extraits ne peuvent pas rendre justice, et dont on n'ira pas reprendre des formules brillantes pour attirer le chaland.
La deuxième partie relate la dernière journée de Quentin avant son suicide. Cette fois Faulkner sur un texte de facture à priori plus classique multiplie les dissonances. Comme la lumière vient se diffracter sur un prisme, le texte vole en éclats. Faulkner fait exploser l'ordonnancement traditionnel. La préface se réfère à l'impressionnisme, c'est pourtant le cubisme qui vient à l'esprit tant les perspectives sont tordues, imbriquées les unes dans les autres, les angles multipliés et les points de vue superposés. D'ailleurs la construction de l'histoire ne respecte pas non plus la chronologie : la première partie se déroule le 7 avril 1928, la seconde en 1910, la troisième le 6 avril 1928 et la quatrième le 8 avril1928.
Des échos du passé resurgissent dans la mémoire de Quentin et viennent oblitérer le présent, au point de lui faire perdre pied avec la réalité. La lecture est une véritable épreuve (à tous les sens du terme), mais le récit ne livre sa beauté qu'au prix de cette épreuve. Au delà de la démarche extrêmement ambitieuse de l'écrivain, c’est l'écriture qui frappe, elle ne lâche pas les personnages, ne s’autorise pas de virtuosité vaine, ni de digression, juste les personnages et leur histoire.
Jason est le narrateur de la troisième partie. Là encore le texte est étouffant, Jason crache sa hargne et justifie sa médiocrité par des chances qui ne lui auraient pas été accordées contrairement à son frère décédé et à sa soeur. C'est le discours haineux et désespéré de celui qui s'exonère à l'avance de toutes ses bassesses. Si dans la partie précédente Faulkner consentait des moments de grâce, des respirations (description du soleil dans les arbres et sur les baigneurs, souvenir du nègre sur son cheval, la compagnie de la petite fille), on reste ici dans la lie de l'humain. Et à cet égard, l'emploi de la première personne implique encore davantage le lecteur.
Dans la dernière partie, l'histoire s'accélère et l'auteur reprend la parole, Quentin s'enfuit en piochant trois mille dollars dans la cassette de son oncle. Jason se lance à sa recherche.
Ce livre est une véritable déflagration. Non seulement à cause des personnages et de leur destin mais aussi de l'écriture, de son rythme, de ce forage dans la détresse humaine. On le lit une première fois, on en ressort commotionné mais on n'en est pas quitte avec lui. On sait qu'il faudra y retourner un jour.

Celine – Voyage au boute de la Nuit – 1932
Bardamu fait l'expérience sordide de la Première Guerre mondiale, sur le front et à l'arrière. Il migre ensuite dans les colonies africaines, devient ouvrier aux Etats-Unis, avant d'ouvrir un cabinet de médecine en France. Ce livre est un formidable réquisitoire contre les idées militaristes, colonialistes et capitalistes de l'époque. La nouveauté réside aussi dans l'écriture, hachée, imitant le parler populaire.

Malraux – L’espoir – 1937
Le roman L’espoir d’André malraux est profondément inscrit dans l’Histoire, puisque la guerre d’Espagne, dans la période allant de juillet 1936 à mars 1937, constitue la toile de fond du roman. Elle oppose les insurgés et leurs appuis (l’armée espagnole, la majeure partie de la garde civile, la Phalange, l’Eglise, aidés par Hitler et Mussolini) aux républicains (une minorité de l’armée, et les mouvements de gauche, aidés par l’Escadrille internationale mise sur pied par malraux, et plus tard par les Brigades internationales). Les deux camps se mènent une lutte acharnée et épuisante. Le passage étudié se situe au chapitre 11 de la sous-partie « Sang de gauche » de la partie Le Manzanarès, vers novembre 1936. Ce dernier désigne une rivière à l’ouest de Madrid et place donc la bataille dans la capitale au cœur du roman : les nationalistes, qui ont proclamé Franco chef de l’armée, chef du gouvernement, et chef de l’état, décident de bombarder la ville. Par ailleurs, « Sang de gauche » est la reprise d’une expression tenue par un anarchiste devant le corps ensanglanté d’un républicain. C’est dans ce contexte de drame, annoncé par les titres de partie et de sous-partie, qu’a lieu la bataille de Sierra Guadarrama. Manuel, ancien ingénieur du son, communiste, promu à plusieurs reprise jusqu’à devenir colonel du côté républicain, mène le combat des blindés, dans un paysage boueux et pluvieux. La confiance, essence du commandement selon Manuel, et qu’il avait placé dans ses troupes, a été trahie. En effet, il voit tous ses officiers tués les uns après les autres d’une balle dans la nuque (Chapitre 5), car des phalangistes se sont infiltrés dans ses troupes et ont démoralisé jusqu’à faire fuir certains soldats. Dans ce chapitre, ce n’est pas le cas des franquistes qui pose problème : ils sont tous abattus...C’est celui des soldats dupés par les phalangistes et qui se sont échappés pour passer à l’ennemi. Manuel n’est impliqué qu’à titre de colonel du régiment et ne peut rien faire pour défendre ces hommes condamnés à mort qui le supplient, à genoux dans la boue, d’intervenir en leur faveur.
Pourquoi l’auteur a t-il choisi, à cet instant, de confronter Manuel et les deux condamnés à certaines des questions essentielles que pose la guerre? Quelles sont ces interrogations et leurs enjeux? Quelles réponses leur sont livrées?

Sartre – La nausee
“La nausée” (1938) : À Bouville, petite ville de France, Antoine Roquentin, intellectuel solitaire, célibataire de trente-cinq ans, vit retiré après avoir vécu une vie de voyages dont, très vite, il s'est lassé. Il travaille à la rédaction d'un mémoire qui traite de la vie d'un aristocrate du XVIIIe siècle, Monsieur de Rollebon. “La nausée” est le journal qu'il a entamé lorsqu'il s'est aperçu, en ramassant un galet au bord de la plage, que les objets ou la perception qu'il en avait avaient changé. À force d'observer une racine, il ne sait plus la nommer. Les objets les plus ordinaires semblent animés d'une vie propre. Lorsqu'il ramasse une feuille de papier, il n'a plus le sentiment de se saisir d'un objet inanimé mais bien d'être touché, comme si celui-ci s'était transformé en animal vivant. Le monde inanimé des choses provoque en lui une impression d'écœurement douceâtre, de nausée. Un après-midi, après s'être examiné longuement dans la glace de sa chambre d'hôtel, il perd le goût de lui-même, ne se reconnaît pas. Comme une nouvelle nausée s'annonce, il se réfugie au café, “Le rendez-vous des cheminots”, dont l’ambiance est le seul rempart qu'il ait réussi à opposer à cette agression, la musique et l'atmosphère bruyante semblant le protéger. Il passe par une série de désillusions et se demande même s'il n'est pas en train de devenir fou. Les mythes rassurants qui justifiaient son existence s'effondrent les uns après les autres dans la dérision. Mais ces désillusions sont autant de démystifications. L'illusion des aventures se dissipe. Simple leurre aussi que les moments parfaits que son ancienne amie, Annie, prétendait créer. À la bibliothèque, son étude sur Monsieur de Rollebon le laisse indifférent ; déçu par les résultats hypothétiques de son travail, il écarte la narration historique et observe plutôt les autres lecteurs et plus particulièrement l'Autodidacte. Ce clerc de notaire, héros grotesque de la culture, a la particularité de vouloir lire systématiquement tous les livres de la bibliothèque municipale en en suivant l'ordre alphabétique. Quant aux gens de bien, qui se figurent avoir trouvé leur place dans la société et l’occupent avec bonne conscience, qui sont engoncés dans leur respectabilité arrogante, qui paradent à la sortie de la messe ou au musée de Bouville, ils sont démasqués par le narrateur qui voit en eux des «salauds». Il rompt tous ses liens avec cette société mesquine, conventionnelle, étouffante, pour mettre à nu l'existence. S'il lui arrive de se laisser aller à quelque lyrisme, ses exaltations passagères se brisent vite : l'horreur de la nature et du monde l'emporte et la nausée le poursuit. Tout en effet est de trop, les hommes comme les choses ; d'obscures menaces pèsent sur la ville, et des proliférations monstrueuses surgissent des campagnes environnantes. Il se sent de plus en plus mal à l'aise devant l'existence des choses puis devant sa propre existence soumise au regard des autres et il la ressent progressivement comme «une mollesse, une faiblesse de l'être». S’il pense à se tuer, il découvre que son suicide lui-même serait dépourvu de sens : il se sentent «en trop» dans un monde «trop plein». Le dimanche, il s'essaie à l'aventure des promenades sur la jetée, mais la vraie mer est «froide, noire et pleine de bêtes». Tous ces instants mis bout à bout lui font pressentir que le sentiment d'aventure serait tout simplement celui de l'irréversibilité du temps. Un déjeuner avec l'Autodidacte, qui ne cesse de l'admirer, provoque une nouvelle nausée. Les propos du clerc sont si naïfs, si empreints d'humanisme et de bonne volonté, et surtout d’un socialisme sorti tout droit de la littérature, que Roquentin ne peut s'empêcher de le contredire, lui faisant sentir que les gens qui les entourent ne savent même pas qu'ils existent. La nausée, ce sont les objets qui existent, c'est le monde qui existe sans que les gens ne distinguent la mince pellicule dont se parent les objets et les êtres. Roquentin perçoit leur réalité, leur existence. Roquentin peut enfin nommer sa nausée : c'est l'expérience de l'absolu, de l'absurde irréductibilité du monde car exister, c'est être là, gratuitement, et lorsqu'on s'en rend compte, on ne peut échapper à la nausée. Anny, une ancienne amie, lui donne rendez-vous à Paris. Se remémorant le temps passé avec elle, ses mises en scène qui dépouillaient leurs rapports de la banalité de la répétition mais qui les compliquaient aussi, il songe aux moments parfaits qu'elle prétendait créer. Il la retrouve, mais elle ne croit plus aux moments parfaits ; elle se survit et nie la similitude de leur découverte. De retour à Bouville, Roquentin apprend que l'Autodidacte a fait scandale et a été renvoyé de la bibliothèque pour pédophilie. Au “Rendez-vous des cheminots”, tout en faisant ses adieux, Roquentin écoute une dernière fois son disque préféré qui a le pouvoir de le transporter ailleurs, là où l'écœurement que distille l'existence des choses se dissipe. Il constate que, s'il est une justification, c'est celle de l'œuvre d'art. La solution est peut-être là : écrire non pas une œuvre historique, l'Histoire ne parlant que de ce qui a existé et jamais un existant ne pouvant justifier l'existence d'un autre existant, une histoire «belle et dure comme de l'acier, et qui fasse honte aux gens de leur existence», une œuvre de fiction.

Gracq – Le rivage des Syrtes – 1951
Ce roman évoque les derniers moments de la principauté d'Orsenna , avant sa destruction par le Farghestan, l'adversaire de toujours.
A la suite d'un chagrin d'amour, Aldo, un jeune aristocrate de la principauté d'Orsenna souhaite quitter cette ville moribonde. Il demande et obtient un poste d'observateur dans une garnison lointaine. Il se retrouve dans la province éloignée et côtière des Syrtes. La mission, à laquelle le destinent son origine aristocratique et son éducation, consiste en la surveillance du rivage des Syrtes. De l'autre côté de la mer se trouve le Farghestan, un pays dont la principauté d'Orsenna est en guerre depuis trois siècles. Du rivage, Aldo aperçoit presque la capitale du Farghestan , le port de Rhages.
Depuis longtemps , les hostilités se sont enlisées dans une sorte de trêve tacite. Aldo personnifie cette attente. « Sa vie de garnison se déroule lentement, dans une atmosphère pesante, entre de longues promenades et d'interminables soirées dans la ville voisine, villégiature à la mode ». Il passe ses journées à rêver ou à monter à cheval. Mais rien n'arrive jamais. Son regard reste braqué sur le rivage adverse. Tout distille l'ennui et la solitude. Pour tenter d'échapper à cet ennui, Aldo consulte les cartes, ce qui semble effrayer les autres officiers. Ils craignent que toute initiative puisse rompre cette trêve incertaine. La princesse Vanessa Aldobrandi , jeune femme qu'il a rencontrée auparavant à Orsenna , l'invite dans sa résidence de Maremma.
Au cours d'une sortie en mer, Aldo s'approche trop près des côtes du Farghestan. Il va franchir la ligne fatidique et provoquer ainsi la rupture du cessez-le-feu tacite et la reprise des hostilités. En cédant à ce désir, Aldo choisit inconsciemment le cataclysme plutôt que la lente asphyxie. Il perce ainsi l'abcès qui immobilise la principauté. « Orsenna accèlère son destin et se saborde pour échapper à son destin ».

Michel Butor, L’emploi du temps - 1956
Dans le roman « L’emploi du temps » de Michel Butor, le narrateur, Jacques Revel, passe un stage d’un an à Bleston, ville anglaise imaginaire. Un dimanche, il décide de faire une promenade à la campagne. Mais il remarque que cette campagne dont il rêve, n’existe pas.
L’extrait présent a trois parties : dans la première, Jacques Revel va jusqu’à un rond- point où il entre dans un café : la conversation avec le patron forme la deuxième partie, la fin raconte le retour.
Cette structure circulaire montre l’impossibilité de sortir de la ville, l’emprisonnement de l’homme, le caractère labyrinthique de la ville. La réaction du narrateur est qu’ il se sent malheureux, triste : « de longs serpents de vase » s’enroulent autour de sa poitrine, ses « mâchoires se » crispent : C’est même plus que la tristesse : Il est désolé et il ressent une profonde déception. Il est impuissant, car la ville ressemble à un labyrinthe dont on n’arrive pas à sortir. Et pourtant, il comprend qu’ après Bleston, il y a d’autres villes.
Ayant visité ces villes imaginées, il sent qu’ il n’a rien atteint, que rien ne s’ est passé. Les rues et les maisons se ressemblent et sont seulement des reproductions. Tout est symétrique et monotone. Il n’y a pas de choses différentes pour s’orienter.
Le ciel est gris et la ville semble comme un lieu sans fin , où on est perdu, on se sent abandonné : le sentiment de la solitude saisit Jacques Revel : Il semble que le temps s’est arrêté. On est au désespoir et on se dit « C’était comme si je n’ avançais pas, c’étais comme je n’étais pas arrivé à ce rond-point ».
Tout est monotone et triste. Voilà pourquoi le narrateur est désorienté : il ne sait pas où il se trouve et à qui et à quoi il peut se fier, parce qu’il n’ y a pas d’endroit particulier, pas d’élément remarquable, pas d’événement impressionnant qui puisse servir de repère.
Après avoir lu trois textes sur la ville: celle qu’on ne peut pas définir (Georges Perec), la ville qui dévore la campagne (Roger Ikor) et la ville qui ressemble à un labyrinthe (Michel Butor) et où on est prisonnier, je me pose une question : Si cette ville est tellement négative , pourquoi est-ce qu’on construit des villes pareilles ?
La ville a des avantages naturellement parce que tous les lieux où on voudrait aller sont accessibles et la vie y est confortable.
Mais un jour on en a plein de dos. Ce sont les conséquences incontrôlées : la pollution, trop de gens sur un espace exigu et un bruit terrible. Pour ceux qui aiment la nature, l’argument le plus important est que la campagne disparaît de plus en plus et que la ville devient de plus en plus grande.
Un jour, il n’y aura plus de campagne et l’homme comprendra ce qu’ il a fait, mais alors ce sera trop tard.






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